‹ Thérapeutique chirurgicale des maladies du craneChapitre 71 sur 86 · III. — Lésions des méninges et du cerveau · texte numérisé non relu

III. — Lésions des méninges et du cerveau

Des maladies in Qammatoires aiguës des méninges et du cerveau, je n'ai rien à dire ici. Je me suis assez nettement expliqué, je crois, des indications opératoires dont elles peuvent devenir l'objet à propos des abcès crâniens, pour ce qui regarde les inflammations circonscrites, et à propos des lésions inflammatoires de l'enfant, en ce qui concerne les méningites aiguës métastatiques et tuberculeuses. A cet égard, le moment est venu de donner l'explication d'une apparente omission qu'on aura pu constater à la lecture de ce livre : je n'y ai pas parlé des encéphalopathies de l'enfance. Ce n'est point là un oubli. L'histoire des encéphalopathies infantiles est encore bien obscure; sous ce nom, les neuropathologistcs décrivent des lésions très, variées et très difTérentes. Li' monioni nu^ paraît d'autant moins

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venu d'eu faire enlrer la descnplion dans un Lraité comme celui-ci, qui est de cavaclère pratique, que jusqu'à ce joui- la chii'urgie s'est montrée tout à fait impuissante, je ne dis pas seulement à les guérir, mais à les améliorer sensiblement.

Restent donc seulement la paralysie générale et l'épilepsie.

A. — Paralysie générale cl psychoses

Je n'ai pas besoin de dire que l'idée est venue à plusieurs chirurgiens de traiter la paralysie générale par les méthodes chirurgicales décompressives, et pas besoin d'ajouter, je pense, qu'à chaque opération a répondu un insuccès. Pour l'effet souhaité, on a ponctionné l'espace arachnoïdien lombaire, ouvert le crâne avec plus ou moins d'audace, réséqué la dure-mère, ponctionné les ventricules ; le résultat ne s'est jamais démenti : il a toujours été nul.

Je pense qu'il vaut mieux ne pas tirer de l'oubli les tentatives opératoires dirigées contre les Psychoses. Malgré tout, il faut bien, à propos de folie, dire un mot\lu rêve de Burckhardt, lequel a espéré guérir des malades en leur « enlevant de longues lanières corticales et en coupant ainsi les voies qui transmettent les impressions pathologiques provocatrices de l'affection aux centres d'idéation. »

L'opération édifiée sur cette surprenante conception a été exécutée six fois; il est regrettable qu'elle ne soit pas demeurée à l'état psychique.

B. — Epilepsie.

Dans les chapitres que j'ai consacrés aux enfoncements du crâne, aux épanchemcnts sanguins, aux

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abcès encéphaliques, à l'épilepsie IraumaLique, j'ai parlé des convulsions jaksoniennes el de la thérapeutique qui leur convient. lime reste à l'aire le traitement des épilepsies toxiques, des épilepsies réflexes (lesquelles, du reste, rentrent les unes et les autres dans le groupe Bravais- Jackson) et de l'épilepsie essentielle ou mal comitial.

C'est du traitement médical que sonl exclusivement justiciables les épilepsies toxiques (alcool, plomb, acétone, urée).

h'épilesie réflexe reconnaît de nombreuses et multiples causes : elle est traumatique ou spontanée. Traumatique,elle résulte d'une cicatrice douloureuse ou de la présence d'un corps étranger dans une région quelconque de l'économie, le crâne et la face en particulier. Spontanée, elle peut être la conséquence de lésions périphériques diverses, parmi lesquelles les maladies des organes génitaux et les affections des cavités faciales (dents cariées, lésions de l'oreille, polypes des fosses nasales) semblent tenir le premier rang.

Pour le traitement de l'épilepsie réflexe d'origine traumatique il faut, évidemment, détruire la cicatrice douloureuse ou extraire le corps étranger.

Pour celui de l'épilepsie spontanée, il convient de soigner ou d'enlever l'organe malade (testicule, ovaire), mais je dois dire qu'il est facile ici de tomber dans l'exagération, et qu'on ne doit se livrer à ces éradicalions splanchniques que sous le couvert d'une formelle constatation de lésions indiscutables.

C'est surtout à propos du traitement de l'épilepsie vraie, du mal comitial, que s'est exercé le génie chirurgical.

On a diminué la pression intra-cranicnne par la

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résection du crâne, suivie de l'ouverture de la dureluère, ou par la ponction lombaire : résultai nul.

On a modifié les conditions de la circulation cérébrale par la ligature des vertébrales et des carotides, ou bien par la résection du sympathique cervical : on n'en parle plus.

On a castré quelques hommes et infiniment de femmes : il n'y aurait, celte fois, que trop à. en parler...

Avec ou sans leurs organes génitaux, avec ou sans trou dans le crâne, avec ou sans plaie dans le cou, les épilepliques sont restés des épileptiques.

Il va sans dire que si les crises d'une épilepsie bien étudiée se comportent d'une manière identique à celle de véritables attaques jaksonniennes, malgré qu'on n'en trouve nulle part la cause, la trépanation est indiquée là où siège le centre qui commande à la région musculaire d'où part régulièrement l'aura.

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