‹ Thérapeutique chirurgicale des maladies du craneChapitre 46 sur 86 · I. — Troubles cérébraux à manifestations diffuses · texte numérisé non relu

I. — Troubles cérébraux à manifestations diffuses

Vai rùgle générale, c'esl ici l'absLciiLion qui s'impose. On se borne à employer, en les associant de diverses manières, le repos, les dérivalifs, les sLinmlants, les cxcilalions de la peau el des muqueuses, l'application de vessies de glace sur la téte el, dans certains cas, les émissions sanguines locales et la saignée générale elle-même.

Mais, à côté de ces cas — les plus nombreux— où l'on ne peut faire raisonnablement appel qu'au traitement médical, il en est d'autres où se pose la question d'une intervention chirurgicale, je veux parler de ceux où l'on découvre sur le blessé une fracture avec enfoncement.

S'il s'agit d'une fracture fermée, le mieux est, diton, d'attendre ; je crois, en effet, qu'où n'aurait grand bénéfice à trépaner ni les blessés atteints d'une fracture à grand fracas, ayant endommagé le crâne sur une assez vaste étendue, ni ceux chez lesquelles se manifestent des symptômes cérébraux diflus et contradictoires. Dans le premier cas, l'opéralion est très grave; dans le second il y a bien des chances pour qu'elle ne conduise à rien. Il vaut mieux temporiser. C'est bien aussi l'opinion de Kœnig :

« L'apparition des phénomènes diflus serait, dans les cas de fractures avec enfoncement, rarement due à la dépression osseuse. Lorsque c'est la conqiression oss(!Use (|ui est en cause, la guérison spontanée est la règle ; anssi devra-t-oii liésit(!r longtemps avant d'iiitci'vcnii', sauf si la perle de connaissance devi(mt (h; plus en plus complète (il le. pouls de plus i-n plus ralenti. Mors seulenu'nt on pouri'a considérer

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comme pleinement justifiée une opération qui est probablement la dernière chance de salut pour le blessé. »

Mais, si la fracture est compliquée de plaie, oh est, dans la plupart des cas, autorisé à opérer. Il ne s'agit pas, dans l'espèce, de pratiquer une trépanation en règle ; il faut, ainsi que dit Bergmann, « couper, égaliser, enlever, réparer et polir » ; c'est, en d'autres termes, une opération « régulatrice » qu'on entreprend, et pour laquelle il convient de réduire le traumatisme chirurgical au minimum.

Si le coma n'est pas une contradiction formelle à l'intervention, au moins faut-il savoir s'abstenir lorsque « les désordres sont trop éteudus et trop graves, lorsque le blessé est dans un tel état que toute intervention est au-dessus de ses forces :> et qu'il n'y a aucun rapprochement à établir entre la nature des troubles encéphaliques et le siège du traumatisme. Én dehors de ces cas, il me parait raisonnable de trépaner : car si, pour les fractures fermées, la main du chirurgien est arrêtée d'une part par les impressionnantes guérisons spontanées qui surviennent de temps à autre et, d'autre part, par la crainte de n'avoir rien d'utile à faire pour les fractures ouvertes, au contraire, la nécessité de désinfecter le foyer et de parer préventivement des accidents secondaires doit encourager à l'action.

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