PNEUMONIE ET PLEURÉSIE CHRONIQUES
Symptômes principaux : toux sèche beaucoup moins forte et moins quinteuse que la toux purement catarrhale, douleur légère ou même nulle ordinairement, matité, respiration nulle ou presque
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nulle, c'est à dire absence du bruit respiratoire dans le lieu primitivement ou actuellement douloureux , oppression plus ou moins considérable et progressivement croissante , fièvre lente , amaigrissement progressif, pâleur ou couleur jaunâtre-paille, etc. , en un mot beaucoup d'analogie avec le catarrhe chronique grave ; la pneumonie chronique est au reste assez rare. Dans la pleurésie, la douleur a été plus vive, plus aiguë au moins dans le principe ; de plus on rencontre, à la percussion et à l'auscultation, tous les signes qui indiquent un épanchement pleurétique plutôt qu'une induration pulmonaire : comme, par exemple, vaste matité, absence du bruit respiratoire, respiration bronchique et surtout égophonie. Mais l'égophonie n'existe plus si l' épanchement est très considérable, et ne reparaît qu'à proportion qu'il diminue.
Le traitement est celui du catarrhe pulmonaire chronique grave ; plus, de fortes, profondes et longues suppurations établies sur le point affecté ou qu'indique la matité; de larges vésicatoires , ou mieux de larges et profonds cautères ou de larges sétons. Quelquefois même dans les cas très graves et surtout dans les pleurésies chroniques, nous provoquons une suppuration à la fois cellulaire et cutanée au moyen de l'application simultanée d'un vébicatoirc cl d'un btlon. On l-c contente de celui-ci
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seulement dans les cas ordinaires. Nous avous vu ])lusieurs malades en apparence désespérés qui n'ont été guéris que par cette médication éminemment active. Nous avons très rarement recours aux saignées même locales.
PHTIllSIt: PILMONAIUK.
Nous sommes Ibrcé, en quelque sorte, de placer la phthisie pulmonaire, comme la piithisie laryngée, dans la classe des plilegmasies, bien que ces maladies ne se classent pas ordinairement dans la catégorie des inflammations. La phthisie d'ailleurs n'existe presque jamais sans quelque nuance ou ({iieique degré d'inflammation pulmonaire ou bronchique.
Nous pensons qu'il n'est pas de praticien qui ])uisse se méprendre sur la forme extérieure de la phthisie pulmonaire ; il est donc inutile de chercher à la définir.
Depuis que nous avons des élèves à instruire dans la médecine pratique, c'est à dire depuis trente-trois ans, nous n'avons cessé d'essayer, dans ce but et pluo encore dans l'intérêt dt;3 malades, presque
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toutes les médications, tant empiriques que rationnelles, les plus vantées par les autetirs ou les plus renommées dans le monde.
Après l'emploi des moyens généraux les plus rationnels et avoués comme tels par tout le monde, comme particulièrement les saignées générales et locales à la première période, s'il y a irritation ou hémoptysie active; et fort légères, ou seulement locales ou à l'anus, s'il existe quelque irritation sans hémoptysie; après le régime féculent et lacté, les bouillons pectoraux, gélatineux, c'est à dire après toutes les médications générales préliminaires commandées par l'état aigu, nous avons successivement expérimenté le phellandrium aquaticum, la digitale, les balsamiques, le sirop de Tolu, l'eau de goudron, les bourgeons de sapin, l'eau de chaux, les antiscorbutiques, les toniques, le quinquina, la rhubarbe, etc. ; les fumigations aromatiques de benjoin, de succin, de storax-calamite, les fumigations chloriques ou hydrochloriques (1):, l'acide hydrocyanique ou prussique médicinal, les préparations sulfureuses, les eaux de Bonnes, le tartre stibié à dose très minime ; des exutoires, vésicatoires, cautères àla poitrine, au bras, pommade stibiée, etc. , etc.
(1) Nous avons vu quelques phthisiques se trouver un peu mieux en respirant l'air chargé de chlore qui se dégage dans les papeteries.
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De plus, nous avons employé quelquefois les pilules suivantes :
Pr. Tartre stibié 15 centigr.
Opium 30 centigr.
Extrait alcoolique de digitale. . 2 gram.
Extrait de belladone 00 centigr.
Gomme arabique 2 gram.
Pour quatre-vingts pilules.
MODE D'ADMINISTRATION
On prendra une pilule le premier jour, deux le second, trois le troisième, et on augmente ainsi chaque jour d'une pilule jusqu'à six en vingt-quatre heures, deux, matin, midi et soir, et deux heures avant les repas.
Nous donnions ces pilules dans des cas à peu près désespérés, où il y avait beaucoup de toux, grande fréquence dans le pouls et expectoration abondante. Nous n'avons point observé qu'elles aient produit quelque effet avantageux sensible. Si désormais nous les employons de nouveau, ce sera sous la forme et avec les modifications suivantes :
160 THEUAPEUTIQIJE APPLIULÉE.
Pr. Poudre de digitale. ... 12 gram.
Poudre de racine de belladone 3 gram. .
Extrait aqueux thébaïque. . 1 gram. et 1/2.
Sirop de gomme, quantité suffisante pour faire cent vingt pilules.
MODE D'ADMINISTRATION
Comme ci-dessus, c'est à dire une le premier jour, deux le second, jusqu'à six en vingt-quatre heures. Au premier renouvellement des pilules, on mettra dix-huit grammes de digitale, et au second renouvellement vingt-cinq grammes.
Si ces pilules ne produisent aucun elïet, nous emploierons la méthode de Magennis, médecin (en 1799) de l'hôpital de la marine royale de Plymouth. C'est la teinture de digitale à très haute dose, jusqu'à cent cinquante à cent quatre-vingts gouttes par jour et même davantage, c'est à dire jusqu'à dose fortement vertigineuse et nauséeuse (1). (Voir la Revue médicale, année 1835, février, p. 180; art. par M. Bayle.) M. Bayle termine ainsi son ar-
(1) Nous rordonnons dans ce moiuoil nirinc à un phlliisiqiie désespéré.