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pice. On n'aurait pas dû dépasser la dose de vino-t centigrammes par jour pour l'extrait sans décoction. On a fait bien plus : on a commencé la dose par vingt, trente, quarante, et môme jusqu'à soixante centigrammes par jour; dose que l'on a portée quelqu(>rois jusqu'à un gramme. Il est extrêmement probable, selon nous, que ces doses excessives, perturbatrices et quasi-toxiques, sont la véritable cause de ces insuccès; et nous demeurons persuadé que, si l'on eût administré l'extrait de belladone fait par simple décoction aqueuse de la plante verte, et à la dose seulement de vingt ou trente centigrammes au plus par jour, on en efit certainemiîut obtenu chez tous des avantages plus ou moins marqués, sans produire d'accident chez aucun.
Ceci était écrit quand nous avons eu connaissance de l'excellent ouvrage de thérapeutique de M. Trouseau. Ce savant professeur mentionne aussi ces vingt-deux faits de lîicètre. Mais , ce qui est au moins bien singulier, il paraît les citer pour prouver reffîcacité do la belladone contre l'épilepsie. Il rapporte (t. II, p. 72, '2' édition) que Greding n'a point guéri d'épilepsies (1) par la belladone, mais qu'il en a singulièrement amendé les accidents; et il ajoute que les vingt-deux faits de Bicètrc corifinncnt l'ob-
(1) Nous ne connaissions pas les observations de (ircdinR consigniVs dans Mlirray ( Apparat, mcdicam.)
2U THÉRAPraUQUE APPLIQUÉE.
servation de Greding^ c'est à dire apparemment qu'ils ont missi singidièremcnt amendé les accidents. Quant à nous, comme on l'a vu plus haut, nous rapportons les faits de Bicêtre dans un but contraire, ou du moins comme objection à nous opposer. D'après l'analyse ci-dessus rapportée, ces succès ne paraissent fondés que sur trois cas (de vingt-deux) où les accès sont seulement devenus plus rares. Si nous n'avions eu que de pareilles observations à produire en faveur de la belladone, l'idée de les citer ne nous serait certes jamais venue, à moins toutefois que ce n'eût été pour constater, sinon la nocuîté de la plante, du moins sa nullité thérapeutique. Nous ne devons donc accepter ces succès obtenus à Bicêtre qu'à titre d'expérimentations nulles, ou du moins d'une valeur fort équivoque. Nous signalons ce point d'observation expérimentale, afin que le lecteur ne soit pas tenté d'assimiler nos succès à ceux obtenus à Bicêtre. Au reste, il est bon de faire remarquer que le plus souvent on ne rencontre dans les hôpitaux que des épileptiques ordinairement plus ou moins incurables.
Il est inutile de faire observer que nous ne prescrivons la belladone que contre les épilepsies qui nous paraissent essentielles, c'est à dire indépendantes de toute cause matérielle appréciable.
Si dans l'cpilopsic^ symptomatique, après la des-
PREMIÈRE l'Ar.TIE. U5
truction de la cause, les accès persistaient encore par une sorte d'habitude nerveuse, on les combattrait avec avantage par la belladone, et surtout, à son défaut ou à son insuffisance, par le quinquina seul ou associé à la valériane.
Voici maintenant la formule d'après laquelle nous employons l'extrait do belladone contre l'épilepsic et autres afiections convulsives ou nerveuses qui lui ressemblent plus ou moins :
Pr. Extrait de belladone 8 gram.
Poudre de gomme aral)iquc. . . "1 gram. Poudre inerte, quantité suflisante
pour 120 pilules. (1)
MUDK d'administration.
On prendra une pilule le premier jour, deux le second, et trois le troisième, une matin, midi et soir, et une ou deux heures avant les repas. On continue ainsi, si l'on n'éprouve point un trouble notable dans la vue. Si ce trouble se manifeste, on diminue la dose ou on cesse tout à fait pendant
(1) Que Ton ne soit pas surpris si, dans nos formules, nous entrons dans quelques détails de manipulation et d'emploi. C'est uniquement en faveur des médecins des campagnes, qui souvent sont obligés de préparer eux-mêmes leurs médicaments.
26 THÉRAPKUTIQUE APPOQUÉL.
quelques jours. Si l'on n'observe aucune altération dans la vue ni autres effets fâcheux, pn pourra porter la dose à quatre ou cinq pilules, ce qui fera environ trente centigrammes d'extrait de belladone par jour. (1)
Voici enfin la formule de la décoction de valériane que nous avons employée quelquefois seule ou conjointement avec la belladone reconnue inefiicace ou insuffisante.
Pr. Racine de valériane 500 gram.
Partagez en quinze paquets égaux. A chaque paquet on ajoutera une pincée de feuilles d'oranger;
(1) Voici comment on prépare l'extrait de belladone chez nous, à la Grande-Trappe, près de Mortagne (Orne) : on coupe toute la plante, feuilles et tiges, vers la fin du mois de juin, lorsqu'elle est en pleine floraison. On fait fortement et longtemps bouillir jusqu'à cuisson parfaite des tiges. Ou met en presse, on décante et on fait bouillir vivement d'abord pour diminuer promptement le volume du liquide, et puis on termine l'opération lentement suivant le procédé ordinaire des extraits aqueux. Cet extrait est uni et homogùne, et peut se conserver plusieurs années sans moisir, ou du moins il ne moisit que fort peu.
L'extrait fait avec la coupe d'automne est moins bon : il est plus granuleux, plus court, moins liant et moisit davantage. Nous tenons tous ces détails de la bouche mîme de notre premier pharmacien, qui ne confie à persoime le soin de préparer l'extrait de belladone, bien que le mode de conftrtion en soit extrêmement simple et facile.