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DEUXIÈME PARTIE. l

de dévouement ; ce sont là les qualités qui forment le vrai médecin, le médecin chrétien. Pour lui, la charité n'est pas une vaine formule philanthropique, c'est l'amour des hommes réduit en acte et porté au besoin jusqu'à la perfection du Samaritain de l'Evangile. C'est là en effet l'héroïsme du dévouemant, et, comme dit Bossuet, le sublime majestueux de la vertu.

ANGINE LARYNGÉE OU TRACHÉM.K CIIRONIOIE, OU COMMEN- CEMENT DE PIliniSIE LARYNGÉE OU TRACHÉALE, ETC.

Nous n'avons rien de très spécial à opposer à ces graves lésions. Toutes les fois néanmoins que nous constatons une gène , un embarras, une douleur fixe à la région laryngée ou trachéale avec altération quelconque de la voix , toux , dyspnée laryngée ou trachéale , etc. , nous prescrivons le traitement suivant :

1° On fera usage, matin et soir, pendant quelques minutes chaque fois, de douches de vapeur d'eau bouillante, dirigées sur la région du larynx, au moyen d'un tube qui partira d'un vase contenant de l'eau en ébullition. On éloignera suffisamment de la gorge le bout du tube pour ne pas s'exposer à se

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brûler. L'opération terminée, on s'essuie bien, et on recouvre la partie malade de laine ou d'une flanelle chaude.

2» Dans les intervalles des douches de vapeur aqueuse, on fera, plusieurs fois dans la journée, des fumigations pulmonaires au moyen du mélange suivant :

Pr. Alcool 20 gram.

Ether sulfurique 5 gram.

Camphre 5 gram.

Baume du Pérou liquide. ... 10 gram.

Mêlez et dissolvez.

Pour chaque fumigation, on versera quinze ou vingt gouttes dans une infusion chaude de stramonium , de belladone et de camphrée de Montpellier , par parties égales (une pincée à chaque fois). A défaut d'appareil convenable , on peut se servir d'un entonnoir ordinaire, dont on introduit le bec dans une des narines, ou tout simplement on pourra humer ou aspirer la vapeur par la bouche.

3° Si, au bout de quinze jours ou trois semaines, l'emploi de ces deux moyens n'avait point produit un certain amendement, on les remplacerait par des topiques emplastiques permanents appliqués sur

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toute la région du larynx, ou plutôt sur toute la gorge; à cet effet le taffetas gommé serait convenable. On a pour but ici de produire l'effet d'une espèce de bain local, en interceptant la matière de la transpiration insensible.

A" Si, après avoir fait ces applications pendant plusieurs semaines, on n'avait point encore obtenu une légère amélioration, on apposerait à toute la région laryngienne un vésicatoire ou un petit séton que l'on entretiendrait de six mois à un an. Nous pensons qu'une très longue suppuration sera , dans l'espèce, le moyen le plus ellicacc de la thérapeutique. (1)

S'il survenait de la toux, on prendrait de la gelée de lichen et une pilule d'extrait de belladone de trois centigrammes chaque, matin et soir. On commencerait le traitement par une application de quinze à vingt sangsues, toco dolenti, s'il y avait irritation et douleur augmentant à la pression manuelle.

L'ensemble de ces moyens constitue le traitement qui nous a paru le plus efficace, surtout les suppurations locales longtemps entretenues. Nous avons vu des malades, que nous croyions atteints de phtliisie laryngée, guérir de ce mal dangereux, en entre-

(1) Nous employons depuis quelque temps avec beaucoup d'avantage de petits cautères superficiels faits avec le caustique de Vienne : un à chaque côté du larynx.

tenant, pendant des années, une suppuration à la gorge; d'autres encore chez qui la phthisie laryngée avait été suspendue ou enrayée dans sa marche pendant six mois, un an^ deux ans, et qui, après ce temps de rémission, ayant subi une recrudescence soudaine, a résisté à toutes les médications de la thérapeutique.

CATARRHE PULMONAIRE CHRONIQUE GRAVE (BRONCHITE CHRO- NIQUE GRAVE) SIMULANT SOUVENT LA PHTHISIE.

Cette maladie, si commune dans les campagnes, est le résultat d'un refroidissement subit et général au moment où le corps est couvert d'une sueur abondante. Les individus de dix-huit à trente ans y paraissent le plus sujets. Ce catarrhe, que nous avons observé et traité des centaines de fois, se reconnaît aisément aux symptômes suivants : la circonstance delà suppression soudaine de la transpiration, toux plus ou moins forte, sèche ou humide, expectoration muqueuse ou pituiteuse, sonoréité, râle muqueux ou sibilant, pâleur, amaigrissement, et quelquefois, dans les cas plus graves, fréquence du pouls (85 à 100) , chaleur cutanée, faiblesse com-

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mençante et progre?;.sive. Voilà l'alTection catarrhale plus ou moins grave que les gens de la campagne appellent généralement ccluiujfaison , pour faire allusion sans doute à la nature de la cause.

Le traitement que nous opposons ordinairement à ce genre d'affection consiste dans l'emploi de la gelée de lichen préparée selon la formule suivante :

Pr. Lichen d'Islande 120 grani.

On fait macérer dans quantité suffisante d'eau pendant quinze à dix-huit heures. Après cela, on jette l'eau, et on fait bouillir ce qui reste dans un vase de terre avec deux litres d'eau, que l'on fait réduire i\ la moitié ; on passe, on presse bien la décoction, et on y ajoute deux cent cinquante grammes de sucre ou de cassonade ; on remet sur un feu très doux, on enlève la première écume, et on laisse épaissir jusqu'à consistance de sirop.

On prendra cette gelée par cuillerées dans l'espace de six jours, surtout matin et soir, au moment de la toux, et on continuera ainsi plus ou moins longtemps. En même temps on donne ordinairement une pilule de cinq centigrammes d'extrait de belladone matin et soir. Pour toute boisson, le malade ne prend qu'une forte décoction d'orge perlé,

pure ou coupée avec du lait. Les laitages et les fari-

neux forment la base du régime alimentaire, auquel néanmoins on associe ordinairement des œufs, du bouillon gras et des viandes blanches. On s'abstient sévèrement d'acidités, de crudités et de salaisons. On évite avec soin le froid et l'humidité, et surtout le froid des pieds; on porte un gilet de flanelle, et on se livre à un exercice modéré et à des promenades fréquentes par un temps doux, serein et sec, etc.

Si le malade accuse de l'oppression, nous appliquons un vésicatoire sur le devant de la poitrine ou sur un des côtés, et surtout sur la région pectorale qui aurait été le siège de quelque douleur ou quelque sensation, quel qu'en fût le caractère, ou qui offrirait quelque obscurité dans sa résonnance, ou enfin lorsque, en ce point, on rencontrerait , un commencement de râle crépitant, ou une diminution notable du bruit respiratoire qui annoncerait un commencement d'engouement ou d'engorgement pulmonaire hématoïque ou phlegmasique. Dans tous ces cas, nous entretenons le vésicatoire pendant au moins un mois, et quelquefois bien plus longtemps. Dans quelques circonstances plus graves, on établit un cautère dans les mômes régions (fait avec le caustique de Vienne ) ; et dans les cas très graves, avec beaucoup d'oppression, nous en établissons deux, un à chaque côté de la poitrine, au dessous des clavicules, surtout si l'un des poumons ne nous paraît pas

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