‹ Théories et impressionsChapitre 38 sur 49 · L.V MOliï DE DANÏOX · texte numérisé non relu

L.V MOliï DE DANÏOX

Camille dire à Danton : « Sois tranquille, lu peux continuer à allonger la langue liors de Ion gosier, lu ne parviemlras pas à essuyer de ton front la sueur de mort. »

« Nous n'aurons pas de callosités aux doigts quand nous caresserons les joues delà charmante dame l'utréfaelion. »

De qui est celle-là ? De Hérault de Séclielles.

« Il me semble que je pue déjà... Mou clier corps, je veux me bouclier le nez et m'imaginer que tu es une dame qui sue et pue d'avoir dansé, et te dire des galanteries. Demain, tu seras un violon brisé... Demain, tu seras une bouteille vide... Demain, tu seras une culotte usée... Et cependant, semblables à des larmes scintillantes, les étoiles sont parsemées dans la nuit. Il faut qu'il y ait une grande douleur dans l'œil dont elles ont coulé une à une. ù

Qu'est cela ? C'est Danton, déjà nommé, qui médite dans sa prison.

a Viens, très cher prêtre, dont ïamcn nous envoie au lit... Le soleil est couché ; le visage de la terre est maintenant aussi tranquille et aussi grave que celui d'une mourante. Avec quelle grâce le crépuscule lui caresse le front elles joues! Elle devient toujours de plus en plus pâle ; comme un cadavre, elle se plonge dans les tlots de l'élher. Aucun bras ne la saisira donc par ses boucles dorées pour la retirer du fleuve et l'enterrer ? »

Cela, c'est le suprême monologue de Julie Danton ;

et, si vous voulez le savoir, le « cher prùlre dont Vnnii'n nous envoie au lit », c'est une liolede poison.

« Je m'assieds sur tes genoux, ange paisible de la mort I... 0 cher berceau qui as endormi mon Camille, qui l'as étouffé sous tes roses ! 0 cloche funèbre qui, de ta langue si douce, l'as accompagné au tombeau !... »

Ainsi chante le délire de Lucile Desnioulins, assise sur les marelles de la guillotine.

— Mais, direz-vous, qui dialile lait ainsi shakspeariser et byroniser tour à tour Danton, Robespierre, Camille Desmoulins, Lacroix, Hérault de Séchelles, et Lucile, et Julie, et les griseltes, et les tricoteuses, et les sans-culottes?

C'est un jeune Hessois, Georges Biicliner, né le jour de la bat.iille de Leipzig, le 17 octobre 1813, mort à vingt-trois ans. Fils d'un mi'decin de Darmstadt qui professait pour Napoléon un culte fanatique, et d'une ardente patriote allemande qu'enthousiasmaient les strophes de Théodore Kœrner. il eut un sang tourmenté, orageux, une vie de rêve exalté et d'action violente ; il fut delà « jeune Allemagne », il eu fut avec une soml)re passion ; il conspira, fut forcé de s'exiler de Darmstadt, et mourut professeur de sciences naturelles à l'Université de Zurich. Telle fut sa tumultueuse et brève destinée.

(Jiiand il lit /(/ Mort de /fniilo», il avait vingt ans. Il conspirait la nuit et écrivait le jour. Il Iravaillait à S((n drame dans le laboratoire de son père, sur la

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