‹ Thérapeutique chirurgicale des maladies du craneChapitre 27 sur 86 · II. — L'opération · texte numérisé non relu

II. — L'opération

A.. — Soins préliminaires.

Avant la trépanation plus qu'avant toute autre opération, il importe de préparer le champ opératoire et de donner tous ses soins aux manœuvres préliminaires que nécessite une intervention chirurgicale sérieuse.

La veille, ou immédiatement avant l'intervention, s'il s'agit d'une opération d'urgence, la tête doit être rasée, largement et fortement lavée au savon, puis frottée avec la brosse stérilisée dans l'eau bouillante. Le dégraissenient est assuré par l'élher ou, mieux encore, par l'alcool; on fait ensuite une lotion

LES OPÉRATIONS SUR LE CRANE

avec une solution de sublimé ou bien avec une solution de cbloral, en ayant soin d'éviter les yeux; ceux-ci, à la rigueur, seront lavés avec l'eau boriquéc, ainsi que le conduit auditif, si on opère dans -le voisinage des uns ou de l'autre.

Il va sans dire que, si l'opération ne doit être faite que vingt-quatre ou quarante-huit heures plus tard, il faut entourer la tête d'un pansement pour occlusion fait avec des compresses de gaze trempées dans une solution de chloral, de sublimé ou d'acide borique. Ce pansement devra n'être retiré qu'au moment de l'opération.

Il est utile de marquer avec un crayon de nitrate d'argent les points de repère sur les parties molles. Horsley les prend dès la veille. Roswell Park et beaucoup d'autres ne les cherchent qu'au moment d'opérer, mais prennent le soin d'enfoncer à travers les téguments un instrument piquant qui marque définitivement sur l'os le point exact où ils ont décidé de trépaner: c'est là une bonne précaution; grâce à elle, le chirurgien ne risque pas de s'égarer après l'incision des parties molles ; il y gagne souvent de la sécurité, et toujours du temps.

B. — Anestliésîe.

Il n'y a pas d'agent anesthésique spécialement indiqué pour les opérations de cliirurgie crânienne. Chacun d'eux, éther, chloroforme, bromure d'éthyle, conserve dans l'espèce ses avantages, ses inconvénients et ses dangers habituels. Deavcr et quelques autres commencent l'anesthésie avec le chloroforme, puis la continuent avec l'élher: cette méthode ne me paraît pas avoir d'avantages particuliers. Les injec-

L UPEKATION '

lions préalables d alropomorpliine ont été for! vantées i>ar Hoi-sley et Schœfer, mais leur usage ne s'est pas généralisé. Pas plus ici qu'ailleurs le dernier mot n'est dit sur la dimcile question des anesthesiques; de nos jours encore, h Paris tout au moms, c'est le chloroforme qui tient la corde; celui-ci me parait, tout bien considéré, infiniment supérieur a tous les autres, surtout si l'on prend soin, quelques instants avant l'opération, de soumettre le malade à l'intluence d'une injection sous-cutanée de sulfate de spartéine.

Enfin, disons qu'on a pu opérer plusieurs fois des blessés sous l'anesthésie cocaïnique, ou même pendant le sommeU hypnotique ; mais ce sont là des méthodes applicables seulement à des cas particuliers.

Au moment où on met à nu les méninges, le sommeil du malade devient plus profond ; il est alors plus indispensable que jamais de bien surveiller l'anesthésie.

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