PREMIÈRE PARTIE
On partagera ce paquet en deux, et de chaque moitié on saupoudrera chacune des plaies des vésicatoires ; la deuxième semaine et les suivantes on emploiera deux paquets, un matin et soir, de la même manière. Enfin, si cette méthode demeure également impuissante, comme cela n'arrive que trop souvent, on s'en tient uniquement au séton.
Voici encore un fait d'amaurose incomplète, où la méthode vésicatoriale a produit un assez beau résultat ; et, soit dit ici en passant, ce ne sont guère que des cas semblables que l'on peut raisonnablement espérer de guérir ou du moins de modifier avantageusement. (1)
Un homme d'environ quarante ans, tempérament sanguin, depuis deux mois environ ne voyait plus pour travailler, n'osait plus sortir de peur de se perdre, et ne pouvait, disait-il, distinguer ses enfants dans sa maison. Il avait été saigné, on lui avait appliqué des sangsues, et on avait entretenu un vésicatoire à la nuque pendant six semaines. Knfin le malade, perdant totalement la vue malgré l'emploi de ces divers moyens, vint nous trouver, conduit par
(1) Nous avons traité doriilÎTcmcnl ileux ainauroscs coniplîtcs par la mctliode vésicatoriale, le séton, la strychnine, l'arnica, le tartre stibié, la valériane et le quinquina, îi l'cxomple île Scarpa, et mallicureuscnient sans aucun avantage appréciable. Nous avions cependant déjà vu de bons effets de l'emploi de l'éinéliquc donné comme vomitif, deux ou trois fois par semaine.
82 THÉRAPEUTiOLE APPLIQUÉE.
son frère. Nous employâmes la méthode vésicatoriale, qui lui a fait recouvrer la vue et la faculté de travailler, mais seulement pendant trois ans. Le retour de cette amaurose a été combattu par le même moyen, et depuis on n'en a plus eu de nouvelles.
OBSERVATION PRATIQCE IMPORTANTE.
Quoi qu'en disent une foule d'auteurs, dans la très grande majorité des amauroses, pour ne pas dire dans toutes, nous n'employons jamais la saignée, ni générale ni même locale. Il faudrait pour cela que l'élément pléthorique ou sanguin fût très évident, et la goutte sereine plus ou moins récente. Presque tous les malades qui sont venus nous consulter, et qui déjà avaient été saignés, ont accusé les émissions sanguines d'avoir été nuisibles ou inutiles. Tout le monde sait que les saignées trop copieuses ou trop souvent répétées affaiblissent souvent la vue, dans les cas, s'entend, où la pléthore n'est pas évidente.
NYCTALOPIE.
C'est la vue nocturne produite par un excès de sensibilité de la rétine ou du nerf optique. Les ma-