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DEUXIÈME PARTIE

unnéeSi l'extrait d'aconit contre le rhumatisme et la goutte atonique, vanté comme spécifique par Barthez. Enfin, pour les douleurs rhumatismales locales, invétérées, opiniâtres, qui ont résisté à tous les moyens, à l'opium, à l'extrait de belladone, aux rubéfiants et aux vésicants, nous les combattons avec un succès constant par un ou plusieurs mo.xas. Voilà à peu près tout ce que nous opposons aux rhumatismes chroniques, et, le temps venant à notre aide, les malades finissent ordinairement par guérir. 11 faut ajouter que depuis la première édition de cet ouvrage nous avons obtenu de très bons effets de l'application des ventouses scarifiées (scarificateur et ventouse à pompe). Ordinairement lés malades Sont soulagés notablement et immédiateniént. Rien ne nous a mieux réussi que cette médidatibri à la fois excitante et évacuante, pour combattre les douleurs rhumatismales chroniques locales, rebelles et invétérées et notamment celles qui paraissent avoir leur siège dans le ligament capsulaire de l'articulation hUméro-scapulaire, et les douleurs qui affectent en général le tronc, soit qu'elles dépendent d'un principe rhumatismal, soit qu'elles reconnaissent pour cause une chute ou de fortes contusions. — Qttant aux douleurs goutteuses, on sait assez que les fumigations de tabac sont, en général, un des meilleurs calmants que l'on puisse employer dans

lyi iHÉRAPJiLTIQLE APPLIQUÉE.

ce genre d'affection ; on connaît aussi l'eOicacité des pilules de Lartigue contre la goutte aiguë et chronique et tous les accidents goutteux ; et peut-être faut-il mettre par dessus tout le quinquina à haute dose.

INFLAMMATIONS LYMPHATIQUES, OU EN /JP.GEMENTS ARTICU- LAIRES CHRONIQUES DITS TUMEURS i;LANCnES ; LUXATIONS SPONTANÉES COXO-FÉMORALES, r.À NATURE SCROFULEUSE, RHUMATISMALE OU INFLAMMATOIRE.

Nous supposons les tumeurs articulaires à l'état chronique comme elles se présentent à nous ordinairement; et dès lors il n'est plus question d'antiphlogistiques proprement dits, ni de saignées locales par conséquent. Nous y avons d'ailleurs très rarement recours, et seulement dans l'état de parfaite acuité. Nous employons presque toujours le moxa, h moins que la tumeur blanche ne soit trop récente et qu'elle ne date pas au moins de trois mois, ou qu'elle ne soit encore trop douloureuse, c'est à dire trop aiguë. Alors on peut encore avec avantage appliquer des sangsues ou des ventouses scarifiées et des vésicatoires volants aussitôt après (1). Hors ces

(1) Au moment où nous ccrivons ceci, nous arrive un fait aufjnel s'est aUachte la [ilu'^ mallitureuse falalilc. In jeuiif lionnne de div-

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cas, nous employons constamment de larges moxas, et presque toujours avec le plus grand succès. Des centaines de faits déposent et témoignent hautement en faveur de cette méthode si active et si éminem-

hiiit ans, fort et robuste, se présenta devant nous il y a environ rinci mois. Nous constatâmes un gonflement considéra i)le du genou, délerminé par une chute arrivée depuis quclfiues semaines ; douleur vive dans toute la tumeur, point de changement de couleur à la peau. — Application d'un grand nombre de sangsues et de cataptasmes émollients; aucune amélioration : vésicatoires volants; pas plus d'effet. Deux ou trois mois a|)ri's, ù dater de l'apparition de la tumeur et malgré un certain élal d'acuité encore persistant, nous fîmes appliquer deux larges moxas, connue dernier moyen, vu l'impuissance de tous les autres. Deux ou trois mois après celle dernière médication, le malade revient nous voir ; mais il est dans un état déplorable et en quel que sorte désespéré :1c genou est gros et monstrueux, presque comme deux fois la tête d'un homme ; la tumeur a l'apparence d'un énorme ostéo-sarcome avec deux grandes excroissances carcinomateuses aux endroits des moxas ; odeur cancéreuse trî-s prononcée, lièvre hectique consomptivc, pouls petit et fréquent, figure pûle-jaune, en un mot état général on ne peut plus fdcheux. Nous jugeons la mort inévitable. L'amputation de la cuisse paraît offrir ])eu de chances de succès; cependant elle peut et doit peut-être encore être tentée comme unique et dernière ressource, d'après ce orincipc : In extremo et gravi ■pcriculo melius anccps quam nuUum. Nous sommes persuadé que sans les moxas celte tumeur blanche n'aurait pas moins conduit le malade au tombeau, à la vérité peut-être un peu moins promptement. Nous pensons que ce fait est une de ces tumeurs malignes, heureusement fort rares, lesquelles, par une disposition spéciale, individuelle, diathésique, produisent, quoiqu'on fasse, d'immenses carcinomes aigus, qui sont de nature à ne pouvoir être domptés par aucune puissance humaine. Nous en avons déjà vu quelques autres cas, mais moins graves. Les moxas ont peut-être hiUé le développement de cette énorme tumeur

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ment efficace. Depuis longues années nous avons acquis l'intime conviction que plusieurs malades lui doivent la conservation de leurs membres : plus de vingt peut-être nous avaient déclaré qu'on leur avait proposé l'amputation comme unique et dernière ressource; ils ont néanmoins guéri, sinon toujours parfaitement, du moins par ankylose. Sur plus de cent faits de tumeurs blanches du pied, du genou ou du coude, avec ou sans fistule, nous n'avons pas, si notre mémoire nous est fidèle, conseillé six fois l'amputation du membre. Chez la grande majorité, le moxa plus ou moins répété a opéré la guérison ou

caiciuomateuse. Si cela est, nous en avous un grand regret, sans toutefois en avoir de remords. Que ce cas néanmoins serve d'enseignement aux praticiens, et les porte à se défier de toute tumeur inflammatoire qui résiste aux antipblogistiques et aux dérivatifs ordinaires, afin de ne pas compromettre inutilement l'honneur et la puissance de la médecine par des médications trop actives ou intempestives, ou qui n'offrent pas assez de chances favorables, et surtout pour ne pas nuire au malade dès lors qu'on ne peut plus lui t tre utile.

(Nous avons appris depuis que lamputation avait été Icnîéc et que le malade était en pleine voie de guérison.)

Les réllexions qu"oii vient de lire, quoi(jue faites à l'occasion d'un fait inexact, sont néanmoins généralement \ raies, et doivent ici subsister. Nous disons à l'occasion d'un fait inexact, parceque nous avons appris, depuis la publication de ce fait, que le grave accident ci-dessus mentionné paraît avoir été uniquement déterminé par de profondes et intempestives incisions, faites par une main inhabile, quelque temps après l'emploi des deux moxas. C'est au moins l'opiiiio^ d'un médccij^ instruit qui a vu le malade.

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