‹ Théories et impressionsChapitre 5 sur 49 · TIll'UlilKS Pdl.lTIQUES · texte numérisé non relu

TIll'UlilKS Pdl.lTIQUES

« Louis Mil (>st le tils de celte Italienne de Tuscane el devient l'éponx d'une Espagnole.

<i Fils d'une Espagnole, Louis XIV épouse à son tour une Espagnole.

i< Son fils Louis, appelé communément le Grand Datipliin, né d'une mère espagnole, épouse une Allemande de Bavière.

« Le duc de Bourgogne, lils d'une Allemande de Bavière, épouse une Italienne du Piémont.

i' Louis W, fils d'une Italienne du Piémont, épouse une Polonaise.

« Le dauphin Louis, fils d'une Polonaise, épouse une Allemande de Saxe.

« Louis XVl, fils d'une Allemande de Saxe, épouse une Autrirliieniie.

" Enfin le dernier Ikiurbon français, le comte de Cliamhord, que ses fidèles appellent Henri V, est le fils d'une Italienne de Naiiles el devient l'époux d'une Italienne de Modène.

« Et ce que nous constatons chez les Bourbons, nous le rtîtrouvons chez les d'Orléans et chez les liouaparle. Tous ou presque tous sont tils el époux d'étrangères.

« Ainsi, à chaque génération, c'est un uduvel ajjport de sang étranger. Ce fait est d'autant |ilus grave... que, dans les familles, les garçons tiennenl généralement de la mère plulôt que du père... »

Oli 1 je sais que la réplique des royalistes est toute prête. Ils diraient : « Le sang do nos rois est si fort

\.\ TIIKOUIE ROYAI.ISTK iS

et tic trile (iiialil('' qu'il ilmuiiu' et absorbe riii)port des sangs étrangers... Pui;*, une princesse étrangère qui entre dans la maison de; France prend nécessairement les intérêts de celte maison devenue la sienne, comme une tille de la bourgeoisie ou du peuple, nouvellement mari('e, prend les intérêts de la boutique ou de la terre de son mari, même contre son père... Ce sont ces alliances avec des étrangères qui ont souvent permis aux rois de France de « former la France » en arrondissant leur domaine... Aujourd'liui encore, de quelle utilité ses parentages ne seraient-ils pas à noire prince dans la conduite des alTaires t'xtérieures 1 C'est ce qu'il saura bien faire voir. »

Ft, pour la quatrième fois, je réponds : — i'our nous en convaincre, il faudrait déjà qu'il fut roi ; et il ne Test pas.

Uii je veux en venir ? \ ceci.

La solution néo-royalislo peut bien être, comme le veulent M. Maurraset ses amis, la plus conforme au bon sens, à la nature des choses, à l'exacte connaissance des hommes. Mais pour les causes que j'ai rappelées, celle solution si efTicace, et si recommandée par les plus libres et les plus forts esprits du dernier siècle, est justement celle qui répugne le plus à la majorité des Français.

Elle est la seule qui ne puisse absolument être réalisée que parla force.

Car il n'est pas probable que nous revoyions d'ici longtemps une Assemblée qui soit disposée, comme celle de 1873, à rappeler le descendant des rois de France. — Et, d'autre part, à supposer le régime plébiscitaire établi, le prétendant ne pourrait se soumettre au plébiscite sans renier son propre principe.

Reste donc, comme je le disais, la violence. Cela ne paraît pas très proche et sérail extrêmement hasardeux...

En sorte (jue (pour conclure), si les néo-royalistes, dans l'élaboration do leur harmonieuse théorie, ont été guidés, comme ils le prétendent, par le « sens des réalités », ce même sens des réalités nous prescrit, à nous, d'écarter leur solution.

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