II. — Diagnostic
A. — Couiiiiciit rccoiinaître uue tumenr cérébrale? —
Ainsi que les auteurs ont accoutumé de le dire, les tumeurs cérébrales provoquent deux ordres de symptômes : les uns sont la résultante de l'hypertonie à laquelle est soumis, du fait de l'hypersécrétion de liquide céphalo-rachidien, l'encéphale tout entier (comme tels il ne peuvent donc indiquer que des lésions diffuses) ; les autres sont la conséquence de l'action irritative ou destructive que la tumeur exerce sur une zone déterminée de l'encéphale (comme tels, ils marquent les altérations souffertes par une portion circonscrite du manteau cérébral).
Les symptômes du premier groupe sont sensitifs, sensoriels, moteurs, psychiques et bulbaires : a) sentitifs : c'est une céphalalgie diffuse, profonde, violente, tenace, mobile, continue, paroxystique; b) sensoriels : c'est la diminution de l'acuité rétinienne et la limitation du champ visuel, puis la cécité fugace, enfin la cécité définitive, conséquence de la congestion, de l'œdème, puis de l'atrophie papillaires ; c) moteurs: ce sont les crises épileptiques, les convulsions généralisées, précédées ou non de vertige avec chute ; d) psychiques : c'est l'affaiblissement intellectuel, l'indifférence, l'hébétude, la torpeur, la disparition de la mémoire, la tristesse, l'inertie, le sommeil, interrompus par de courts instants de vertige et de véritable oblitération des facultés mentales ; e) hulbaires : ce sont des vomissemenis faciles,
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sans contraction diaphragmatique, spontanés, intermittents ou incoercibles, et une opiniâire constipation, marque de la paralysie intestinale; c'est aussi le ralentissement et l'irrégularité du pouls, la perte du rythme respiratoire, l'apparition du phénomène de Cheyne Stokes, tous symptômes qui sont soumis, du fait des variations de l'hypertonie encéphalique, à des exacerbations et à des atténuations dont rien ne permet de prévoir la venue ni la durée, C'estavec le secours des sym\:>[ùmes du second groupe, céphalalgie limitée, troubles psychiques spéciaux, convulsions limitées, vertiges giratoires, paralysies localisées, etc., qu'on peut répondre à la deuxième question que comporte le diagnostic d'une tumeur encéphalique : Où siège le néoplasme '?
B. — Coinuieiit diaguostiquci* le siège d'niie tuuiear
encéphalique? — Voici les questions que doit trancher le diagnostic :
a) Le malade est-il atteint d'une tumeur du cervelet, du mésocéphale ou du cerveau?
h) S'il s'agit d'une tumeur du cerveau, siège-t-elle à la base ou bien à la face convexe de l'organe ?
c) Si elle siège à la face convexe, est-elle développée dans la substance grise ou bien dans la couche sous-corticale ?
1° Le malade est-il atteint d'une tumeur du cervelet, du mésocépliale ou du cerveau ?
a) Tumeurs du cervelet. — Elles sont caractérisées par :
1) Une céphalalgie violente, tenace, paroxystique, occupant la région occipitale et accompagnée quelquefois, au bout d'un certain temps, de raideur et de déviation de la nuque (opistliolonos). L'cmprosthotunos est exceptionnel.
TRAITEMENT DES NÉOPLASMES
2) Du vertige^ continu ou in lermi lient, atténué ordinairement par le décubitus dorsal et, suivant les circonstances, réalisantles conditions du veiiigofluctuans, tihilans, gyrosa.
3) Des troubles moteurs caractérisés par la faiblesse du système musculaire [asthénie cérél)elleuse) et par la titubation [ataxie cérébelleuse). Les muscles sont paresseux et lents, quelquefois presque impotents ; le membre inférieur est le plus frappé ; mais le membre supérieur, le pharynx et la langue même portent les marques de cette asthénie (troubles de la déglutition et de la parole). La titubation, légère d'abord , augmente peu à peu et finit par produire des « oscillations dont l'étendue est incompatible avec l'équilibre » : alors surviennent les chutes.
4) Le strabisme convergent^ conséquence de la paralysie du moteur oculaire externe; le strabisme divergent et la mydriase, conséquence de la paralysie du moteur oculaire commun.
0) Enfin, comme le fait remarquer Chipauît, les tumeurs du cerveletplus que toute autre, provoquent l'hypertension du liquide céphalo-rachidien avec ses conséquences plus ou moins proches : la stupidité.^ V œdème de lapctpille.^ la mégcdocéphcdie.
h) Tninenrs du inésocéphale. — Dans les tumeurs
du mésocéphalc on peut englober — en rendant, pour les besoins du schéma, la définition plus compréhensive — les tumeurs de la protubérance, des pédoncules cérébraux, du bulbe, des tubercules quadrijumeaux.
1) Tumeurs de la protubérance. — « Elles ont pour signe classique la paralysie alterne de Gubler : paralysie directe du facial avec paralysie des membres du
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côté opposé. 11 s'y joint souvent des névralgies du trijumeau ».
2) Tumeurs des pédoncules cérébraux. — « Elles ont pour caractéristique le syndrome de Weher : paralysie directe du moteur oculaire commun d'un côté avec paralysie des membres, du facial et de l'hypoglosse du côté opposé ».
3) Tumeurs du bulbe. — « Elles donnent souvent lieu au syndrome de la paralysie lalio-glosso-laryngée avec paralysie des nerfs moteurs du globe oculaire et des membres, albuminurie, glycosurie, dyspnée».
4) Tumeurs des tubercules quadrijumeaux. — « Elles ont comme signes assez particuliers : l'ataxie cérébelleuse, des ophtalmoplégies et des troubles de l'audition ». (Glantenay.)
c) Tumeurs du cerveau. — C'est proprement à elles que s'appliquent les symptômes que j'ai décrits plus haut, au début de ce chapitre clinique.
2" S'il s'agit d'une tumeur du cerveau, sièget-elle à la base ou bien à la face convexe de l'organe ? — 11 n'y a, pour résoudre ce problème, qu'à se reporter aux données physiologiques dont j'ai donné un aperçu dans les premières pages de ce traité. Voici comment elles sont, en quelques mots, résumées par Glantenay :
1° Base :
a) Fosse antérieure : Troubles de la vue et de l'odorat; exophtalmie.
h) Fosse moyenne : Troubles dans la sphère des nerfs qui traversent la fente sphénoïdale et du trijumeau, peut-être aussi modilications de l'odorat et du goût.
c) Fosse postérieure : Les tumeurs de cette région n'ont pas de signes propres (régions latentes); elles
TRAITEMENT DES NÉOPLASMES 229
compriment rapidement le cervelet et les différentes régions de l'isthme et empruntent aux tumeurs de ces organes leur symptomatologie.
d) Corps calleux •• Troubles profonds de l'intelligence, paralysie progressive uni- ou bilatérale, absence de tout symptôme du côté des nerfs cérébraux.
e) Glande pituitaire : Amaurose double et troubles oculo-moteurs bilatéraux très accusés, acromégalie. (P. Marie, A. Broca.)
2° Convexité :
a) Région frontale (partie antéro-supérieure) : Troubles mentaux très accusés; aphasie.
l) Région rolandique : Epilepsie partielle, hémiplégie, monoplégie, aphasie motrice.
c) Région temporale : Surdité verbale, diminution de l'acuité auditive.
d) Région pariétale : Cécité verbale, hémianopie homonyme.
e) Région occipitale : Hémianopsie homonyme.
3° Si la tumeur siège à la face convexe, est-elle développée dans la substance grise ou bien dans la couclie sous-corticale? — C'est là un problème dont la solution est, pour ainsi dire, impossible : « La lésion corticale, dit Seguin, s'accompagne de douleur locale et d'élévation locale de la température; les attaques épileptiformes débutent par des convulsions localisées, d'ordinaire cloniques et suivies de paralysies. Dans la lésion sous-corlicale, la température locale est normale, il n'y a pas de douleur à la pression, et la douleur spontanée est moindre, les convulsions sont longues et précédées de paralysies soit locales, soit à forme hémiplégique. »
Je ne sais dans quelle mesure l'on peut se fier à. de pareilles données : Chipaut, qui a pris la peine
MALADIES DE l'aDULTR
d'en vérifior l'exactitude, affirme qu'on les trouve en défaut dans la moitié des cas au moins.