TROISIÈME PARTIE
monstrueux, que certes nous n'espérions guère pouvoir détruire par aucun remède. Nous pensons donc qu'un tiers des cas au plus a résisté à la puissance thérapeutique de l'iode ; et même quelquefois, à l'aspect, à la consistance et à la forme de la tumeur nous étions presque sûr de ne rien obtenir ni de l'iode ni d'aucune autre médication. Ce résultat pratique paraît assez bien s'accorder avec ceux obtenus en Suisse par Coindet et en Italie par Bréra, et même en France par Janson, Angelot, etc. Je ne sache pas que la Normandie et le Perche (Orne), où nos observations ont été faites, soient par leur situation géohydrograpliique aussi connus pour leurs endémies de goitres que certains cantons de la Suisse, le Valais en particulier, ou quelques vallées marécageuses de l'Italie.
Quant aux préparations d'iode que nous avons toujours employées, ce sont absolument celles déjà ci-dessus rapportées, et que nous opposons aux scrofules (voyez p. 248), la solution et la pommade d'iodure de potassium. Le premier effet de ce traitement est souvent un certain travail dans la tumeur, un léger éréthisme et un peu de douleur. Le goitre semble quelquefois augmenter de volume, et ce n'est qu'après l'apparition de ces phénomènes momentanés qu'il commence à décroître insensiblement. On voit d'après cela que quelques semaines
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peuvent s'écouler avant que l'on obtienne un résultat positif et sensible, et que par conséquent on doit continuer le traitement avec persévérance pendant plusieurs mois , avec l'attention de le suspendre de temps en temps pendant huit à dix jours, surtout au moment où l'on éprouverait quelque effet particulier que l'on croirait pouvoir raisonnablement attribuer à l'action du remède. Ces interruptions momentanées rendent le traitement et plus sûr et plus efficace.
A la suite des affections strumeuses et lymphatiques asthéniques nous plaçons les asthénies lymphatiques avec dégénération de tissu, c'est à dire les squirrhes et les cancers , et ceux-ci même seront suivis des asthénies du système lympathique absorbant ou des hydropisies passives. Sans doute il y a de la disparité, et, si l'on veut,, une sorte d'hétérogénéité dans ce classement de maladies en apparence si différentes entre elles et de nature et de forme: nous devons en convenir ; mais on sait assez que toute classification nosologique est difficile , et que souvent même elle est l'écueil de tous les nosographes. Une raison qui nous a déterminé à grouper dans la catégorie des asthénies toutes ces diverses maladies, c'est qu'elles sont toutes plus ou moins modifiables par les stimulants généraux ou spéciaux. Au surplus nous n'attachons que fort peu