I..V TllKultlE i'i,i:niSi:iTAiiti
Napoli'im t'ùl obtenu, par le <■ plébisrile (réhctidii », ce qu'il iilitiiit plus commodément p;ir Ir « plébiscite de ratilication ". Toutefois, nous vous accordons ceci : il est peu probable qu'un président plébiscité, autre que Louis-Napoléon, eût violé, en 1851, la constitution républicaine. Mais, aujourd'hui, si le réf!;inic pléhiscitaire était installé chez nous, ne serait-il [)as possible que quelque ambitieux, sentant l'énornie pouvoir que donne l'élection par le peuple, fût lenlé d'imiter Louis-Napoléon ? Un coup d'Etat lui serait si facile !
Au moment où je vais répondre, quelqu'un nie prévient ; et ce « quelqu'un » est, j'en ai bien peur, l'interprète des secrets désirs d'un très grand nombre de Français :
— « Ne vous pressez pas tant de « pulvériser ■■ l'objection. Pour moi, elle ne me révolte nullement. Ou'est-ce qu'un coup d'Etat ? Une révolution faite par le gouvernement. Et qu'est-ce qu'une révolution ? Un coup d'Etat fait par le peuple, ou, plus exactement, par une très petite fraction du jK'nple. On exalte les révolutions et on flétrit lescoups d'Etal : mais l'un n'est pas plus vénérable ni plus niépi-isable que l'autre. Les mots ne nous en imposent plus. Révolutions ou coups d'Etat, on en a vu une douzaine de 1789 à 1804, et plus d'um/ demi-douzaine depuis le premier Empire jusqu'à nos jours. Et, à chaque coup, la force est devenue le droit. Et les Français le savent bien. Les jacobins eux-mêmes
'.4 TIlKnlilKS l'nMTlOUKS
ne l'ignorent pas : laissons ces farceurs se récrier de pudeur oulragée. Ayons la franchise de le reconnaître : même installée par la force (mais, tout porte à le croire, sans effusion de sang), une dictature conforme aux sentiments de la majorité des citoyens et aux intérêts généraux de la nation, une dictature r[ui mettrait les parlementaires à la porte, qui arrèlerail la décomposition de l'institution militaire, le gaspillage financier et le désordre intérieur, vaudrait, provisoirement, beaucoup mieux que la dictature d'une secte contre le reste du pays ».
Ai-je besoin de vous dire que je réprouve ces propos aventureux ? .le les tiens pour non avenus; et j'enregistre la réponse dos républicains pléiiiscitaires à l'objection que je formulais tout à riieure :
— Vos inquiétudes sontvaines. Nous n'avons pas l'équivalent de Bonaparte, ni même de Louis-Napoléon, qui était le propre neveu de « l'autre », et tout illumini' des feux, encore proches, de la légende. Nous n'avons aucun général qui, devenu président par l'élection populaire, soit assez couvert de lauriers pour aspirer à l'Empire. — Et, si vousdites que les lauriers m; lui seraient pas nécessaires et qu'il lui sulllrait d'avoir l'armée, nous répondrons : — 11 n'est pas besoin (|ue le président de la Itépulilique soit l'élu du peuple pour que nous axons iu'raimlre un coup d'Etat. Le président du conseil ou le ministre de la guerre peut actuellement disposée de la
LA ÏIlKolilK l'I.Klilsr.lTAIItlC -15
l'oriH' arnii'i'. FjC danger d'un coup d'Iîtal existe doiu' aussi liu'ii eu Ui'pulilicjuc parleuientaire qu'eu lîi'qiubliciue pléliiscilaire. — Mais, au surplus, un président élu par le penple aurait une si forte situation, exercerait une autorité si réelle, qu'il n'aurait vraiment aucun intérêt à tenter un coup qui l'exposerait aux plus grands risques sans augmenter notablement son pouvoir en cas de succès/— Enfin, un président rééliijihle « n'aurait même aucuu prétexte à violer la constitution : à quoi bon faire un coup d'Ktat quand on n'a, pour conserver le pouvoir, qu'à méiiterla réélection ? » (A. J. -Jacquet, la Ih'-publiqiw plébiscitaire.)
Là-dessus on repart :
— Soit ; mais, pour « mériter » cette réélection, que ne sera-t-il pas capable de faire, fût-ce contre l'intérêt du pays"? Un président plébiscité aurait absolument besoin de rester populaire. 11 serait nécessairement l'esclave de 1' « opinion publique », qui est souvent imprudente et absurde.
Les plébiscitaires répondent :
— L'opinion, on la crée. Cela est assez facile quand on a le pouvoir. — Rien que par leur honnêteté et leur bonne attitude, Sadi Carnot, et surtout Félix Faure, eurent déjà quelque popularité, bien qu'ils ne fussent, d'après la constitution, que des soliveaux. — Notre président, pourvu qu'il se mon-
4(; TlIKdllIES l'Ml.ITlnL'ES
Irai volontiers à la fouk' ut qu'il lui cordial, st'rait bientôt exlri'niement populaire, par cela seul qu'il remplirait loyalement sa fonction, qu'il restaurerait l'armée, qu'il maintiendrait l'ordre, qu'il imposerait à la Chambre des économies, et ijue l'on pourrait voir en lui un « réparateur ». Même sur certaines questions irritantes soumises au l'arlemenl, s'il lui arrivait de prendre parti dans la mesure et sous la forme qu'autorise sa fonction, il n'aurait contre lui que la rancune crédule de o à 600, OOU socialistes abusés. Mais tout le reste de la France serait avec lui, s'il apparaissait courageux, franc, sincère, bon patriote et, par ses actes, ami des libertés et ami du peuple.
J'ai réfuté de mon mieux les objections qui visent soit l'application du procédé plébiscitaire, soit ses cons(''quences.
Les plébiscitaires ont côulnme d'ajouler à ces réfutai ions :
— Les faux démocrates, qui vivent du jiarlementarisme, alï'ectent de considérer notre doctrine comme purement utopique. Mais l'histoire contemporaine leur donne un démenti. Car ce que nous proposons existe déjà. La plupart des républiques sont plébiscitaires, notamment les Etats-Unis et le Mexique. Notn; Képubli(iue parlementaire est à peu près la seule de son espèce.