‹ Thérapeutique appliquéeChapitre 103 sur 131 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

malade était atteint d'une affection du cœur qui avait déjà déterminé une anasarque considérable. Il ne pouvait plus quitter le lit, où il était condamné à attendre le moment de sa dissolution prochaine. Dans cet état de choses on vint chez nous réclamer avec instance quelque soulagement pour ce moribond. Sur le rapport du commissionnaire et sur l'exhibition des ordonnances du médecin ordinaire, nous jugeâmes que nous avions affaire à une maladie du cœur absolument incurable. Nous cédâmes pourtant aux instances qu'on nous fit, et nous hasardâmes le melius anccps (jiuim nnllum. Fut donc prescrit le traitement ordinaire , qui ne tarda pas à produire des effets aussi salutaires qu'inespérés, au point que le malade vint nous voir environ six semaines après , se disant parfaitement guéri. Il était tout à fait désenflé, et disait ne plus éprouver d'oppression. Cependant il n'était réellement pas guéri, il ne pouvait pas l'être complètement; mais il était considérablement soulagé. L'affection du cœur fut constatée ; le pouls était extrêmement irrégulier et inégal. Ce malade a vécu encore plusieurs années.

Nous avions déjà vu assez souvent ce traitement produire un soulagement très prompt et très notable sans que nous eussions pu constater un changement appréciable dans le pouls, c'est à dire que celui-ci nous paraissait aussi irrégulier , aussi inégal

et intermittent qu'avant le traitement; et nonobstant la persistance des désordres du pouls les malades étaient considérablement soulagés. Cela nous fait rappeler le fait d'un homme atteint d'une affection du cœur, qu'il attribuait aux frayeurs et aux fatigues excessives qu'il avait éprouvées dans un incendie. 11 était très oppressé et offrait un pouls extrêmement désordonné. Nous n'osions pas espérer grand résultat du traitement sédatif ordinaire. Cependant il fut administré, et quelques semaines après le malade était très bien , n'accusant presque plus d'oppression : cependant son pouls était ou il nous paraissait être dans le même désordre qu'il avait présenté avant le traitement. On continua les mêmes remèdes, et ce soulagement, que le malade appelait guérison, s'est maintenu pendant plusieurs années avec le même caractère du pouls. Cet homme, que depuis nous avons perdu de vue, avait-il le pouls naturellement ainsi déréglé, c'est ce qu'il n'a pu nous dire. Pendant environ sept à huit ans nous avons traité d'une affection du cœur un vieillard dont le pouls n'a jamais cessé d'être dans le plus grand désordre, irrégulier , inégal , intermittent, et pendant tout ce temps le malade prenait la teinture de digitale à haute dose toutes les fois que son oppression devenait considérable, et toujours avec le plus grand soulagement.

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