TROISIÈME PARTIE
pécha de se rendre chez nous, nous consulta par une lettre dont voici un court extrait : « Tumeur (( considérable, dure et douloureuse au sein droit, « survenue depuis environ six mois, à la suite d'une « contusion déterminée par le choc d'un meuble (( fort lourd ; après avoir calmé les douleurs et fait « diminuer le volume de la tumeur par les sang- « sues, les cataplasmes de graine de lin, la ciguë, « la pommade d'iodure de plomb, etc., les méde- « cins du pays ont fini par conseiller \ extirpation. » Et c'est ce qui a décidé la malade effrayée à reclamer notre conseil. Nous prescrivîmes aussitôt nos pilules de chlorure d'or et de soude ; et voici, après deux mois de leur emploi, ce que la consultante nous marque : « Je viens de finir vos pilules, j'en éprouve un mieux sensible ; le sein n'a plus son ancienne dureté, et les douleurs sont calmées; mais je ne suis point encore guérie... Il reste une tumeur grosse à peu près comme une noix... J'ai continué à mettre douze sangsues tous les quinze jours, et les feuilles de ciguë en cataplasmes; enfin je suis infiniment mieux (1). Ce fait sans doute eût été aussi infiniment plus concluant en faveur des pilules, si l'on n'avait point employé en même temps la ciguë et surtout les sangsues. Il est vrai, nous avons vu
(1) Cette malade a été opérée depuis, et aujourd'hui (1850) elle se porte parfaitement.
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souvent cette médication antiphlogistique et stupéfiante complètement échouer ; mais alors nous avions affaire à des squirrhes véritables, comme les suites l'ont prouvé. D'autres fois aussi nous en avons obtenu de fort bons effets. Voici enfin un quatrième et dernier fait récent où les sangsues et la ciguë n'ont pu avoir aucune part à l'amendement que paraissent avoir produit les pilules d'or :
Une femme de quarante-deux aiis, à qui nous avions prescrit, depuis six semaines, nos pilules aurifères contre une tumeur dure, aplatie et d'apparence squirrheuse, que depuis deux ans environ elle portait au sein gauche, nous écrit qu'il s'est «opéré dans « son squirrhe un changement sensible, en ce qu'il « est aujourd'hui bien ramolli et notablement dimi- « nué de volume.» La malade , il est vrai, s'était en même temps appliqué des emplâtres de Vigo; mais aussi on sait assez que ces topiques seuls sont ordinairement à peu près de nul effet. Avant l'emploi de nos pilules elle n'avait fait usage d'aucun remède, sinon de cataplasmes de ciguë pilée qui n'avaient produit aucune amélioration. On a continué provisoirement l'usage exclusif des pilules sans aucun topique.
Voilà sans doute quelques éléments de succès; mais il ne faut pas trop préjuger en leur faveur, car il se présentera des squirrhes véritables qui résisteront à tout. Nous avons lieu de croire que ces cas
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nous sont déjà advenus : nous avions donné il y a environ deux mois nos pilules d'or à plusieurs autres femmes qui ne sont pas encore revenues nous voir, et nous en concluons qu'elles n'en ont obtenu aucun effet sensible.
Quant aux cancers du sein tout à fait déclarés, ouverts, largement et profondément ulcérées nous avons employé , d'après les observations de M. le docteur Blaud, les préparations de suie, que nous avons décorées d'une épithète un peu moins ignoble en les désignant sous la dénomination do pommade et d'eau fidiginiquoi. Voici les formules de ces nouveaux médicaments :
Pr. Suie de cheminée pulvérisée et ^ ^. ,
^ I vQ, cliaque,
finement tamisée. . • . > ..^
bO gram.
Axonge.
Mêlez très exactement et aromatisez avec une douzaine de gouttes d'huile de thym.
Pr. Suie de cheminée ordinaire. » . 2 poignées. Eau de fontaine, i • » • . 500 gram.
Faites bouillir pendant une demi-heure, et passez avec expression.
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Il y environ huit ans on nous consulta pour un cancer du sein profondément et largement ulcéré, tout à fait à la dernière période, marquée par une cachexie cancéreuse complète. Une suppuration ichoreuse excessivement abondante et une horrible puanteur rendaient la position de la malade affreuse et à elle-même et aux personnes qui la soignaient. Nous conseillâmes l'onguent et l'eau fuliginiques, qui produisirent un effet vraiment prodigieux. La suppuration diminua peu à peu, la plaie se détergea et prit un bel aspect, les chaires parurent se régénérer, et cet épouvantable cancer suivit la marche d'un ulcère ordinaire qui tend à une bonne et franche cicatrisation. Toute la famille delà malade en fut dan s l'admiration et dans la joie, et se fit même illusion jusqu'à concevoir sérieusement l'espoir d'une guérison sûre et prochaine. Il n'en fut ni n'en put être ainsi. Cette médication cependant a prolongé de plusieurs mois et rendu plus supportable une existence nécessairement perdue. Nous avons encore souvent employé ces remèdes, si éminemment détersifs, contre d'autres ulcères cancéreux, certaines dartres ulcérées, rongeantes; des ulcérations cutanées de mauvaise nature ; des loups dévorants, voraces (lupus vorax), etc.
Si les ulcérations cutanées sont superficielles, mais néanmoins de mauvaise nature , rongeantes,