LA THÉORIE PLÉBISCITAIRE
Dl' bons citoyens me reprochent de m'attarder à des discussions qu'ils qualilientsévèrement d' « académiques». Mais, d"al)ord, nous ne pouvons rien, présentement, contre la tyrannie parlementaire. Puis, mes exposés de théories ne seront pas purement académiques, si je puis répandre par eux le sentiment qui les inspire ; et ce sentiment, c'est que le parlementarisme est le mal; c'est qu'il faut à la République un chef responsable, qui assure l'ordre intérieur, les libertés et la défense nationale, et par qui le réj,'ime répulilicain cesse d'être l'anarchie ou la domiuation d'une secte.
J'ai traité de la solution royaliste. J'aborderai l'autre « solution franche » : la théorie de la République intégrale ou plébiscitaire, car ces deux épithètes ont ici le même sens.
J'appelle iîépublique intégrale celle qui tend à pousser jusqu';iu bout son principe, qui est la souveraineté populaire. J appelle République inlé^rale
l'G THKORIES POLITIQUES
celle qui approche le plus de cet idéal fuyant : le gouveriu'iuenl du peuple par le peuple. Et il (^st clair qu'elle n'en peut approcher que par l'emploi, aussi étendu que la réalité le permet, du pl('d)iscile ou « décision du peuple » iplebia scitum).
Tous les « républicains de principe », les purs, les idéologues, les entêtés de logique, vieilles barbes ou jeunes toupets, s'ils raisonnaient avec désintéressement, devraient être plébiscitaires.
Que la Dcclaratuin drs droits de l'homitn' cl du ciloijen soit, ou non, un assemblage de vérités politiques incontestables et intangibles, toujours est-il que nous devons la regarder comme la charte même do la Révolution. Or, la répuiiliquc [débiscitaire est le seul régime qui puisse être déduit logiquement de celle DccInnUion fameuse.
11 s'agit, ai-je dit, de procurer, autant (jue cela est liumainemenl possible, le gouvernement du peuple par lui-môme. La délégation par toiil le peuple des pouvoirs qu'il ne peut exercer directement satisfait seule ;\ cette ju-emière exigence du c/-C(/o révolutionnaire.
11, s'agit aussi, par suite, d'éviter la tyrannie soit d'un homme, soit d'un groupe. La séparation des pouvoirs permet seule d'éviter celte tyrannie ; et la république plébiscitaire, avec président élu par le peuple, assure seule cette séparation.
Le système parlementaire y est impuissant ; il est facile de s'en i-cndre compte.