‹ Thérapeutique chirurgicale des maladies du craneChapitre 20 sur 86 · RAPPORTS DU CRANE AVEC SON CONTENU · texte numérisé non relu

RAPPORTS DU CRANE AVEC SON CONTENU

naissances actuelles, nous devons appliquer la couronne de trépan pour atteindre à coup sûr telle ou telle région cérébrale?

-i" Existe-l-il un procédé de cranio-topographie applicable à la recherche des scissures, des lobes, des centres, des vaisseaux?

A, — XjGS rapports, sur le cadavre, de la boîte osseuse crânienne avec son contenu.

Je ne m'arrêterai pas à décrire les nombreux procédés inventés pour trouver ou vérifier les rapports de la boîte osseuse et de son contenu.

Broca avait établi les détails de sa cranio-topographie par la méthode des fiches, souvent utilisée depuis. Il enfonçait dans le crâne, en différents points, des tiges d'ivoire à travers de petits orifices creusés à la tarière et vérifiait quel point du cerveau avait été atteint par elles.

Depuis Broca, on a employé de nombreuses méthodes : les coupes par congélation, l'ablation de segments crâniens limités, les triangulations de la surface crânienne, les dessins superposés, l'autogravure cérébrale. La plupart de ces procédés sont compliqués; au reste, ils ont conduit ceux qui les ont utilisés à des résultats sensiblement analogues à ceux qu'avait obtenus Broca. Le mieux est souvent l'ennemi du bien. Comme Chipault le fait très judicieusement remarquer, ce qu'il faut au chirurgien, c'est bien plus un procédé simple qu'un procédé « mathématiquement exact ». Au reste, on trépane largement aujourd'hui, et l'étendue de la brèche compense facilement les quelques millimètres d'erreur que peut commettre l'opérateur dans l'appréciation préalable de sa ligne opératoire.

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.le vais moiilrer, du resle, que toutes les méthodes si précises, en apparence tout au moins, employées depuis Broca n'ont vraiment prouvé qu'une chose, c'est que si les expérimentateurs ne se sont pas trompés, il y a des variations individuelles assez considérables avec lesquelles il faut savoir compler.

Déjà A. Broca et moi, nous disions il y a quelques années :

« L'anatomiste et l'anthropologiste constatent chez les ditl'érents sujets des variations fort intéressantes. Cela déjà démontre au chirurgien qu'il doit se tenir en garde contre des mesures trop absolues. D'autre part, il serait puéril de compter en millimètres, quand on agit avec un instrument aussi large qu'une couronne de trépan. Aussi bien, est-on heureux de pouvoir se contenter d'une approximation grossière; sans cela, il serait interdit de se déclarer partisan d'une opération qui doit se vulgariser. Il faut seulement savoir tenir compte de quelques difilerences chez l'enfant et chez l'adulte, car la topographie cranio-cérébrale ne devient lixe que de treize à dixsept ans ; il faut aussi opérer autrementchez la femme que chez l'homme. »

Mais avant d'aller plus loin, il importe que je rappelle la nomenclature des quelques points de repère -de la coque crânienne sans la connaissance des(iuels les descriptions qui vont suivre seraient inintelligibles. Ces repères sont: le point sus-nasal, la glabelle, la bosse frontale, le bregma. le sléphanion, l'angle orbilo-temporal. le tubercule rélro-orbilaire, l'angle orhilo-zygouudique, la dépression ])ré-auriculaire, l'apophyse zygomatique, le méat autlilil, l'astérioii, 1(> lambda, l'inion. La ligure ci-jointe, empruntée à Chipault, indiquera au lecteur, nueux

lîAPPOHTS OSSEI X DES SCISSURES ET DES SILLONS 41

que loute description, la lopographie de chacune de ces régions; au reste, j'y reviendrai plus loin.

Voyons maintenant les rapports avec la boite crânienne : 1° des scissures et des sillons; 2" des lobes et des circonvolutions; 3° des ganglions centraux et des ventricules ; du cervelet; 5" des vaisseaux.

Bregma

Fig. 6. — Points de repère de la surface du crànc, d'après Cliipault.

1° Rapports osscnx des scissures el des sHIous.

a. Scissure de Rolande. — Elle n'est point parallèle à la suture fronto-pariétale. Son extrémité supérieure est en arrière du bregma à 47 millimètres (Broca), 48 (Hel'ter, Féré, Poirier), 49, .j (l)ebierre), 5:1 (Turner) 55 (Lucas-Championnière). Son extrémité intérieure est à '•IH millimètres en arrière de la suture.

Chez la femme, les chilfres tombi-id à i5 pi)ur le haut, (d 27 pour le bas.

b. Scissure de Sylvius. — Elle « comincnco sous

l'aile du sphénoïde et se relève pour atteindre la suture lemporo-pariétale au niveau de laquelle elle émet ses deux branches. Puis elle suit, sur une longueur de 4 centimètres, la courbe ascendante de la suture écailleuse qu'elle abandonne pour se porter en haut et en arrière et se terminer un peu au-dessous et en arrière de la bosse pariétale » (Poirier). MM. Debierre et R. Le Fort la font passer à 5 millimètres au-dessus de la suture écailleuse. Pour Le Fort, elle commencerait à 5 millimètres en arrière du ptéryon et à 27 millimètres en arrière de l'apophyse orbitaire externe. Son extrémité postérieure se trouve sur une ligne qui réunit le sommet de la scissure de Rolando à l'astérion. La branche ascendante quitte la sylvienne au point de rencontre des sutures écailleuse etsphéno-pariétale et reste, suivant Hefter, parallèle à la suture coronale, tandis que, pour Horsley, elle prolonge en haut et en avant la direction de la suture sphéno-squameuse.

c. Scissure perpendiculaire externe. — Dirigée suivant une ligne allant du lambda à l'astérion, elle est sous-jacente au lambda et quelquefois située de 2 à 5 millimètres en avant.

d. Sillon parallèle temporal. — 11 est parallèle à la sylvienne, et à 12 ou 45 millimètres au-dessous.

e. Sillons pré- et rétro-rolandiques. — Ils sont parallèles à la scissure rolandique et à 2 centimètres d'elle, l'un en avant, l'autre en arrière.

2° Itapporls osscax des lobes et des cîrconvolnlioiis.

Voici ce que dit Poirier :

« La détermination des lignes précédentes permet, à un centimètre près, de dessiner sur l'exocràne le

KAl'l'ORTS OSSEUX DES LOBES ET DES CIRCONVOLUTIONS 43

coiilour des lobes cérébi-aux, sauf en ce qui concerne le bord inférieur des lobes frontal, temporal et occipital. Je me suis attaché à tixer ce dernier point.

« Le bord inférieur et externe dnlobe frontal s'élève de G à 12 millimètres au-dessus de la moitié externe de l'arcade orbitaire, il se relève un peu (8 àlo millimètres) au niveau de l'apophyse orbitaire externe, tandis que, en dedans, il s'abaisse et répond à peu près à la suture fronlo-nasale.

(( La pointe mousse du lobe temjwml, logée dans l'excavation sphénoïdale, est à lo millimètres en arrière du bord externe de l'apophyse orbitaire et à 2 centimètres au-dessus de l'apophyse zygomatique. A partir de cette pointe, le bord inféro-ex-terne du lobe temporal descend en bas et en arrière vers le méat auditif et affleure le bord supérieur du zygoma, au droit de la cavité glénoïde ; puis il se relève légèrement, passe de 4 à 10 millimètres au-dessus du trou auditif externe et reste très obliquement ascendant jusqu'au bord postéro-supérieur du rocher; à parlir de ce dernier point, il devient très oblic[uement descendant et se prolonge jusqu'à l'inion, sous le nom de bord inférieur externe du lobe occipHal.

« Les lignes sylvienne et rolandique, faciles à tracer, établissent les limites antérieure et inférieure du lobe j^ciriélal; mais les rapports des principaux territoires de ce dernier lobe ne peuvent être déterminés à l'aide de ces seules données. J'ai réussi à préciser leur situation, par rapport à la boîte crânienne, il raid<! d'une ligne latérale naso-lambdoïdienne. Cette ligne, menée parla suture fronto-nasale (ît le lambda, passe à G centimètres au-dessus du trou auditif externe.

« En parlant du lambda, on trouve sur cette ligne :

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