PREMIÈRE PARTIE. Ul
à dire depuis deux ans, il n'y a plus eu d'accès.
Il y a quelque temps, un médecin d'un autre département vint se plaindre à nous de l'inefficacité de la belladone dans toutes les maladies où nous l'avons employée avec le plus d'avantage. Sur votre parole, dit-il, qui m'inspire confiance, j'administre souvent l'extrait de belladone pris chez nos pharmaciens, et je n'en obtiens aucun résultat ; elle demeure toujours sans effet appréciable. Nous lui répondîmes : Si l'action de votre extraitvous paraît nulle, essayezen du nôtre. Il en emporta avec lui, l'eniploya dans losmfmes maladies qu'il avait déjà traitées inutilement, et ohtint aussitôt les plus heureux résultats. A quoi tient cette différence d'action des extraits de belladone? Nous l'ignorons, m.iis nous la constatons.
Nous le répétons, nous sommes loin sans doute de présenter ces faits incomplets et tronqués comme des preuves de l'action spécifique de la belladone dans l'épilepsic; mais il n'en est pas moins vrai que, réunis à la masse imposante de tous les autres faits que nous avons observés, ils nous autorisent à conclure que la belladone possède une vertu élective, spéciale, très prononcée contre presque toutes les affections convulsives et surtout contre l'épilepsie et l'hystérie; et qu'à ce titre aucun autre agent thérapeutique connu ne peut lui être comparé. Voilàl'expression de nos plus intimes convictions.
Ù8 THÉRAPEUÏIQLE APPLIQUÉE.
Nous aurions pu encore augmenter le nombre de ces citations abrégées ; mais c'eût été, ce nous semble, sans utilité réelle. Quand un chiffre est devenu assez rond et assez respectable, quand il a prouvé tout ce qu'il pouvait prouver comme simple chiffre, il faut renoncer à ce genre de preuves pour s'en tenir aux déductions logiques et aux appréciations générales des faits observés, pour les soumettre à l'action de l'analyse et aux règles de la thérapeutique. Nous nous contenterons de dire ce que nous avons déjà dit ailleurs , savoir que nous avons vu beaucoup de malades chez qui les accès, arrivant tous les mois, toutes les semaines, ou plusieurs fois par semaine, ou même tous les jours, ont été suspendus pendant six mois, un, deux, trois ans, et même davantage; car plusieurs nous ont déclaré n'être pas encore retombés depuis sept, huit, neuf et onze ans.