I. — Des tumeurs vasculaires
A. — Anévrysmc artériel. — ÂlTectiou rare siégeant presque exclusivement sur l'artère temporale. Le meilleur traitement à lui appliquer est, à n'en pas douter, l'excision du sac avec ligature des deux bouts du vaisseau. Au malade qui ne voudrait pas entendre parler d'opération, ou bien au chirurgien qui ne la voudrait pas entreprendre, je conseillerais la compression digitale ou la compression par une bande fortement appliquée sur un tampon d'ouate
THAITliMENT DES NÉOPLASMES
tassée. La pi'()\iiiiiLé du plan osseux donne ici à ces mélliodes simples cei'Laiues chances d'effîcacilé.
B. — Aiiévrysiiic artcrîo-veiiiPuv. — Tout à faiL exceptionnel, l'anévr^'sme arLério-veine.ux du crâne réclame, plus encore que l'anévrysme simple, l'extirpation du sac après ligature des vaisseaux en dessus ët en dessous de celui-ci.
c. — Anévrjsmc cîi-soïdc. — Je ne Saurais mieux faire que de transcrire ici le judicieux sentiment de Kœnig :
« Parmi toutes les méthodes de traitement proposées contre l'anévrysme cirsoïde, celles qui ont pour but l'ablation directe de la tumeur sont les plus sîires, bien qu'elles fassent courir à l'opéré le danger d'une hémorrhagie. Ce danger est du reste peu à redouter pour les ■petites tumeurs; aussi l'excision simple est-elle ici le meilleur moyen d'en obtenir une guérison prompte et définitive. Par contre, dans les cas de tumeurs volumineuses, on ne devra, par crainte d'héniorrhagie, tenter l'extirpation qu'après ligature préalable des artères afférentes ou de la carotide. Dans ces cas il peut arriver que l'ablation de la tumeur en une seule séance soit impossible; d'autre part, il ne faudrait pas croire que les ligatures préalables écartent tout danger d'hémorrhagie dans le cours de Topéralion. Malgré ces ligatures, on peut voir pendant l'extirpation des jets de sang s'échapper par dix, vingt artères et même davantage. iVautre part, il existe des cas inaccessibles à ce moyen de traitement à cause de l'extension de la tumeur à la plus grande partie de la tète. Ici le chi-. rurgien peut être autorisé à essayer divers moyens,
MALADIES UE l'aDL'LTIl
tels que l'cleclroponctiu-d, les injections de perclilorure de l'er avant de recourir à la dernière ressource dont il dispose dans ces cas extrêmes, à savoir la ligature successive des deux carotides primitives ».
Pour les injections de perchlorure de fer, j'en réprouve l'usage: cela est peu efficace et fort dangereux.
D. — Angiomes. — 11 arrive nombre de fois qu'on n'a pointde traitement à exercer contre les angiomes cutanés (taches érectiles); souvent, en effet, ces ntevi materni ont si peu d'importance que les parents n'en sollicitent pas la cure pour leurs enfants; en d'autres circonstances, les angiomes sont si étendus qu'ils paraissent au-dessus des ressources de la chirurgie.
Contre les petits angiomes du cuir chevelu, la vaccination sur plusieurs points du pourtour de la tache, chez les enfants qui ne sont pas en état d'immunité vaccinale, produit souvent d'heureux résultats. On peut l'essayer. En cas d'échec, c'est à l'électrolyse qu'il faut recourir.
Quant aux angiomes vrais (angiomes sous-cutanés), ils peuvent être divisés en plusieurs catégories : 1° les angiomes simples et circonscrits; 2° les angiomes simples et étendus ; 3" les angiomes caverneux et diffus.
Il faut évidemment extirper au bistouri les premiers, ou à la rigueur, s'ils sont pédiculés, les traiter par la ligature aseptique.
On peut, pour les seconds « pratiquer l'extirpation antiseptique en plusieurs temps, procédant par lambeaux ovalaires ».
Quant aux troisièmes, ils « seront heureusement
TRAITEMENT DKS NÉOl'LASMES 215
inodiliés par les ponctions ignées avec des aiguilles rougies (ignipuncture) ou i)ar la galvanocausUque (éleclrolyse) ». L'ignipunclure est loin de valoir l'électrolyse ; elle détermine souveni, si l'on ne prend soin de vider la lumear du sang qu'elle contient, des hémorrhagies assez abondantes. L'électrolyse, au contraire, est une excellente méthode; elle permet aujourd'hui de détruire bien des taches et bien des tumeurs érectiles qu'on aurait considérées autrefois comme incurables. Cette méthode, qui consiste à faire traverser la tumeur par un courant électrique en applicfuant sur elle, de préférence à tout autre procédé électroly tique, la galvanopuncture bipolaire, a le grand avantage de ne déterminer que des cicatrices tout à fait négligeables, mais, il fautbien le dire, le double inconvénient de provoquer des douleurs et d'avoir une action très lente. Elle est, en tous cas, supérieure à toutes lés autres méthodes, aux injections coagulantes surtout, qui sont dangereuses, douloureuses et assez souvent peu efficaces.
E. — Taaienrs veînenscs coinninnîeanles. — Les
tumeurs veineuses communicantes du crâne sont congénitales, traumatiques ou acquises.
Les tumeurs veineuses congénitales communicantes proviennent de la hernie d'un sinus duremérien, l'ossification de la voûte ayant été arrêtée sur ce point, oû de la dilatation de veines émissaires faisant communiquer un angiome superficiel avec un sinus.
Les tumeurs veineuses traumatiques communicantes résultent de la communication d'unépanchement traumatique sous-périoslique avec les veines diploïques ou avec un sinus.
MALAIlII£S DE I.'aDI'LTE
Les tumeurs veineuses communicantes acquises apparaissent chez le vieillard. Elles sont le résultat de l'ostéite raréfiante qui, au niveau des cavités de Pacchioni, détermine l'atrophie, la perforation de l'os, et, en dernière analyse, la présence des lacs sanguins de l'arachnoïde sous l'épicràne (Pierre Delbet).
En ce qui concerne le traitement, ou ne rien faire si la tumeur est petite, peu gênante, ne marquant aucune tendance à l'accroissement, ou bien, dans le cas contraire, en pratiquer l'extirpation après ligature des vaisseaux de communication.