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CHAPITRE DEUXIÈME

THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE DES AFFECTIONS TRAUMATIQUES DU CRANE CHEZ L'ADUTE

I. — Traumatismes des parties molles ; traumatismes des os sans solution de continuité.

A. — Contusion simple tles parties molles

La contusion des parties molles détermine sur le crâne, comme en tous les points du corps, une ecchymose ; mais la résistance que l'os sous-jacent oppose à l'agent traumatique facilile l'écrasement et la déchirure des vaisseaux. Suivant les cas, on a affaire à un hématome sous-cutané : tuméfaction plus ou moins diffuse, peu douloureuse, résistante et dure (G. -Marchant), ou à un hématome sous-aponévrotique : tuméfaction localisée, circulaire, présentant un rebord périphérique induré et une partie centrale dépressible à travers laquelle on peut arriver à sentir la résistance de l'os intact.

L'hématome sous-cutané s'étale et disparaît rapidement; les collections profondes sont plus lentement et plus difficilement résorbées ; par une plaie minime se fait quelquefois l'infection de l'épanchement : l'hématome se transforme alors on abcès.

a) En l'absence d'excoriations, toute la thérapeutique, au moins si l'hématome est petit, doit se borner à la compression ouatée.

CONTUSION DES TKG L'MENTS ET DES OS l-io

h) Quand la collcclioii <'sl li'ès volumineuse, quelques ciru'urij;iens conseillenL la ponclion. Kouiig la repousse ronnelleinenl. Il n'y a ni j^rand inconvénienl à la pi'ali(iuer, ni ii,-vand mal à laisser les choses en l'élal. Le mieux esl, je crois, de comprimer et d'allendre ; si la coUecLion esl résorbée trop lentemenl, je pense que l'incision aseptique, avec nellova^-e do la cavité, est la mélliode de choix.

c) S'il existe des excoriations cutanées, il i'autraser le cuir chevelu et appliquer sur lui un pansement antiseptique humide et compressif.

d) Si, enfin, se produisent des signes de suppuralion, voici les indications : ouvrir largement, vider le foyer, établir un drainage. En opérant hâtivement, on parera les deux grands inconvénients de la suppuration, l'érysipèle d'abord, et aussi la méningile, due, dans le cas particulier, ù la migration des germes le long des vaisseaux du diploé. Les incisions doivent être faites, autant que possible, dans une direction parallèle à celle des vaisseaux: elles seront donc parallèles à la suture sagittale.

B. — Contusion des os

La contusion peut, même sans produire une plaie cutanée, frapper l'os. S'il se déclare une ostéite, c'est vers le dixième ou le (piinzième jour que se manifestent les signes de réaction inOammatoire, en même temps qu'apparaissent les symptômes nerveux, témoins de la pi'opagation de l'infection aux méninges et au manteau cérébi-al.

a) Dès l'apparition des phénomènes généraux, il faut incis(!r largement la région contuse, désinfecter le foyer, Irépaner s'il y a des signes d'ostéite.

TRAITEMENT DES jMALADIES DE l'aDULTE

inciser la dure-mère si on a quelque i-aison de craindre une collection cérébrale. Il peut se faire que les symptômes nerveux observés ne soient pas en rapport avec le siège de la contusion des téguments. Dans ce cas, s'il n'y a pas de signes de lé.sion en foyer, il y a souvent intérêt à faire une trépanation sur le point du crâne directement opposé à celui sur lequel a porté le traumatisme.

b) Quelquefois, une guérison apparente survient en dehors de toute action chirurgicale, mais il persiste des troubles divers, surtout de la céphalée. Dans ce cas, on est autorisé à pratiquer une trépanation tardive. Il n'est pas même nécessaire, ordinairement, d'agir sur les méninges ; la douleur dépend de l'ostéite ; la simple trépanation osseuse la guérit.

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