C. — I*laîes des téguments
En dehors des piqûres et coupures nettes qui n'ont ici aucun caractère spécial et qui sont, on peut le dire, l'exception, le médecin est souvent appelé à soigner des plaies irrêgulières, conluses, déchiquetées, à lambeaux détachés et llottants, à périoste décollé; presque toujours, ces plaies saignent abondamment.
De ce qui concerne l'hémorrhagie j'ai peu de choses à dire: si les artères sont assez volumineuses, il faut les saisir avec une pince mordant en masse toute l'épaisseur de la tranche des téguments; si elles sont petites, elles font ordinairement elles-mêmes, par la mise en œuvre de leurs éléments contractiles, leur hémostase spontanée, ou, tout au moins, cessent de donner du sang dès qu'elles
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sonL enserrées par les lils de la suture. Voici un procédé simple et bou, qui réussit bien quaud le vaisseau, s'enfonçant dans l'épaisseur du lambeau, échappe à la prise des pinces hémostatiques : on enfonce, par la face profonde du lambeau, une petite aiguille à courbure accentuée ; cette aiguille passe sur un flanc de l'artère, la contourne du côté du derme et revient sur le liane opposé du vaisseau, conduisant avec elle l'anse d'une soie ([u'on a glissée dans le chas; il n'y a plus qu'à serrer et à ligaturer les deux chefs de cette soie.
L'hémorrhagie arrêtée, se pose la question du traitement de la plaie. Il va sans dire qu'avant lout s'impose le « rasage n , le « savonnage » , le « brossage » de la tôle; puis il faut, par de grandes irrigations, déterger la blessure et la débarrasser de tous les corps étrangers qu'elle contient (sable, cheveux, graviers, etc.). Tout cela est simple quand le patient a eu la bonne fortune de ne pas traverser l'oITicine du pharmacien hématophobe ; mais ciuelle peine n'est-on pas obligé de prendre quand une ou plusieurs applications de perchlorure de fer ont a englué » les cheveux et la plaie de larges caillots adhérents !
Pour une foule de raisons, l'on peut dire que, dans la grande majorité des cas, le chirurgien, quelques soins qu'il ait apportés au pansement, n'est pas en droit de faire fonds sur l'état aseptique de la plaie (il va de soi que je n'entends pas parler ici de ces petites solutions de continuité à bords nets, peu profondes, (|ue ni le sol ni les mains de dangereux bienfaiteurs n'ont infectées). Aussi l'indication formelle est-elle d(! ne pas enfermer le loup dans la bergerie. Je veux (lir(! par lii qu'il faut, après avoir relevé le
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périoste s'il est décollé eL, au besoin, l'avoir maintenu en place par un ou deux fils de catgut, ne point pratiquer l'occlusion complète de la plaie. Si les bords en sont réguliers et peu mâchés, qu'on en fasse la suture, mais sous l'expresse condition de placer un drain qui sortira par l'angle le plus déclive; si, au contraire, les lèvres du lambeau sont fortement contusionnées, déchiquetées, il importe qu'elles soient seulement rapprochées l'une de l'autre par quelques points de suture « rétinitive », ainsi que disait le P'' Verneuil; on ne gagne pas seulement de la sécurité, on gagne encore du temps à ne pas vouloir ici tenter une réunion par première intention.
Quant au pansement, je n'en dirai rien. Les uns préfèrent le pansement humide ; les autres le pansement sec. Personnellement, je crois le pansement sec supérieur tant qu'une plaie n'est pas enflammée, même quand elle suppure. Je conseille donc l'ouate stérilisée et la gaze naphtolée; mais je conseille surtout la compression ; panser béant (je parle, bien entendu de la plaie), panser propre et panser serré : tout est là.
Je n'ai pas dit qu'à la faveur de celle plaie aux lèvres écartées, s'imposait, avant toutes choses, au chirurgien, l'examen attentif des os crâniens sousjacents : cela saute aux yeux.