‹ Théories et impressionsChapitre 22 sur 49 · UN POEME · texte numérisé non relu

UN POEME

lions intimes. Ce don ûnlale dans son dcrnif^r livre qui esl, pour ainsi parler, d'un visionnaire véridi([ue.

Voici quelques traits de sa « vision » :

Nous sommes en 1!)1. ; la France est gouvernée par le banquier juif Warmeschwein, père du régime, « Protecteur » de la Hépulilique judéo-maçonnique, autrement dit le << Roi-Fumier ».

Le service de sa maison est fait par les « parlementeurs ». Tous les jours, les ministres viennent au rapport. Quand ils ont pris les ordres, ils brossent soigneusement les jamlies du pantalon de ^^'armeschwein : tel est, pour eux. le cérémonial. Mais, pour les simples députés ou sénateurs, le cérémonial est de se jeter à plat ventre et de sortir en rampant...

11 y a, chez le Roi-Fumier, une armoire blindée où sont tous les reçus des parlementeurs, toutes les irréfutables preuves de leurs vols et de leurs infamies. VA dans ses caves il y a les milliards monnayés par où il est le maître des hommes...

Il dirige souverainement le grand Bureau des Souillures où tout le gouvernement eslconcentré. Le grand Bureau des Souillures se subdivise en un assez grand nombre de bureaux particuliers. Par exemple, le Bureau de l'Enseignement où s'élaborent lesprogrammes qui forment lesjeunes l'ranraisàrantieléricalisme, au matérialisme le plus strict, àTinternationalisme — et au fonctionnarisme ; le Bureau de la Corrup-

lion, OU l'iiii viiMil loucher les chèques (la « uioiuiaic silencieuse ») ; le Bureau de l'Ordredu Grand Salaire, ci-devaiil Ordre de la Légion d'honneur ; le Bureau (le la Presse, dont le rôle principal est de développer parallèlement à l'Internationale des riches l'Internationale des pauvres ; le Bureau du Trafic électoral ; le Bureau de la Terreur grise; le Bureau de 1' « Aplatissement graduel devant les étrangers » ; etc., etc.

Un des plus tkunboyants chapitres est celui de la « Fête du Roi- Fumier ». Cela commence par l'enfouissement du drapeau tricolore, sur lequel sont venus d'aijord vomir et craclier tous les personnages ofliciels « . . . ÎNoir-Pelat, gontlé de viandes et de vins, s'avança et vomit dessus. Chaque hoqnel retentissait, tel qu'une délonation pacihque. Marquemal compléta ]asalvp,puisce t'iitle tour de Ploquevenoce, tellement allègre qu'il en bavait parmi ses régurgitations et ses glaires... Quand le drapeau fut bien cou vert, on déi)al]a un long cercueil étroit, où brillait en signes de diamantle blason de Warmescliwein. On enhuiil de(hins le vieux symitole à l'aide de pincettes et on le descendit dans le caveau ténébreux, puissant et terrible qui recèle l'or du Protecteur... » Le grand étendard Juif et maçonnique est arboré ; puis, devant la statue du Boi-Fumier, c'est une longue pluie de discours, solennels et infâmes, — d'ailleurs assez exactement emprunlésà rél(M[uence parlemenlaire et luinisté'i'ielie de c(!S dernières années ..

Mais quel est, enhn, le but du Bdi-FLunier, « père

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du régiino et de la secte »? — C'est d' « exi)i'0prier la nation française, k de la d('i)Ouiller, de l'opprimer, de l'avilir: plaisir de cupidité et plaisir d'orgueil. 11 la choisie [lour proie parce (jnelle était riche et parce qu'il la hait. Et il la hait parce que, comme l'a dit M. Delcassè, elle est encore la grande puissance catholique. Ce qu'elle garde d'énergie, de vertu, de force de résistance, lui vient de sa tradition religieuse. Contre cette tradition, le « Protecteur » et sa bande de sectaires et de coquins ont pour allié provisoire le prolétaire déchristianisé, son impiété crédule, ses appétits, ses espoirs et ses rêves terrestres qu'il est facile de llatter et de tromper longtemps, très longtemps, avant de les satisfaire.

Ainsi raisonne Léon Daudet ; et tout cela se déduit assez congrùment.

Vous entrevoyez le schnmn du livre. Mais il faut le lire. C'est une floraison inépuisable de symbohîs irrités, de métaphores férocement réalisées. Les mots brillent, déchirent, dépècent. Les silhouettes de tous ces miséraldes sont comme gravées au vitriol. Les noms propres vah'nt des signalements : Méderbe, Turlupin, Caque, Tartebran, Morve, Noir-Pelat, Larmeveaud, Caudevenin...

Je ne vous le donne point pour un livre modéré, pour un livre de méliniste ou d'innocent républicain libéral, .le n'affirme pas absolument i[ii'il y ait, au

1 ii IMPRESSIONS

miiiislèri! <]('. I inl(''rienr, un bureau des chèques, ni qu'il existe un tarif oinciei pour acheter les divers grades de la Légion d'honneur, ni que le plan d'« aplatissement graduel devant les étrangers » soit dans les cartons du ministère des afTaires étrangères, ni qu'il y ait un Roi-Fumier et que le président du conseil aille tous les matins lui cirer les bottes. Mais ce qui est sûr, c'est que les choses se passent à peu près comme s'il en était ainsi.

Etant donné un problème (la situation politique de la France et la conduite de ses gouvernants et de ses législateurs), Lr«n Daudet propose une hypothèse, un peu romantique sans doute, mais par où s'expliquent avec aisanc(; des faits qui semblaient mystérieux. Il pourrait donc nous dire : — J'applique ici les bonnes méthodes scientifiques. L'hypothèse est un procédé de recherche employé par les savants les plus recommandables. Je laisse au temps le soin de vérifier la mienne. Notez que, pour l'histoire du passé, on trouve des hypothèses de ce genre chez Michelet et chez d'autres historiens penseurs.

Sérieusement, on peut se demander si la réalité toute nue nestpas aussi extraordinaire que le poème de Léon Daudet. Car, enfin, cette alliance du collectivisme internationaliste et de la finance juive, il ne l'a pas inventée. Il n'a pas inventé la complicité du gouvernement régulier d(! la l-'rance avec la lie de la p(il)uiation, avec 1(!S escarpes et les repris de justice. Il n'a pas inventé lélonnante nuance politique

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