DEUXIÈME PARTIE
« Dè3 que la tolérance est établie, on augmente la dose, tous les deux ou troig jours, de cinq à dix gouttes, jusqu'à ce que l'on soit arrivé à cent vingt gouttes.
« Régime presque exclusivement animal, une
nourriture abondante, le vin de Bordeaux, etc. » {Bévue méd., février 18à3.)
Voici un traitement appliqué que pous avons g-ssez souvent prescrit, sauf légères modifications, sans pouvoir néanmoins assurer qu'il ait été beaucoup pins .ellicace que bien d'autres. Le voici : on fera usage de la gelée de lichen à large dose ; tous les matins, à jeun, on prendra trois à quatre cuillerées de jus de cresson dans un verre de lait, auquel on peut ajouter une cuillerée à bouche de sirop de Tolu. Outre cela, on prendra un verre de lait dans l'après-midi ou vers le soir, dans lequel on mettra une cuillerée à bouche d'eau de chauX; et même deux cuillerées ou davantage encore, si au bout de quelques jours l'on paraissait bien s'en trouver. S'il se peut, on boira deux verres par jour d'eau de Bonnes pure ou coupée avec du lait sucré.
On rendra légèrement balsamique l'air de l'appartement où l'on se trouve le plus habituellement, de manière cependî^nt à- ne pas provoquer le moindre accès de toux. A cet effet, on projettera sur des charbons rouges une petite pincée d'une poudre
Ifi^ jnfir.APELTIOlR APPT.IQrÉE.
composée de benjoin, de succin et de storax-calamite, de chaque huit grammes ; ou l'on fera des aspersions fréquentes d'eau chlorurée dans la chambre du malade, ou bien l'on y conservera de l'eau chlorurée dans une assiette que l'on remuera de temps en temps, en y ajoutant un peu de fort vinaigre, ou mieux d'acide sulfurique. On pourra mettre dans un litre d'eau de fontaine trente grammes de chlorure de chaux.
Le régime alimentaire sera composé de laitages et de farineux. On peut y ajouter du chocolat léger, et mieux peut-être encore le chocolat de lichen. On insistera sur l'usage des différents laits, comme celui (le vache, de chèvre, d'ânesse, enfin celui dont on se trouvera le mieux. Nous croyons que le meilleur de tous serait le lait d'une vache que l'on nourrirait d'herbages gras et succulents, et surtout de luzerne, de sainfoin, de chicorée sauvage, de chardons tendres, etc. , mêlés avec quelques plantes crucifères, comme choux, navets, etc., auxquelles on pourrait ajouter quelque herbe de la famille des labiées, comme le serpolet, ou quelque ombellifère, comme la carotte (l'herbe et la racine) , pour rendre le lait balsamique et imiter celui des vaches de la Suisse (1). On associe ordinairement au régime
(1J Ce lait, ?:ras, anliscorbutique, basalmique et aromatique, bien
nr.t XI i'AîF. PAn.TiF. inr»
féculent et lacté des aliments gras, comme bouillons gras, viandes blanches rôties, etc. Le régime animal, s'il est bien supporté, est peut-être encore plus convenable et véritablement plus utile aux malades que le régime empâtant des laitages et des farineux. — On pourra donner pour tisanes des décoctions d'orge, de riz, de gruau, elc. , ou même de l'eau rougie aux repas.
Autant que possible on respirera l'air de la campagne; on y fera le plus que l'on pourra, si le temps est doux et sec, un exercice régulier selon les circonstances, la commodité ou l'opportunité, et toujours après avoir pris le lait soit pur, soit mêlé comme ci-dessus. On se promènera à pied ou sur un âne, à cheval ou en voiture découverte, sur les lisières ou le long des bois ou des eaux courantes, des rivières et sur le bord de la mer, si la localité le permet, ou plutôt sur la mer même, s'il fait pour cela un temps assez chaud, etc. , etc.
Aujourd'hui, 1850, pour tout moyen pharmaceutique contre la phthisie pulmonaire, nous nous sommes réduit à l'emploi presque exclusif de la
digéré à l'élat de pureté ou de combinaison Kculenle, l'air de la campagne, les promenades fréquentes dans les bosquets ou dans les vastes plants bien aérés, le long des bois ou des rivières, ou sur les rivières en bateau, dans les près au moment de la fanaison, etc. ; tous ces moyens purement hygiéniques réunis constituent peut-être encore le meilleur traitement pour toutes les irritations chroniques de la poitrine, et, sinon pour tous, du moins pour la grande niajorité des phthisiques.
166 THÉUAPlilTIQUE APPLIQUÉE.
gelée de lichen et de l'extrait de belladone, auxquels on peut ajouter les suppurations thoraciques à l'aide dii caustique de Vienne (1) . (Voyez l'art. Catarrhe PULMONAIRE.) Voilà enfin à quoi ont abouti trentecinq années d'expérimentations thérapeutiques les plus multipliées et les plus variées. Nous devons déclarer que, sur un très grand nombre de phthisiques que nous avons vus depuis environ quarante ans, nous ne nous rappelons que deux guérisons radi-
(1) A propos de la belladone, nous placerons ici, quoique tardivement, une petite note en réponse au Bulletin de Thérapeutique, qui, relativement à Temploi de cette solanée dans le traitement du tétanos, s'exprime ainsi : « M. le docteur Debreyne, qui est l'un des auteurs modernes qui ont manié avec le plus de hardiesse et de succès la belladone, dans un grand nombre de névroses et de névropathies, dans l'épilepsie, l'hystérie, la chorée, etc., ne parle pas de son emploi dans le tétanos. »
Si nous n'en parlons pas, c'est parceque, le tétanos étant une maladie aiguë, nous n'étions pas obligé d'en parler ; et, en second lieu, surtout parceque, depuis 1815, que nous employons la belladone dans toutes les maladies nerveuses, convulsives et spasmodiques, ou dans les convulsions cloniques et toniques, nous n'avons pas eu l'occasion de rencontrer, chose bien singulière, un seul cas de véritable tétanos ni traumatique ni spontané. Il y a bien longtemps que nous avions formé le dessein d'avoir recours à la belladone à haute dose dans le traitement du tétanos ; car nous avons toujours pensé que cette solanée, douée d'une propriété si éminemment anti-convulsive ou anticontractile, devait être le meilleur remède à opposer aux affections tétaniques, surtout si on l'unissait à l'opium à haute dose. Nous sommes heureux d'apprendre que les belles obsenations du Bulletin de Thérapeutique {nmrs iSh'S) viennent aujourd'hui justifier nos prévisions.