‹ Thérapeutique chirurgicale des maladies du craneChapitre 40 sur 86 · V. — Des traumatismes · texte numérisé non relu

V. — Des traumatismes

A. — Des tr»umatisiiies <let« parties molles.

Les traumatismes du crâne présenlenf chez l'enfant quelques particularités qu'il n'est pas possible de passer sous silence ; pour une grande part, ils sont une conséquence plus ou moins proche de la dyslocie. Tels se présentent :

1° La Bosse séro-sanguine, épanchement souscutané produit par la compression exercée, au niveau de l'orifice du col utérin, sur la partie centrale du crâne pendant un travail prolongé.

2°LeCéphalématonie, épanchement sanguin souspérios tique dû, sans doute, à une fracture obstétricale.

3° La Céphalhydrocèle traumatique, épanchement de liquide céphalo-rachidien venu à la suite d'une disjonction suturaire ou d'une fissure osseuse.

Quoique chacune de ces lésions soit presque exclusivement l'apanage de la jeune enfance, j'en réserve l'étude pour le moment où j'étudierai, en ce qui concerne l'adulte, les épanchements péricraniens d'origine traumatique ; ainsi la méthode didactique de ce manuel sera mieux observée.

Pour le moment, je veux simplement parler des fractures du crâne chez l'enfant, des caractères particuliers qu'elles présentent au clinicien et de la thérapeutique dont elles sont justiciables.

B. — Des rractui-es.

Les fractures du crâne de l'enfant forment trois variétés qu'il importe de distinguer : 1° les premières

DES TltAUMATlSMES

sont des fraclLires de la gestation ; 2° les secondes sont dos fractures de la parturition ; 3» les troisièmes sont des fractures accidentelles du jeune âge.

A. — Fractures de isi gestation. — Si les déformations du crâne par compression intra-utérine (aplatissement, dépression) sont fréquentes chez le nouveau-né, les fractures, au contraire, y sont rarement observées. Il en existe cependant: des coups reçus par la mère, des chocs, des chutes, à la rigueur des contractions utérines les peuvent produire sur des sujets prédisposés par la syphilis ou la tuberculose héréditaires, le rachitisme intrautérin. En règle, il n'y a rien à faire. Le cas échéant, j'imiterais volontiers la conduite de Boissard dont je vais avoir à parler à propos des fractures de la parturition.

B. — Fractures de la parturition. — Si complaisante que soit la boîte crânienne du fœtus, puisque les os qui la composent s'allongent, s'infléchissent, chevauchent, basculent, elle ne saurait pourtant accommoder en tous cas son élasticité aux brutales épreuves de l'application du forceps au détroit supérieur. C'est lui, ce forceps, qui est le grand facteur des fractures crâniennes de la parturition : 400 l<ilogr. de pression sur la tête fœtale pour une traction de AO kilogr. ! ! Ce n'est pas, cependant, qu'en dehors de l'application du forceps les fractures, fêlures et enfoncements du crâne ne puissent exister sur l'un des pariétaux ou des frontaux d'un fœtus qui traverse l'étroite libère d'un bassin fra|)pé d'angiistie rachitique ; des lésions

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de celle nalure ont élé, je le sais, signalées de vieille date ; mais elles constituent l'exception.

Très fréquentes autrefois, encore trop fréquentes aujourd'hui, les fractures du crâne de la parlurilion disparaîtront bientôt, il faut l'espérer, du cadre de la pathologie, quand les accoucheurs, enfin convaincus par les démonstrations si rigoureuses du P' Farabeuf et revenus des vieux errements, sauront — et le jour est, sans doute, proche — mettre en pratique sans hésitation la formule que voici du

Pinard et de son élèveVarnier : « Si dans un rétrécissement pelvien rachitique l'accouchement ne se fait pas spontanément, il faut avoir d'emblée recours à la symphyséotomie. »

Mais que faire en présence d'une fracture crânienne post-partum? Rien, si la fracture est fermée et si l'enfant ne présente aucun accident. Appliquer un pansement désinfectant si la fracture est ouverte. Relever le fragment enfoncé s'il y a des signes de compression cérébrale. Ainsi se comporta naguère Boissard, qui « lit une boutonnière à la lame fibreuse qui réunit le frontal au pariétal, et, introduisant par cette ouverture une sonde cannelée légèrement recourbée, atteignit, en rasant la face interne du frontal, la partie déprimée qu'il releva progressivement », ranimant ainsi l'enfant qui se mit à respirer et survécut.

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