TROISIÈME PARTIE
MODE D'ADMINISTRATiaV.
On fait tremper ces substances dans un litre do vin blanc pendant vingt-quatre heures. Cela fait, on en prend trois cuillerées à bouche par jour, une malin, midi et soir, et deux heures avant les repas. Au bout de deux jours, on en prendra six cuillerées, deux malin, midi et soir ; et encore deux jours après on portera la dose à neuf cuillerées, également en trois fois. On continue ainsi si l'estomac supporte bien ce remède, c'est à dire si l'on n'éprouve point trop d'irritation dans les voies digestives, ni vomissement, ni colique trop forte, ni enfin un trop grand nombre de selles. Il faut que le nombre des garderobes ne dépasse jamais sept ou huit en vingt-quatre heures. Nous le répétons, de toute la matière médicale ce remède est pour nous le plus sûr, le plus efficace, le plus promptement et le plus constamment suivi de succès. Fréquemment il agit par les urines, c'est la meilleure voie; d'autres fois il porte son action évacuante sur le canal intestinal, et il opère par les selles séreuses ; quelquefois par ces deux voies en même temps. Dans tous les cas donc une voie éliminatoire est assurée par l'action double et combinée de ce puissant agent thérapeu-
278 THÉRAPEITÏQCE APPLIQUÉE.
tique, et le soulagement par conséquent est généralement certain. Nous pourrions citer à l'appui de cette médication un grand nombre de faits de guérison d'hydropisies passives plus ou moins générales, d'anasarques avec ou sans ascite; nous n'entendons parler ici que de l' ascite légère commençante au premier et même au second degré, et de celle qui est essentielle et survient chez les sujets jeunes et exempts de tout engorgement ou obstruction viscérale. Quant à l'ascite considérable, au troisième degré, effet ordinaire d'une affection organique abdominale grave, nous n'avons par devers nous que très peu de cas de guérisoh solide et durable : on ne sait que trop, d'ailleurs, que ces sortes de tnaîadies résistent presque toujours à toutes les médications internes,jet que pour le traitement dii est réduit à l'emploi de moyens purement mècarii(îueè, comme le bandage ou la ceinture élastique abdominale, et enfin à la ponction ou à la paracentèse. Pour les autres cas, nous les avons vils céder souvent, quoique quelques-uns d'entre eux fussent abandonnés comme incurables, hoiis les avons vus céder, disons-noUSj en moins de deux oii trois sertiaines ; c'est à dire à la deuxième bouteille de ce vin diurétique, qui ordinairement ne commence à agir qu'au second litre. Il est inutile de faire observer que dans ce genre de médication, comme dans tous les traitements ili-
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ternes actifs, il faut avoir l'œil constamment biitert sur l'état des organes digestifs, afin de suspendre, modifier, diminuer et approprier le remède h la susceptibilité des organes et à l'irritabilité des sujets 5 et par dessus tout il ne faut pas le commence!- s'il existe une nota])le irritation générale et surtout locale, c'est à dire gastro-intestinale (1). Nous appelons ce remède vin diurétique majeur par opposition à un autre d'une bien moindre efficacité désigné sous le nom de vin diurétique mineur^ dont voici la formule :
Pr. Nitrate de potasse 12gram.
Baies de genièvre (iO grani.
MODE d'administration.
On fait tremper ces substances dans une bouteille de vin blanc pendant vingt-quatre heures. yVu bout de ce temps on en prend un verre par jour en trois fois, un tiers matin, midi et soir, et une heure avant les repas. Nous employons ce vin mineur seulement contre les enflures œdémateuses des pieds et des jambes et les hydropisies commençantes.
ti) si Je vin majeiir est dîiîicllèmént strppoflô, bri peut y ajouter qhelq'ics goiittes de laiidaiiûiil â clia^ue prise.
280 THÉRAPEUTIQCE APPLIQUÉE.
Dans les cas rares où notre vin majeur demeure impuissant ou insuffisant, ou lorsque les malades éprouvent une trop grande répugnance à le prendre, nous le remplaçons par les pilules diurétiques suivantes :
Pr. Poudre de digitale 12 gram.
Scammonée 6 gram.
Scille pulvérisée 6 gram.
Extrait de genièvre, quantité suffisante pour cent vingt pilules.
MODE d'administration.
Une pilule le premier jour, deux le second, et l'on augmente ainsi la dose d'une pilule chaque jour jusqu'à six, que l'on prend en trois fois, un tiers matin, midi et soir, et deux heures avant les repas. Sur chaque dose de pilules on prendra trois à quatre cuillerées de vin blanc dans une bouteille duquel on aura fait fondre douze grammes de nitrate de potasse. Ces pilules sont encore spécialement employées dans les cas d' hydropéricarde, et alors on applique ordinairement un large vésicatoire sur la région du cœur; dans l'anasarque, suite d'af-