TROISIÈME PARTIE
fections organiques du cœur, à moins toutefois qu'il ne se rencontre un des deux cas exceptionnels mentionnés à la page 288, et enfin dans l'hydro- thorax annoncé ordinairement par l'augmentation du volume du thorax, le dccubitus sur le côté de l'épanchement, la dyspnée ou l'oppression plus ou moins considérable, la toux sèche, la matité, l'absence du bruit vésiculaire, le souffle bronchique tubaire, le tremblement de la voix ; plus l'état général, la faiblesse, la pâleur et la flaccidité de la figure, l'œdème des paupières, la petitesse et la faiblesse du pouls, la diminution des urines, etc.
Malgré l'eflicacité incontestablement reconnue de ces médications, nous devons convenir que malheureusement trop souvent les cures ne sont que palliatives et temporaires ; c'est à dire qu'elles n'ont très souvent qu'une durée de quelques mois, ou tout au plus d'un à deux ou trois ans ; et cette guérison très précaire est encore entrecoupée de fatales et fréquentes rechutes. Cette réflexion nous fait rappeler, entre un grand nombre d'autres faits, celui d'un homme atteint depuis longtemps d'anasarque et d'ascité légère qui avaient résisté à tous les traitements que les médecins de son pays lui avaient fait subir; enfin, abandonné des hommes de l'art, il se fit transporter chez nous. Quelques bouteilles de vin majeur le firent désenfler promptement, et le ma-
lade parut guéri pendant quelques mois. Au bout de ce temps, retour de l'hydropisie générale : nouvelle administration du vin diurétique suivie d' une promp1;e disparition de l'anasarque; en un mot il y eut encore plusieurs autres rechutes, mais aussi toujours efficacement combattues par le même remède.
Vers le même temp3, on nous consulta pour un homme que l'on disait être atteint d'enflure et d'iiydropisie de poitrine : on ajoutait que les médecins, après de longs et inutiles traitements, avaient fipi par l'abandonner comme un vieillard usé et aux prises avec une maladie incurable. C'était le sentiment de tout le monde. Le malade ne pouvait être transporté ; il gardait le lit, et était orthopnéique. Eii désespoir de cause, nous hasardâmes le vin majeur, après toutefois nous être enquis comme nous pûmes de l'intégrité des organes digestifs ; et sur ce que l'on nous dit que le malade ne souffrait pas du ventre, que le peu de nourriture qu'il prenait ne l'incommodait pas, qu'il n'accusait absolument qu'une extrême oppression qui ne pouvait tarder à le faire périr, et qu'enfin il n'avait pas de fièvre, le vin diurétique fut administré. Au bout d'environ une quinzaine de jours, le malade allait beaucoup mieux et se disait guéri, au point que, quelques semaines après, il vint nous voir, fit dix à douze lieues malgré son grand âge et sa faiblesse. Quelques mois après il y