Pachyméiiingitc hémorrhagîquc
Sous ce nom, on décrit une méningite chronique caractérisée par la formation, sur la face interne de la dure mère, de néomembranes d'abord minces et transparentes, puis épaisses et stratifiées. Ces néomembranes donnent quelquefois lieu à des hémorrhagies situées entre la dure-mère et l'arachnoïde. Les néomembranes d'une part el les caillots, de l'autre, exercent sur les circonvolutions une compression qui, suivant les cas, donne lieu à des symptômes diffus (vomissements , somnolence, coma, céphalalgie, incontinence d'urine) ou à des symptômes de lésion en foyer (hémiplégie, monoplégie, aphasie.)
Il n'y a rien à tenter dans le premier cas. Dans le second, il me paraît qu'on est autorisé, si l'état général n'est pas trop mauvais, à intervenir par la trépanation, l'évacuation et, s'il le faut, la résection dure-mérienne ; quelques observations sont à cet égard encourageantes.
n. — Uciuorrhagie cérébrale.
Voici comment Chipault termine son article du Traité de chirurgie clinique et opératoire :
TUAITEMK.NT DES LÉSIONS VASCULAIRES ET TROPllIQUES 207
1" « Ou liera la carotide aux individus qui ont eu de légères hémorrhagies cérébrales pour en éviter de plus graves.
2° « On ouvrira, évacuera et tamponnera sans attendre les foyers hémorrhagiques chez les individus qui, sans avoir eu d'ictus ou après un ictus léger, présentent une hémiplégie dont l'intensité s'accroît lentement ou par saccades ; dans ce but, on interviendra au niveau de la zone motrice, en allant jusqu'à la capsule externe : si l'intervention trouve le foyer, elle pourra fort bien limiter les lésions aux lésions immédiates et supprimer les lésions secondaires, compressives ou destructives ; si elle ne trouve rien, elle aura appris, sans rien aggraver, qu'il s'agit d'une hémorrhagie des noyaux gris ou du bulbe, contre laquelle on ne peut décidément rien ».
Pour ce qui est de la ligature des carotides, j'avoue que les conseils de Chipault me trouvent un peu sceptique. Est-il vraiment possible d'édifier paredle conduite thérapeutique sur ce fait que Dercum et Kun « ont employé deux fois, dont une avec succès, cette ligature des carotides dans des hémorrhagies en voie d'évolution »? Mais qu'appelle-t-on ici le succès? Quel élément permet d'apprécier ce prétendu succès ? Sur quoi juge-t-on ? C'est sans doute qu'un des deux opérés n'a plus présenté de nouvelle hémorrhagie ? soit. A ce compte, que de malades pourraient plaider pour l'abstention !
En ce qui concerne l'évacuation des foyers hémorrhagiques, je ne puis dire qu'une chose : c'est que, pour le moment tout au moins, les recommandations de Chipault heurtent ce que je connais de l analomie pathologique des hémorrhagies cérébra-
208 ■ MALADIES llE l'aDLU'E
les cL que je ne me sens aucun goùl à les niellre en pratique. «Elles paraîLronl cerlain(;inont beaucoup moins audacieuses dans quelques années qu'elles ne le paraissent aujourd'hui», ajoute l'auteur. Je ne dis pas non et je désire, sans trop y compter, que d'aussi belles espérances se réalisent au plus tôt.