C. — Fractures accidentelles de l'enfance. — Les
fractures du crâne chez l'enfant sont presque toujours limitées à la voûte: c'est que, chez lui, les os sont séparés par des sutures et forment des pièces distinctes, disposition (fui ne permet pas au trait de fracture de se propager de la voûte à la base, ainsi
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que cela se produit ordiuairement chez l'adulte. Aussi u'observe-t-ou chez lui les fractures de la base du crâne qu'à la suite des traumatismes très violents; elles sont alors, et cela se conçoit, d'une exceptionnelle gravité et la chirurgie est tout à fait impuissante contre elles.
Il est remarquable, par contre, que les fractures de la voûte sont tout à fait bénignes, au moins quand elles sont fermées, et que le cerveau de l'enfant ne paraitpas souffrir au même titre que celui de l'adulte de la compression exercée sur lui par les fragments déprimés; des accidents ultérieurs sont cependant possibles, quoique, à la vérité, assez rares.
Aussi la conduite du chirurgien, dans le cas d'une fracture fermée, n'est-elle pas facile à formuler. S'il n'y a aucun trouble d'irritation cérébrale, le mieux est peut-être de s'abstenir, tout en se tenant prêt pour l'action au premier signal. Si, au contraire, il y a réaction de la substance grise, il faut opérer. On trépane alors, on relève les fragments, on enlève les esquilles. H y a trois ans, j'ai ainsi proposé l'intervention hâtive pour un enfant de sept ans qui, dans une chute, s'était fait un très sérieux enfoncement du crâne et présentait des convulsions de la face et du cou. La famille n'accepta pas l'opération. Trois jours après, tous les accidents avaient disparu. L'enfant se porte actuellement à merveille; -son crâne présente une large dépression.
Il est bien entendu que si la fracture est ouverte, l'intervention s'impose : on agrandit la plaie des ■ téguments, on désinfecte, on relève les fragments, •on régularise la fi'acture, on draine et on suture.