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TROISIÈME PARTIE

ces deux méthodes de traitement, nous supposons qu'on les applique aux scrofules générales, constitutionnelles, diathésiques, avec ulcérations glanduleuses ou cutanées, lésions articulaires, etc. , et non à de simples engorgements lymphatiques, solitaires, locaux, non ulcérés encore ; car dans ce dernier cas nous avons vu assez souvent la simple pommade d'iodure de potassium produire de très bons effets ; mais plus souvent peut-être avons-nous constaté sa complète inefficacité. Dans ces occurrences beaucoup trop nombreuses nous avons eu recours au chlorure d'or et de soude, dont nous parlerons ci-après.

Une autre vérité thérapeutique, sanctionnée par l'expérience de la plupart des praticiens, c'est que l'iode porte son activité atrophiante spécialement sur les glandes sécrétoires externes, comme les organes mammaires, les testicules, etc., et spécifiquement sur le corps thyroïde. Or il est certain que cette action atrophiante est infiniment moins prononcée sur les ganglions lymphatiques: donc, d'après cela et d'après nos observations, l'iode ne serait pas •autant qu'on le pense communément le modificateur spécial des glandes lymphatiques engorgées ou hypertrophiées. Nous avons lieu de croire, et c'est encore l'expérience qui nous y autorise, que le chlorure d'or et de sodium est un excitant au moins aussi actif et aussi spécial du système lymphatique que

les préparations iodiques : un jour peut-être il l'emportera sur ces dernières.

Voici les formules suivant lesquelles nous employons l'iode contre les scrofules :

Pr. lodure de potassium 8 gram.

Eau distillée 60 gram.

Faites une solution exacte.

MODE D'ADMINISTRATION

On commence par huit gouttes matin, midi et soir, délayées dans un verre d'eau d'orge sucrée, et une heure ou deux avant le repas ; le second jour on en prendra trois fois dix gouttes, ou trente par jour, et on augmente ainsi de deux gouttes à chaque prise, ou de six par jour, jusqu'à trois fois quarante, ou cent vingt en vingt-quatre heures, dose que l'on ne dépassera point ordinairement, et que l'on diminuerait si l'on éprouvait de la chaleur, de la douleur dans l'estomac, des maux de tête, etc.

En outre, on frictionnera matin et soir la partie affectée avec gros comme une noisette de la pommade suivante :

Pr. lodure de potassium à gram.

Axonge 30 gram.

Mêlez exactement.

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Chaque friction se fera pendant cinq à six minutes ou jusqu'à parfaite absorption. Voilà notre traitement ordinaire.

Maintenant, à laquelle de ces deux méthodes de traitement devions-nous nous attacher définitivement? Toutes deux, elles nous ont paru souvent utiles; assez souvent aussi, il est vrai, toutes deux sont demeurées sans eflet appréciable ; mais elles n'ont jamais nui. Nous avons donc fait connue à l'article du traitement de l'asthme à l'égard de nos poudres dites anti-asthmatiques-expectorantes; nous les avons réunies, et nous nous en sommes bien trouvé, toutefois en les modifiant et en les nuançant selon la gravité ou l'intensité de la maladie, et le degré de susceptibilité ou d'irritabilité nerveuse ou inflammatoire des sujets. Nous mettons un intervalle notable entre l'administration de ces deux agents thérapeutiques : l'iodure de potasse se donne une ou deux heures avant les repas, et l'autre médicament ou l'élixir quelques heures après.

Pour les engorgements lymphatiques (scrofule locale) des glandes jugulaires ou des autres ganglions des régions voisines, qui ont résisté aux préparations d'iode, nous les combattons, et souvent avec le plus grand avantage, par les pilules de chlorure d'or et de soude. Il n'y a (jue dix à douze ans ([uo nous avons adopté cette méthode de traite-

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ment, qui, comme on sait, a été d'abord particulièrement proposée et vantée par Chrestien, do Montpellier. Mais depuis M. le docteur Legrand a entrepris de nouveaux travaux sur ce puissant agent thérapeutique, et a composé un livre où il rapporte un très grand nombre de faits qui semblent hautement prouver l'efficacité des préparations aurifères. C'est la lecture de cet excellent ouvrage qui nous a déterminé à recourir au chlorure d'or et de sodium contre les engorgements lymphatiques du cou et les tumeurs lymphatiques ou squirrhoïdes des seins.

Nous croyons avoir observé jusqu'à ce jour douze à quinze faits où ces pilules paraissent avoir produit une amélioration très marquée. C'étaient des cas où les préparations d'iode avaient tout à fait échoué, et en général les engorgements étaient assez considérables. Depuis quelque temps surtout nous donnons assez souvent les pilules d'or, et hier encore nous les avons prescrites deux fois. Il y a cinq ou six jours une femme vint réclamer avec instance de nouvelles pilules, pour achever de guérir un engorgement considérable qu'elle portait au côté droit du cou. Cette malade avait déjà employé pendant longtemps la pommade d'hydriodate de potasse sans en retirer aucun avantage. Cet insuccès ou cette nullité d'effet de l'iode nous détermina à lui faire donner des jVdules d'or pour six semaines. Au bout de

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ce temps elle revint, et on aperçut à peine quelques vestiges de l'engorgement. Elle voulait, comme elle disait, continuer le remède, afin que son mal ne revînt pas. Nous pourrions citer plusieurs autres faits semblables. Mais souvent aussi le mal disparaît bien plus lentement, et ce n'est le plus souvent qu'au bout de quelques mois que la résolution s'opère plus ou moins complètement ; car souvent il reste une espèce de noyau irrésoluble qui résiste à tout remède, et que le temps seul use et dissipe ordinairement à la longue. Enfin, nous devons le dire aussi, nous avons constaté plusieurs faits où les pilules de chlorure d'or et de soude ont échoué aussi bien que l'iode.

Voici, entre autres, un fait récent d'engorgement glandulaire très considérable en grande partie dissipé par la méthode combinée ou l'association des préparations d'iode avec celles du chlorure d'or et de sodium. Le sujet de cette observation était une femme de trente et quelques années, qui depuis trois à quatre ans avait été traitée inutilement par plusieurs médecins (on ne sait par quels moyens) d'un énorme engorgement lynq)hatique, s' étendant, sous forme de nodosités et de masses globuleuses, d'une oreille à l'autre et jusqu'aux deux clavicules. L'engorgement était si considérable que la malade ne pouvait tourner la tôte ni à droite ni à gauche,

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et que, lorsqu'elle voulait regarder de côté, elle était obligée de se détourner de tout le corps et toutd'une pièce. Vu la gravité du mal et l'urgence d'y remédier promptement et activement, il n'était pas permis de simplifier trop le traitement, c'est à dire de n'employer qu'un seul moyen , toujours plus ou moins douteux dans son effet. On prescrivit donc les préparations d'iode à l'intérieur et à l'extérieur, conjointement avec le chlorure d'or et de sodium. Au bout d'un mois on constata une amélioration notable dans la position de la malade ; elle pouvait déjà tourner librement la tête à droite et à gauche, c'est à dire que l'engorgement avait déjà notablement diminué. Les mêmes remèdes furent continués, et quelques semaines après les masses lymphatiques étaient aux trois quarts dissipées.

Maintenant on se demandera sans doute lequel de ces deux agents thérapeutiques a agi dans l'espèce. Est-ce l'iode? est-ce l'or? Probablement l'un et l'autre en même temps. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il y a eu évidemment de l'effet produit. Dans les cas graves, qui repoussent toute expectation, allez au plus sûr, et employez la méthode complexe, jusqu'à ce que des expériences nombreuses et bien faites aient fait connaître avec certitude à quel agent pharmaceutique il faut attribuer le résultat obtenu.

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