TROISIÈME PARTIE
prend avec plaisir, et qu'elle paraisse en ressentir quelque bien-être.
De plus, nous estimons qu'il est à propos d'essayer l'emploi de la poudre de Colombo, à commencer par une dose très minime, comme deux ou trois grains, matin, midi et soir, en augmentant chaque jour de deux ou trois, pour aller progressivement jusqu'à dix ou douze, trois fois par jour, s'il est possible.
Sur chaque prise de poudre, on prendra une cuillerée à bouche de la potion suivante :
Pr. Eau de laitue Mb gram.
Laudanum de Sydenham. . . ni) gouttes.
Bi-carbonate de soude. ... '1 gram.
Sirop de fleurs d'oranger. . . (50 gram.
Faites selon l'art une potion.
Un peu plus tard, on pourra essayer aussi l'eau de Vichy par cuillerées à bouche; on reprendra encore l'usage du sirop d'ipécacuanha, qu'on mêlera avec partie égale de sirop de rhubarbe et d'huile de ricin douce et récente, à prendre par cuillerées à café, toutes les deux heures, jusqu'à une selle ou deux en vingt-quatre heures. Au bout de deux jours, on pourra recommencer, et ainsi de suite, s'il y a lieu.
230 ÏIlÉUAPliUIIQUE APPLIQUÉE,
Un peu de nourriture légère, comme bouillon de poulet et de veau, et puis de bœuf, par cuillerées et fréquemment; jus de viande, etc.; crèmes de riz, d'orge, de gruau, de pain, ete. ; lait coupé avec eau d'orge ou de riz, ou un peu d'eau de chaux (une cuillerée par verre) ; pour boisson, eau d'orge, de riz, eau panée, etc., etc.
22 avril 1837.
Vers le 10 juin environ, on nous apprenti qu^e la malade est infinirttent mieux. Le petit bulletin portt^ que les vomissements ont cessé dès les premiers jours au moment de l'administration de la potion calmante et du colomlx). La glace n'a point été donnée. Le Colombo et les calmants ont été continués pendant plusieurs- semaines. Le petit mélange, légèrement laxatif, a produit une selle ou deux. Aujourd'hui, sept semaines depuis le commencement du traitement, la malade ne vomit plus du tout, mange bien et de tout, et même une demi-livre de pain par jour ; les forces sont revenues ; elle se promène en ville, l'embonpoint commence à revenir aussi ; enfin, le peuple regarde cette guérison comme miraculeuse, ce qui veut dire que personne ne s'attendait à voir cette malade se rétablir, Le 10 juin, après deux mois, guérison confirmée.
l'.fiFLEXKWS St'R CBtTE OftSERVATION
Quelle est la nature de cette maladie ?
L'hématômôse, n'étant ici qu'une déviation menstruelle, ne peut fournir aucune indication directe ci locale, en ce sens qu'on ne peut, en bonne pratifiue, chercher à rappeler le tlux menstruel par cK'S moyens directs et locaux. Ces derniers seraient probablemont inutiles et sans résultat ; ou, si ïeur emploi était suivi de quclrpae évacuation, ccllo-ci serait plus nuisible qu'utile, et la malade n'en éprouverait qu'un surcroît de laiblesse. En voici la raison :
Une aménorrhée chronique, chlorotiquc, anémique, comme dans le cas présent, ne peut fournir qu'une indication générale. On ne peut et on ne doit donc la remplir que par des moycnsj généraux, les toniques et spécialement les ferrugineux, dans le but de rendre au sang sa qualité plastique première ; et par une alimentation analeptique et restaurante, afin de favoriser les fonctions hématosique et nutritive. C'est dans la condition seule d'une bonne hématose et d'une parfaite nutrition que la mens* truation peut s'établir et devenir véritablement utile et salutaire; il ne s'agit donc pas ici de l'iiématémése. Procédons par voie d'exclusion.
Il faut que le cas, dans Fespéce donnée, soit ou
232 THÉRAPEUÏIQLE APPLIQUÉE.
mie aflection squirrheuse, ou une gastralgie, ou une gastrodynie, ou une gastrite chronique, ou enfin une gastro-atonie. Il est évident que ce n'est pas un squirrlie de l'estomac, parcequ'un squirrhe de ce genre, arrivé au point de forcer l'estomac à rejeter toute espèce de nourriture, même le lait d'ânesse, de causer un amaigrissement considérable et de rendre la nutrition impossible, ne se guérit plus du tout. On ne peut pas dire non plus que ce soit une gastralgie ou une gastrodynie. Dans le cas de notre observation, l'épigastralgie paraît fort légère si toutefois elle existe. Dans la gastralgie ou la gastrodynie, quoique les douleurs soit vives, l'alimentation est possible ; la digestion se fait ordinairement d'une manière à peu près normale, et la nutrition subsiste. 11 faut donc enfin que la maladie en question soit une gastrite chronique ou une gastro-atonie.
Maintenant voyons. Y a-t-il gastrite chronique ? 11 est fâcheux que le mémoire ne dise pas s'il y avait douleur à l'épigastre, augmentant ou non à la pression, et qu'il ne parle pas non plus de l'état de la langue. Le silence sur ce point autorise à croire que l'on n'y a rien vu d'anormal.
L'alimentation exploratrice n'a rien appris et n'a servi de rien au diagnostic, parcequ'une excessive susceptibilité de l'estomac, ou l'innervation exaltée ou pervertie de ce viscère, avait paralysé toute fonc-