COQUELUCHE
La coqueluche, comme on sait, est une toux con-
vulsive, caractérisée par plusieurs mouvements
d'expiration répétés auxquels succède une grande
expiration sonore, rauque, longue, pénible, et qui
^revient par accès plus ou moins rapprochés.
Il ne sera encore question ici que d'un seul remède ; car depuis trente-cinq ans nous n'avons employé d'autre médicament contre la coqueluche que la poudre de la racine de belladone.
Cet agent précieux nous est venu des Allemands comme bien d'autres encore. C'est à Schœfîer, médecin de Ratisbonne, que sont dus les premiers essais delabelladone contre la coqueluche. Hufeland, à l'exemple du médecin de Ratisbonne, y a eu recours aussi avec le plus grand avantage. Mais c'est surtout Wetzler qui a employé cette plante héroïque avec le plus grand succès dans une épidémie de coqueluche qui régna en 1810 à Augsbourg. Trente enfants furent soumis au traitement par la belladone, et ils guérirent tous du huitième au ([uinzièmc jour.
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(Voyez le Dictionnaire des sciences médicales.) C'est dans le courant des années 1817 et 1818 particulièrement que nous avons eu occasion d'employer la belladone sur un nombre immense de sujets, comme le prouve le passage suivant, extrait de la dissertation de M. le docteur Mazier.
(( Deux difficultés à vaincre se présentent au médecin : la première est celle que l'on éprouve à faire prendre les médicaments aux enfants ; ce n'est pas la plus petite, puisque l'on s'expose à faire exaspérer les accidents en voulant vaincre par force la résistance de l'enfant; la seconde est l'opiniâtreté de l'aflection, qui n'abandonne sa faible victime qu'après l'avoir réduite à l'état le plus déplorable. Ce sont ces deux diflicultés que je regarde comme vaincues par les nombreuses expériences de M. Debreyne. il avait remarqué que ce moyen, conseillé par dillérents auteurs, était regardé comme un palliatif très avantageux : il l'a donc employé à la dose prescrite dans ces auteurs, et n'a obtenu que de très faibles résultats; mais, portant plus loin ses recherches, il a trouvé que, en modifiant convenablement la dose et l'administration, il était possible d'en obtenir les résultats les plus avantageux, et en demeura convaincu. Sa conviction acquit un degré de plus encore dans l'épidémie qui sévit avec violence sur les enfants de la ville de Mor-
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tagne et communes environnantes dans le courant des années 1817 et 1818. Là il put à loisir vérifier ce que l'expérience lui avait démontré ailleurs. Dans le commencement de l'épidémie il mourut quelques enfants, et beaucoup furent aux portes de la mort. Une famille formée par la réunion de six enfants en bas âge, dont le plus jeune avait un an à peu près, vint réclamer les soins de M. Debreyne. Un des gar-. çons, âgé de six ans, était pris depuis douze ou quinze jours de la coqueluche, et offrait une face violette très injectée; les yeux couverts d'une ecchymose occupant toute la partie antérieure de la sclérotique et qui ne laissait à découvert que la cornée, ce qui donnait à cet enfant un aspect hideux. Son frère, un peu moins âgé, offrait depuis dix jours les mêmes symptômes, qui allaient encore en augmentant. Chez tous deux les quintes étaient terribles, longues et fréquentes ; les enfants semblaient les craindre. Leur vie était en danger, et paraissait menacée d'une manière toujours plus violente à chaque accès. M. Debreyne administra la poudre de racine de belladone suivant les règles qu'il avait établies, et dès la nuit suivante il y eut un mieux assez sensible chez les deux enfants ; les accès devinrent moins forts et moins fréquents; il devinrent de plus en plus rares les jours suivants : de manière que tout avait disparu en huit jours, excepté la cou-