I.\ TlIKiiHli; l'I.I'.llISCITAlIlK
Il y a trois pouvoirs : lé^islalif, c'Xi''ciitir.JiKlifiairL'.
Le pouvoir li'-gislalif l'ail los lois ; k; pouvoir exùculir veille à leur exéculioa ; le pouvoir judiriaire juge et punit les infraetions à ces lois.
Dans le système qui nous régit, le i'arleiueul possèfle le pouvoir législatif absolu, puisqu'il fait et défait les lois saus consulter le peuple. — Il possède le pouvoir exécutif, puisque le ciief de l'Etat est son élu, responsable devant lui seul, et que les ministres, choisis parce chef de l'Etat, sont, en réalité, acceptés, guidés, contrôlés, renversés par les parlementaires, au gré de leurs ciq^rices et de leurs amhitions. — Il possède U: pouvoir judiciaire — occasionnellement, par la faculté que lui donne la constitution d'ériger le Sénat en Ilaute-Cour — et, couramment, parce que les magistrats dépendent, pour leur avancenieiit, de l'ex('rutif, lequel dcqxMul
du légisjalif.
Cette ('onfusion des pouvoirs et cette tyrannie du l'arlement, on les retrouve ciiez nous dans toutes les constitutions jirétendues républicaines, et jusque dans la constitution (non appliquée) du il juin ITOIJ : coiistitulion jacoiune, mais républicaine, non pas.
Sans doute les constituants de 1793 établissent le suffrage universel et la ralilicatiou (liieii dillicile
dans la ]iratii[iie) de toutes les lois par le peuple. Mais, d'aulrt' part, en formant le « Conseil cxéculirn de vinj^l-quatre membres choish par In Corps Irgis- /(////■ sur une liste de préseutation failc par les assemblées départementales, ils subordonnent entièrement l'exécutif au législatif. Par crainte de la tyrannie d'un seul et de tout ce qui pourrait ressembler à la l'oyauté, ils repoussent l'idée d'un chef de la Uéi)ubli([ue, président ou consul, élu par la nation ; mais ils installent une tyrannie pire : celle ilu l'arlument, c'est-à-dire leur propre tyrannie.
En réalité, ils violent ouvertement deux articles de la Dcrhiralion de 1793 : Art. xxvi : « Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier... » et Art. xxix : <• Chaque citoyen a un droitégalde concourir... à la nomination de ses mandalairC's et de ses agents ». Or, l'exécutif est iiien, j'imagine, un « mandataire » et un « agent » des citoyens. Ces constituants de 1793 manquent donc à leur principe et à leur credo, en dérobant au peuple l'élection de l'exécutif.
Ainsi, ce sont les plébiscitaires, et non les jacobins, ([ui sont dans la vérité révolulionnaire. lit (iambetta y étail en plein lorsqu'il disait (."i avril 1870) :
« Je crois (pie le pléliiscite est une sanction désormais nécessaire dans les sociétés qui reposent sur