I.A TIllJMilK IM.KIllSCIT.MUi
Il' ili'itit (li''inocr;ilii|ii(', pour ddiiniT .111 |Hiu\oir, ijii'il soil issu île la itévolulion ou issu d'une nreeptation, d'une adiiésion solenneih», la sanction i[ne les inonanliies trouvaient dans le droit divin. >.
De son côté, Garibaldi (voilà, je pense, un témoignage ([ue les républicains les plus « avancés » ne désavoueront pas) écrit avec une bonliomic toute populaire :
Il Pourquoi ne pas élire par voie de plébiscite un seul honnête lioinme chargé de gouverner la nation ? N'est-il pas plus facile d'en trouver un que cinq cents ? Essayez de ce système, et vous serez débarrassés de C(! byzantinisme, de cette fouie de bavards qui assourdissent le monde et font de l'Europe une vraie tour th» liabel. »
Donc nous disons :
— Le président de la République sera nommé pour tant d'années par le suflrage universel. 11 est rééligihle. Il est responsable uniquement devant le peuple, dont il lient son pouvoir. II choisit ses ministres, qui n'ont de comptes à rendre qu'à lui. — Le Parlement fait les lois et contrôle les dépenses. — .Si l'on ajoute à cela le recrutement de la magistrature par elle-même (selon le vœu de Faguetj, la séparation des pouvoirs sera réalisée.
Ainsi, d'une part, les départements élisent leurs députés, c'est-à-dire les représentants des intérêts
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IdcaiiK ('{ (les iiiliM'i'ls île p;i-oii]i('s, de lu-ofessions, lie ri«y;ions ; et, d'autre pari, le peuple tout entier élit le chef de TKtat, c'est-à-diro le représentant des intérêts généraux etpermanenls de la nation.
En d'autres termes, le même électeur nomme le défenseur de se intérêts particuliers et le défenseur ilu l)ien de toute la communauté nationale. Il choi sil simultanément les députés, conlroleiirs de rexiViilif, — et l'exécutif, guide et modérateur du l'arlement. Si bien que le second de ces voles assure, en quelque façon, l'électeur contre les mauvais risques du premier.
l'n tel régime paraîtrait conforme à la nature l'I au iion sens. M. .Iules Uoclie, républicain d'esprit net, dit dans un vieil article : « J/aclioii dii-eclrice en ]>olili(|ue, comme en tout ordre de l'aclivilé liumaine, doit s'exercer par un seul homme, jtar >ine seule pensée, par une seule volonté durable, et non jtoint par unepluralitéfalalemcnl divergente, mobile cl inct)hérente. Diriger, gouverner, est le fait d'un seul ; et contrôler, le fait de plusieurs. »
Il est clair que le [irésidenl, tenant directement son pouvoir de la nation, aurait une grande autorité. Il ne serait plus le valet irres|ionsable des parlementaires. Il pourrait parlera l'étranger au nom de la France. — Puis, les ministres étant responsables devant lui seul. lesmend)res du Parlement n'auraient
LA ÏIIKOIUK PLl'.IilSCITAlUK :M
plus pour priiii'ipali' opcupalioii de soulrnir (ui (1(> renverserlcs ministres ol de faire leur ('(itir au pouvoir. Leur si'ul travail, encore assez honorable, je pense, et assez absorbant, serait, comme j'ai dit, la discussion el le vote des lois c^l le contriMe linancier. Enfin, le président (aidé de ses ministres; pourrait vaquer utileuKint aux deux fonctions naturelles de l'Etat, qui sont le maintien de l'ordre à l'intérieur et la défense nationale. Et, comme ces deux fonctions sulfiraient amplement à son activité, à son ambition, à S(Mi orgueil même, pent-éire l'idée lui virndraitelle de restaurer elie/. nous,iMMi à peu, la vraie notion de l'Etat, d(\ le soulaj^er des fonctions qui n(! sont pas de sa compétence et dont il n'a <''!i'' chargé que par l'anlilibéralisme congénital à la plupart des Français... .le ne sais si cela se fera jamais (non plus que la décentralisation administrative) : mais assurément cela ne peut être fait (jue par la volonté et l'ascendant d'un seul individu, mandataire de la nation.
D'ailleurs, rassurez-vous : la puissance du président aurait des contrepoids. — L'emploi du plébiscite ne serait pas limité à l'élection présidentielle. Il y aurait, en outre, le « plébiscite d'arbitrage » en cas de conllit entre le pouvoir législatif el le pouvoir exécutif, — elle « plébiscite de consultation » ou référendum ■ c'est-à-dire que, sur la demande d'un cinquième, par exemple, des électeurs inscrits, le suffrage universel serait consulté pour l'adoption ou
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le rejet d'une loi d'intérêt général. — Et il va sans dire que la commune, le canton, le déparlemeni, pourraient également ui^ev du référendum (on a déjà commencé) sur des questions d'intérêt communal, cantonal, départemental.
Ainsi la souveraineté populaire cesserait d'être un vain mol. Et nous aurions véritalilement la Kéiuiblique, — ou démocratie organisée, — ce qui nous changerait.
Les principales olijections qu'on peut faire à ce système sont de deux sortes. Les unes portent sur les conditions mêmes de l'élection du chef de l'Etat par le peuple ; les autres, sur les conséquences de ce mode d'élection.
Viivons les objections de la première espèce. *
Un nous dit d'aliord :
— Vous avez souvent parlé de l'ignorance et de l'imbécilité du suffrage universel. Vous sembliez faire le procès du système électif lui-même, appliqué au gouvernement d'une grande nation. Vous apportiez des exemples de ses énormes méprises et, notammeiil, l'exemple des dernières élections législatives, qui ont envoyé à la Chambre la stupide et féroce majorité dont nous subissons la tyrannie. Vous citiez les grands contempteurs du gou\erncmcut d'eu bas. .\ugnste Comte, Italzac, \.v Play,