‹ Thérapeutique appliquéeChapitre 56 sur 131 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

cales, complètes et durables. Dans ces deux cas de phthisie que nous avions crue réelle, au dernier degré et incurable, nous n'avons employé que là gelée de lichen poiir tout remède, plus une suppuration thohlbique chez l'un de ces deux malades, qui paraissait arrivé au dernier degré delà maladie: toux presque continuelle, expector.ition abondante, puriformc, dillluentc, môlée de stries sanguinolentes (de fréquentes attaques d'hémoptysie avaient précédé) , fièvre hectique continue, sueurs nocturneg^ enflure, faiblef^se extrCme, oppression considérable, déVoiement, marasme, etc. On peut dire que ce malade oiïrait tous les syttiptômes dont Arétée nous a tracé le tableau tristement pittoresque et eflrayant de vérité. 11 est aujourd'hui, depuis dix ans, parfaitement guéri ; il est tnême très robuste et très vigoureux. Pendant le cours de sa maladie, il a employé près de dix-huit kilogrammes de lichen d'Islande pour faire de la gelée, et entretenu une suppuration thoracique pendant près de deux ans. 11 ne pouvait la supprimer sans éprouver aussitôt un surcroît de malaise et d'oppression. Croyant ce sujet absolument perdu, nous négligeAmes de nous assurer s'il y avait ou non pectoriloquie. — Quant à l'autre malade, il paraissait encore plus désespéré, deux hommes nous l'apportèrent sur leurs bras. Nous ne pûmes nous empêcher de blâmer une démarche si

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imprudente. Nous fîmes donner au moribond, par pure forme, une ordonnance pour la confection de la gelée de lichen, et nous lui recommandâmes d'en user et de vivre de lait, s'il le pouvait. Eh bien ! ce poitrinaire à face hippocratique revint nous voir au bout d'un an; il était parfaitement guéri. Il nous ût rappeler ce que nous venons de raconter, et il ajouta qu'il avait toujours pris de la gelée de lichen et du lait, et qu'il s'était rétabli peu à peu. Son identité individuelle fut constatée par les personnes du voisinage. Nous avions encore moins de raison d'explorer l'état de la poitrine que dans le premier cas ; le malade était arrivé à la dernière limite de la phthisie pulmonaire, et avait l'air mourant. D'ailleurs, quant à l'auscultation, nous sommes très excusable de n'y avoir point eu recours, puisque Laënnec ne l'avait pas encore inventée.

Nous avons vu d'autres malades succomber à l'entrée de l'hiver, après avoir paru en voie de guérison pendant le courant de l'été, au point de reprendre des forces, de la fraîcheur et même de Cembonpoiiit. Mais malheureusement ces malades, que l'on croyait sauvés, avaient conservé une petite îoux sèche, (y est là le dernier symptôme à disparaître et le plus difîicile à détruire ; et, tant qu'il subsiste, ne croyez pas, en général, à une guérison solide et durable. Nous avons soigné un assez grand nombre

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