‹ Thérapeutique chirurgicale des maladies du craneChapitre 24 sur 86 · I. — Instruments, leur description et leur manœuvre · texte numérisé non relu

I. — Instruments, leur description et leur manœuvre

A côté des instruments spéciaux appelés trépans, il en existe d'autres qui sont destinés soit à créer l'orifice osseux, comme les trépans eux-mêmes, soit à l'agrandir, soit encore à faire de larges résections. Tous ceux-ci sont, pour la plupart, des instruments de chirurgie générale modillés et adaptés aux besoins de la chirurgie crânienne,

A. — Les Xi'épans.

Les trépans sont, à proprement parler, des scies circulaires mises en mouvement par des mécanismes variés.

On peut les diviser en deux groupes, suivant que le point d'appui de l'instrument est central et porte «ur la pièce osseuse à enlever, ou bien au con-

LKS INSTRUMENTS ' 6b

traire (ju'il est périphérique et porte sur l'os en dehors de la couronne elle-même.

a) Trépan à arbre. C'est rinslrumcnt de Bichat. Il est formé d'un vilebrequin dont la mèche se compose de deux pièces : 1° une tige perforatrice ou pyramide, s'enfonçant dans l'os et servant de point d'appui ; 2° une couronne ou scie circulaire, qui est montée sur la pyramide, et qui peut se fixer à différentes hauteurs de ta lige. Les dents de la couronne sont orientées pour ne scier que dans une seule direction. Charrière a fait du trépan un instrument abaptiste en y ajoutant un curseur mousse qu'on peut relever ou abaisser à volonté et qui limite la pénétration de la couronne; mais M. Lucas- Championnière a supprimé ce curseur, ce qui n'est peut-être pas sans quelque danger dans les mains d'un chirurgien un peu brusque.

Le Farabeuf décrit ainsi la manœuvre de cet instrument : « Pour se servir de cet instrument, ditil, l'opérateur place d'abord le curseur limitatif de la pénétration à une distance en rapport avec l'épaisseur qu'il suppose à l'os à trépaner. Mais il reste en deçà du nécessaire probable, remettant à plus tard de donner 1 ou 2 millimètres de liberté de plus à la scie. Puis, ayant fait saillir la pyramide de quelques millimètres, il l'applique au point voulu, bien perpendiculairement à la surface, et tourne dans le bon sens, déterminé d'avance par l'examen de la denture de la couronne. L'instrument ne doit pas osciller ; la main gauche de l'opérateur tient la palette et fournit appui au menton qui lui donne la lixiié. La inam droite, après avoir posé la pointe de la pyramide sur le point désigné, a donc saisi la boule et tourné jusqu'à ce que ta couronne elle-même ait atteint la

LES OPÉRATIONS SUH LE CRANE

surface osseuse el tracé sa voie à une profondeur suffisante pour pouvoir se passer désormais de l'axe formé par la pyramide. II faut en effet faire rentrer celle-ci, qui jusqu'à présent débordait; sans quoi elle pénétrerait dans le cerveau. On 1q fait rentrer à.

Fig 10. — Trépan de Cliarrière avec sa coaroune (d'après CInpault).

plusieurs centimètres, c'est-à-dire que l'on fait descendre la couronne d'autant, afin de faire place dans sa cavité au petit piton à vis conique qu'il faut dès à présent implanter dans le trou central creusé pàr la pyramide. Quand ce piton à vis est solide en place, en reprend la trépanation : le bruit de l'instrument renseigne sur la compacité du tissu osseux, mais il

Page 1