TROISIÈME PARTIE
Voici la formule de ces pilules et la manière dont nous les administrons.
Pr. Chlorure d'or et de sodium. ... 10 centigr.
Poudre d'amidon 2 gram.
Gomme arabique 1/2 grani.
Eau distillée, quantité suffisante pour quarante pilules.
MODE D'ADMINISTRATION
Tous les soirs on écrasera une de ces pilules pour en faire une friction sur la langue, les gencives et l'intérieur des joues. Chaque friction se fera pendant quelques minutes. On fera en sorte de ne rien cracher, c'est à dire qu'on doit avaler ce qui pourrait rester de la matière de la friction.
Au bout de vingt jours on fera deux frictions par jour de la même manière , une matin et soir, et on continuera ainsi pendant plusieurs mois s'il est nécessaire.
Quand, après un mois, on fera renouveler les pilules, on mettra quinze centigrammes de chlorure d'or et de sodium, et on continuera cette proportion les mois suivants. Il faut noter que l'on n'observe ordinairement quelque effet que lorsqu'on est arrivé
à la fin de la deuxième boîte, c'est à dire au bout de six semaines.
Certains engorgements lymphatiques ou indurations cellulaires considérables, situés sur les membres ou dans leurs concavités, n'ont pu être dissipés que par des douches thermales fortement excitantes. C'est par ce moyen aussi efficace que simple que nous avons fait disparaître plusieurs fois d'énormes tumeurs qui remplissaient complètement le creux du jarret. 11 est inutile de dire que ces tumeurs dures et indolentes avaient résisté à tous les autres topiques dits fondants ou discussifs.
Un mot enfin sur un nouveau remède anti-scrofuleux proposé par le docteur Baudeloque. Ce nouvel agent thérapeutique, c'est le sulfate de cicutine. Cet alcaloïde est tiré du conium maculaium (ciguë officinale) . Il paraît que ce sel a est devenu entre ses mains (de M. Baudeloque) la base d'un traitement nouveau, employé avec un succès très soutenu dans le service des scrofuleuses, confié à ses soins. » {Bulletin de Thérapeutique^ octobre ISZiS.) Nous n'avons point encore essayé ce nouveau médicament.
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G0IT1\E, TIIYROCÈLE OU nRONClIOCELE.
Nous entendons par goitre l'engorgement ou plutôt l'hypertropliic pure et simple de la glande thyroïde sans dôgénéraiion de son tissu. Ainsi, d'après cette définition, bien des tumeurs plus ou moins volumineuses, squirrheuses, tuberculeuses, etc., de la gorge ou de la région thyroïdienne, ou formées par le corps thyroïde lui-même, ne sont pas devrais goitres; pas plus que des sarcocèles ne sont des orchites chroniques ou des engorgements chroniques des testicules ou des indurations du tissu cellulaire adhérent aux testicules ; pas plus que des squirrhes des organes mammaires ne sont des engorgements chroniques des seins (mammites) ou des indurations du tissu cellulaire ambiant.
MM. Trousseau et Pidoux font très bien remarquer dans leur excellente Thérapeutique que c'est faute d'avoir suffisamment distingué le vrai goitre d'avec le faux que les résultats pratiques ont paru quelquefois se contredire. Nous avons pourtant quelque peine à croire qu'à Paris, à Londres et dans quelques grandes villes d'Allemagne le goitre soit aussi
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rebelle à l'iode que le prétendent MM. Trousseau et Pidoux ; et si cela est réellement c'est parceque les malades atteints de maux incurables affluent ordinairement dans les capitales. Par là on s'expliquera facilement la différence des résultats thérapeutiques, et on se rendra compte des insuccès des préparations d'iode mal à propos administrées contre de prétendus goitres, c'est à dire contre des dégénérescenses squirrheuses, cancéreuses, encéphaloïdes, tuberculeuses, osseuses, cartilagineuses, calcaires , tophacées, kysteuses, du corps thyroïde. Ce sont ces dégénérescences qui , suivant MM. Trousseau et Pidoux (Thérapeutique, etc., t. I, p. 267, 2<= édition), forment en général les bronclwcéles que l'on observe à Paris et dans d'autres contrées. Cç, sont donc ces lésions organiques qui constituent le faux goitre ; le goitre incurable est rebelle à l'action de l'iode, et aussi rebelle que le sarcocèle et le squirrhe mammaire. Nous qui n'exerçons pas à Paris ni dans une contrée où le goitre soit réputé endémique, c'est à dire vrai , pur, légitime, nous croyons cependant , pour notre part, avoir traité par l'iode, depuis Goindet, peut-être trente à quarante goitres, et nous estimons qu'au moins les deux tiers des malades ont été guéris. Nous avons vu se dissiper presque entièrement, sous riiilluencc des médicaments que nous indiquions tout à l'heure, des goitres énormes,