TROISIÈME PARTIE
Nous avons vu aujourd'hui un jeune homme venant de Paris , où il a subi un traitement pour un anévrysme avec hypertrophie à un degré modéré. Le pouls était à quatre-vingt-quinze , régulier et égal , plein et vif, la pulsation cardiaque idem; mais l'oppression était considérable à la marche et à tout exercice corporel un peu fort. On lui a appliqué deux fois à Paris les sangsues à l'anus', et on lui a administré la teinture de digitale à la dose de huit gouttes par jour; le tout, dit le malade, sans aucun soulagement. Nous lui avons prescrit quinze sangsues à la région du cœur et notre traitement ordinaire. Nous prescrivîmes le même traitement, il y a quelques années, à un jeune Polonais que l'on avait traité également sans succès à Paris par la teinture de digitale à la dose de six gouttes par jour, ce qui commence à sentir un peu l'homœopathie. Notre méthode l'a aussitôt considérablement soulagé. Hier encore nous avons fait réitérer notre traitement ordinaire chez un jeune homme qui, après avoir été longtemps traité en vain par les médecins de la ville qu'il habite, n'a trouvé de soulagement que dans l'emploi presque habituel de la teinture de digitale jointe au nitrate de potasse , c'est à dire le traitement que nous prescrivons journellement. Cependant cette médication, tout efficace qu'elle est, est loin d'être spécifique et infaillible. Dans ce moment même,
298 THÉRAPEUTIQIE APPLIQUÉE.
nous constatons son impuissance chez un jeune homme de quinze ans qui se meurt d'une affection du cœur arrivée au dernier degré. Nous pourrions en citer bien d'autres encore.
Pour terminer cet article nous allons rapporter un fait fort grave , pour lequel on nous a consulté , par écrit, au Commencement de novembre 18/i3. On y verra évidemment la grande efficacité de notre méthode combinée.
« Une femme , âgée de cinquante ans , éprouve « depuis un an des battements de cœur tout à fait « extraordinaires, accompagnés d'oppressions af- « freuses et d'un abattement total. De plus elle a « depuis un an le ventre, les jambes et presque tout « le corps considérablement enflés. La malade a été « traitée par plusieurs médecins, et n'a obtenu de « leurs divers traitements aucun soulagement. Au a contraire, le mal a paru prendre une nouvelle in- « tensité. »
Considérant que l'enflure générale était très probablement le résultat d'une affection organique du cœur, et appréciant convenablement la valeur des renseignements demandés et obtenus de vive voix, nous hasardâmes l'administration de notre traitement ordinaire. Il fut donc prescrit comme en désespoir de cause. Voici ce que l'on nous manda au bout d'une quinzaine de jours : « Les remèdes dont