‹ Thérapeutique appliquéeChapitre 67 sur 131 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

parfaite ou par ankylose ; chez d'autres, même déjà souvent fistuleux, il a amené la cicatrisation des fistules en changeant le mode d'inflammation, en déplaçant et en attirant à l'extérieur le travail intlammatoire et désorganisateur par le développtMiient d'une violente irritation à la peau et une abondante suppuration dans le tissu cellulaire sous-cutané, et bref, quelques malades ont guéri par ankylose. Enfin un petit nombre d'autres, chez lesquels les os étaient cariés, ou les cartilages et autres parties blanches désorganisés et détruits, et la fièvre de résorption purulente allumée, ont dû succomber, parcequ'ils ne pouvaient être sauvés ni par les raoxas, ni probablement non plus par l'amputation du membre, vu l'état de cachexie générale et l'épuisement total des forces de l'économie.

Quant aux préparations iodiques, depuis long temps nous y avons renoncé, parceque l'iode ne nous a jamais réussi contre les tumeurs blanches. Nous y reviendrons à l'article Scrofules.

Nos élèves, habitués h voir pendant plusieurs années les bons effets des moxas, ont souvent été i)icn étonnés de ne pas rencontrer ailleurs ce genre de médication si éminemment efficace. Ils npus ont souvent rapporté que dans certains hôpitaux ils n'avaient pu voir, sans un vif sentiment de douleur, amputer des membres, lesquels, disaient-ils, d'après

ce qu'ils avaient vu chez nous, auraient probablement pu être sauvés par l'application de plusieurs moxas. 11 faudrait un volume pour rapporter tout ce que nous pourrions dire sur les bons effets de ce puissant agent de thérapeutique chirurgicale. C'est un moyen que nous employons presque tous les jours, surtout dans la saison de l'été, où l'afïluence des maladies est toujours si considérable. Nous avons vu céder aux larges et profondes suppurations des iiioxas des maladies chirurgicales qui, après avoir résisté à tous les moyens ordinaires, paraissaient devoir être désormais absolument incurables. C'étaient tantôt d'énormes tumeurs du genou, du pied, du coude, etc., qui dataient souvent de plusieurs années, et qui avaient rendu les malades absolument impotents ; d'autres fois c'étaient d'étranges déformations des hanches ou du bassin déterminées autant par les lésions des parties osseuses ou cartilagineuses que par celles des parties molles. Quelquefois enfin nous avons vu disparaître, sous l'influence des moxas, des indurations comme squirrheuses, réputées incurables et abandonnées comme telles par les hommes de l'art. Voici, entre autres, un fait que nous avons vu il y a environ une quinzaine d'années ; nous nous rappelons encore assez nettemeift le cas, parcequ'il nous a fait quelque impression : c'était une grosse tumeur à l'angle de

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in mâcholt-e ; elle était iticloluhle et dure comme Une pieiTC. LA mâchbil'c était immobile, tt la masticîltiotl impoô9i])lc. Depuis prés d'im an toutes les mêdibatidiis rationnelles et éHipiriques avaient été employéèë feaiiS elucUh rëswltat. Saignées lofcalés, excitants, rubéfiants, vésicàiits, fondàrlts, altérarits, etc. , Hit. , tdut avait été inutile. Le inaladc étrtit hienàcé de périr d'irtanitîoh... ^ÎOlre perplexité fut grflnde ; )nnûii un de itos élèves nous tira d'eiilbrtl-ra^ \diï tltfiis sdggéh-lrrt l'heureuse idée clu mbxri, cbrtvmc urtique et dernier hidyen â tentei' dans Un éhs désespéré. Un large indxa fut aussitôt ap[)liqué h r article de la nlîlclioire, et au bout d'uii mois eh- Virdii le malade était déjà mieux. Un second In'oxa l'a i^arlaileiTient ^uéri. Nous aVôns Vu cïiôore depuis d'àuti-ës cas à pfeu près ieitiblctbleS.

S'il se rehcoiitre des Sujets qui ôïFrent urie éerisibilité excessivement etaltée, sdit natui-ellemeiit, par tempérament, soit par suite des progrés de là maladie, nous emjiloyoils drdiUairement dans ces deiix tTté le tAUtèrë pdr le fcaùslique de Vleriilfe. Voici uh fdlt où cette conduite à été couronnée d'un plein su^dbèé : Au tnois de juillet 18M, un homme d'un département vdisih hdus cdhdiiisit sa fille âgée de seize ans, atteinte depuis environ deux ans d'une tameHt- blanche d'un volume énorme, occupant toute l'atticulation du pied et de la jambe. Trots à quatre

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cents sangsues avaient été appliquées en différentes fois. L'état général en était devenu fort mauvais ; en un mot il y avait fièvre lente et cachexie. La faiblesse, la sensibilité générale très exaltée et la douleur trop vive de la tumeur nous firent juger inopportune l'application du moxa. On se contenta du cautère, et on prescrivit un régime fortifiant avec des pilules toniques ferrugineuses et du vin de quinquina. Environ dix mois après nous revîmes la malade. Elle nous parut parfaitement guérie; tout l'engorgement était dissipé, et la marche se faisait sans la moindre claudication ; la menstruation était rétablie. On supprima le cautère, ou plutôt on le transplanta au dessous du genou. A chaque époque menstruelle le cautère placé à l'articulation du pied donnait une certaine quantité de sang. Aujourd'hui cette jeune personne jouit d'une santé parfaite. Nous ne pouvons parler ici de tous les cas de tumeurs blanches guéris par le moxa : ces détails seraient infinis et trop en dehors de notre sujet. Nous n'en mentionnerons qu'un seul que nous avons rencontré dernièrement. C'est une tumeur blanche de la main, de nature scrofuleuse, parfaitement guérie depuis plus de dix ans par l'application de deux moxas. Il est probable que, sans ce moyen si éminemment efficace, l'amputation serait devenue indispensable. Nous avions employé auparavant, comme on pense

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bien sans doute, tous les moyens dits ou réputés fondants, et surtout les préparations iodiques, mais point de sangsues, auxquelles nous n'avons jamais recours dans le traitement des tumeurs blanches, à moins que pour cela il n'y ait des raisons toutes particulières, comme un état d'acuité ou de complication inflammatoire grave, etc.

Lorsqu' après l'emploi des moxas les articulations ou les parties malades demeurent engorgées, empâtées et indolentes, nous employons avec avantage lî's douches thermales simples ou sulfureuses, ou les douches de vapeur simples ou aromatiques. S'il existe une dyscinésie plus notable, fausse ankylose, ou simplement sécheresse et rigidité articulaire, nous avons recours aux bains émollients, gras, gélatineux, savonneux, sulfureux, comme les bains gélatino-sulfureux de Barrèges, le bain animal appelé vulgairement caii de tripes, etc.

Enfin un dernier moyen que nous avons assez souvent employé avec avantage dans les engorgements œdémateux et indolents des articulations, et particulièrement des mains et des avant-bras, c'est la fumi<ration résolutive suivante :

200 THERAPELTinUE APPLIQLÉE.

' ^ ^ * * ' * ) (le chaque,

^""■"^ 15 gMth.

Gomme ammoniaque /

Mêlez.

MODE I>'£MPLOI.

On projette quantité .suffisante de ce mélange sur (les charbons rouges, et on expose h la vapeur qui s'en dégage, matin et soir, et pendant un quart d'heure, la partie engorgée, que l'on frottera en même temps légèrement.

VIILEr.MONS ÉRYSirÉLATÈrX, PÀXAhlS, lîTC.

Quoirrue ce genre d'aiïection aiguë paraisse être en dehors de notre sujet, nous ne pouvons pourtant nous dispenser d'en dire au moins deux mots en passant. Et d'ailleurs, si cette grave inflammation est négligée, tardivement ou mal traitée, elle passe promptement h l'état chronique, et entraîne à sa suite les plus grands désordres et même assez sou-

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vent la pprte des malades, co^n^ie uqiis l'avaus observé plusieurs fois daiis les hôpitaux de Paris.

i.e traitenient ordinaire que nous employons dans les Gaçj tpHt^ récents, avant la formation du pus, c'est à dire avant qu'il soit collecté ou môme simpltnncnt diffus et disséminé, c'est la méthode abortiye et empirique dp pupuytren, que Dupuytren lui-môme avait empruntée à Petit de Lyon. Cette méthode consiste à appliquer un vésieatoire volant au centre mômp de l'inflammation. On a pour but, dans cette médication hardie et en apparence irrationnelle, c'est à dire empirique, d'enrayer dans sa marche le travail inflammatoire interne, et de le faire avorter en attirant sur un point oireonscrit de la peau toute l'impétuosité et tout le raptm phlegmasique. Il est vrai, cette forte concentration ou cette subite localisatipn inI]ammatoirc peut, par son e.\cés môme, déterminer la gangrène ; mais cet acpident est fort rare. Sur peut-ôtre trente à quarj^nte cas nous ne rivons gbsprvé qu'une seule fois, et encqre chez un sujçt Gî^phectique, à diathèsp presque gangreneuse ou purulente, en un mot dans les plus mauvaises conditions possibles. L'application d'un vé3icq.tpire au genou fut suivie, ^u bout de quelques jours, d'une escharre gangreneuse. Non s^ulpui^n^ la gc^ngrpne se développa à la plapp du vésieatoire, m^is elle se manifesta encpre dans le voisinage avec des abcès

et de larges décollements cutanés. Cependant, malgré ces graves désordres joints à la cachexie et au marasme, le malade, qui était encore jeune, a fini par guérir et par prendre même de l'embonpoint. Au bout d'un an ses plaies n'étaient pas encore guéries, ni même les suppurations, provoquées par de simples sinapismes, n'étaient pas encore taries. Voilà le seul cas de gangrène que nous ayons constaté. Voici ce que dit à ce sujet le docteur Pâtissier : {(J'ai vu guérir plus de cinquante érysipèles plilegmoneux, et j'en ai guéri moi-même plusieurs par les vésicatoires, sans que cet accident (la gangrène) soit jamais survenu. Je ne dois cependant pas laisser ignorer que, dans ces derniers temps, on a observé quelquefois à l' Hôtel-Dieu de Paris la gangrène à la suite de l'application des vésicatoires dans le cas d'érysipèle plilegmoneux; on a aussi observé que le traitement antiphlogistique avait plus d'efficacité que les vésicatoires. Dans les années 1813, 1814, 1815, époques auxquelles j'ai recueilli beaucoup de faits sur la maladie qui nous occupe, les saignées ne produisaient qu'une amélioration peu marquée, et les vésicatoires étaient alors un remède presque spécifique. » [Dictionnaire des sciences médicales, tome Al, page /i69.)

Voici entre autres deux faits qui prouvent] le prompt et heureux effet de la méthode perturbatrice

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