‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 100 sur 137 · FORME PULMONAIRE · texte numérisé non relu

FORME PULMONAIRE

point de vue, les ventouses sèches nombreuses (30 k 60 chaque jour), les cataplasmes sinapisés, les embrocations avec un morceau de molleton de laine arrosé d'essence de térébenthine et recouvert de taffetas gommé.

Je suis absolument opposé à l'emploi des vésicatoires, que ne craignait pas G. de Mussy, même avec les plus grandes précautions.

Les ventouses scarifiées, que Murchison, Griesinger, G. de Mussy ont employées, ne pourraient être prescrites en nombre suffisant pour être utiles qu'à des malades vigoureux et sanguins.

Congestion hypostatique.

Quand les signes de congestion s'accusent par l'apparition de râles bullaires plus nombreux et plus fins, on peut, à l'imitation de M.Duguet, faire adopter le décubitus abdominal pendant une partie du temps, dans l'intervalle des bains.

Il y a lieu d'abaisser d'autant plus la température de ceux-ci que les signes de parésie vaso-motrice sont plus accentués (tendance à la cyanose des lèvres et du visage).

En outre, on fera des frictions avec de l'alcool sur les parois du thorax et une sorte de massage.

On fera inhaler de l'oxygène, et, le malade étant par suite de sa torpeur hors d'état de maintenir dans sa bouche l'embout olivaire ordinairement employé, il faut lui substituer l'embouchureen forme de conque ou de cornet, qu'on applique sur le nez et la bouche, de sorte que le malade respire dans l'oxygène pur.

Comme médicaments propres à rendre plus flmdes les mucosités bronchiques, à faciliter l'expectoration, on peut employer les expectorants comme la tein-

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ture ou la décoction de polygala, l'acide benzoïque, le benzoale de soude, l'éllier, l'ipéca (sirop de Désessartz), la térébenthine.

Quand le catarrhe bronchique est assez intense et assez rapidement envahissant pour faire craindre l'asphyxie par obstruction des bronches, on peut, si les forces du malade le permettent encore, recourir au vomitif. L'ipéca seul doit être employé à la dose de 1 à 2 grammes. Pour prévenir autant que possible l'éventualité du collapsus, on doit faire préalablement une injection sous-cutanée de caféine, d'éther ou d'huile camphrée, puis administrer la poudre d'ipéca, en une ou deux doses rapprochées, pour ne pas prolonger l'état nauséeux qui ferait courir le risque de la syncope. Dès que les vomissements se sont produits, on fait boire du grog, du punch chaud ou du vin d'Espagne, on applique des cataplasmes sinapisés sur la région épi gastrique ou entre les épaules

Raptus congestifs.

Un bon moyen, lorsqu'à l'hypostase des bases s'ajoutent des raptus congestifs en différents points des poumons, est l'enveloppement réitéré du thorax dans de grandes compresses froides fréquemment renouvelées et recouvertes de taffetas gommé.

Broncho-piewnonie.

S'il se produit de véritables foyers de broncho- ■ pneumonie, il faut continuer l'emploi des moyens précédents. Si la gêne respiratoire devient telle que le malade paraisse menacé d'asphyxie, loin de cesser les applications froides, on les rendraplus énergiques, et c'est en pareil cas que les affusions froides sur le

FIÈVRE ïYPnOÏDE AVEC PNEUMONIE

thorax, le malade étant dans un bain tiède, paraissent devoir consUtuer la dernière ressource.

Les complications pulmonaires que nous venons de passer en revue (bronchites, congestions, bronchopneumonies) ne me font dpnc nullement redouUir l'hydrothérapie froide.

Pneumonie lohaire.

Le point discutable est de savoir si la pneumonie lobaire comporte la même indication. On sait que celle-ci peut commencer en même temps que la fièvre typhoïde [pneumo-typhoïde] ou apparaître au cours de la période fébrile. Pour les Brandistes, la pneumonie lobaire initiale réclame le bain froid suivant la formule de toute forme intense. Quant à la pneumonie qui survient à une période avancée, si elle s'accompagne d'une hyperthermie excessive et si l'affaiblissement cardiaque n'est pas très prononcé, c'est encore le bain froid ou l'enveloppement froid prolongé que conseillent Bouveret et Tripier.

Si l'hyperthermie n'est pas excessive et si le cœur est affaibli, ils préfèrent le bain tiède ou le bain à température décroissante aux affusions froides sur la tête.

M. Bouchard fait suspendre sa méthode balnéaire pendant la pneumonie.

Forme sudoralc pseudo-intermittente.

Après Borrelli, Tomaselli, M. Jaccoud a décrit une forme pseudo-intermittente sudorale, généralement d'origine italienne (Naples, Rome, Venise, la Riviera), mais vue aussi chez des individus n'ayant

FOHMK SrnORALK l'SKUDO-INTEHMlTTENTE l&O

pas quillé Paris. Elle difTère des formes communes par l'absence de sécheresse des muqueuses buccale et nasale, de stupeur, de diarrhée, de complications pulmonaires et laryngées. Elle se caracléçise par la brusquerie du début, par une première période d'intermittence avec un accès quotidien et apyrexie le matin; par un stade de rémittence avec deux à cinq accès par jour; par un dernier stade de retour à l'intermittence, mais surtout par l'existence de sueurs profuses, excessives après chaque accès, véritable inondation sudorale qui fait que la journée se passe à changer le linge et les draps. Dans la première période, il y a lieu de noter encore le faciès rubéolique (yeux brillants, injectés, visage congestionné), la, céphalalgie excessive et tenace et l'insomnie, la localisation des taches rosées dans le dos, entre les omoplates, près des aisselles, leur réapparition deux, trois fois au cours de la maladie, la longue durée (en moyenne 5 semaines, et jusqu'à 90 jours), la bénignité presque constante.

Au point de vue thérapeutique, la quinine est absolument sans action sur cette forme, dit M. Jaccoud. Toutefois, quand on peut croire au début qu'il y a une fièvre palustre, on donne deux fois de suite une dose de 1 gramme, cinq heures avant l'accès.

Si la fièvre continue, il faut cesser le médicament; si on s'obstine, si on force les doses, on aboutit à l'intoxication quinique avec les vertiges, la somnolence, le coma et le coUapsus.

On pourra cependant revenir à l'usage temporaire de la quinine dans la. période pseudo-rémittente, si les températures intermédiaires aux paroxysmes ne sont jamais inférieures à 39°.

Le traitement doit être surtout hygiénique.

FIÈVRE SUDORALE

Le changement des linges et des draps doit être fait après chaque sudation.

Le lait doit être l'aliment fondamental à partir du troisième septénaire; on y adjoindra le vin et le quinquina. On n'aura pas à donner de purgatifs; les lavements quotidiens suffiront.

On s'abstiendra de donner l'acide salicylique qui n'abaisse pas plus la fièvre que la quinine, mais augmente la dépression circulatoire et la sueur (Tomaselli).

Les hémorrhagies intestinales peuvent se montrer, mais sans gravité ; on a vu la péritonite sans perforation; on les combattra par la glace sur le ventre. Une toux striduleuse, qui commençait chaque accès dans un cas de Jaccoud, pouvait être amendée par l'application réitérée d'une éponge imbibée d'eau très chaude au devant du cou.

Formes apjrctiqnes»

Je parlerai seulement pour mémoire des faits extraordinaires, mais pourtant authentiques, de fièvre typhoïde apyrétique ou hypothermique (sans collapsus ni hémorrhagie) ou, si on aime mieux, de dothiènentèrie sans fièure [von Gerloczy, Wendland, Fiirbringer, Potain, J. Teissier (1)].

Dans le fait le plus remarquable, celui de M. Potain, le malade, âgé de dix-sept ans, avait, à son entrée à l'hôpital, ST^S et le pouls à 84; à partir de ce jour, le thermomètre tend à baisser régulièrement, tandis que le pouls se ralentit d'une façon parallèle ; aucun des signes classiques de la dothiènentèrie ne

(1) Semaine médic, 1894.

FIÈVRE TYPUOÏDE APYRÉïIQUE

fait défaut (diarrhée, ballonnement du ventre, gargouillement iléocœcal, splénomégalie, taches rosées lenticulaires). Pendant l'évolution des accidents ordinaires, la température est abaissée au-dessous de la normale, et cet abaissement a pris la place et l'allure de l'élévation habituelle. En suivant cette courbe, on constate que l'abaissement s'est prononcé surtout au début, restant stationnaire à 36° ou 36»,2 pendant la période d'état pour remonter progressivement à la température normale dans le temps habituel ; si bien qu'en considérant le tracé renversé, on aiiraitl'image de la courbe classique.

Pour expliquer ces faits, on peut invoquer l'existence de toxines hypothermisantes fabriquées par le bacille d'Eberth dans certains cas, ou parle bacille du côlon. Gilbert, Hanot et Boix l'ont démontré expérimentalement pour celui-ci. Pour le bacille d'Eberth, M. Charrin a montré que les urines de deux typhiques, l'une avec hyperthermie, l'autre n'ayant pas dépassé 38°,o, n'ont pas le même pouvoir thermogène, quand on les injecte au lapin. Après l'injection de la première, le thermomètre ne baisse que de 0°,o pour se relever nettement au bout de 40 minutes; après l'injection de la seconde, se produit un abaissement total de i°,3, et la réascension thermique ne se montre qu'au bout de 2 heures.

A ces formes, qui ne paraissent pas malignes, en général, on n'opposera que le traitement hygiénique et diététique, avec les stimulants diffusibles et l'alcool.

A côté de ces formes apyré tiques par leur nature même et qui paraissent plutôt bénignes, il en est d'autres où l'absence de fièvre paraît due au mauvais état général de l'individu, antérieur à l'infection do-

238 FORMES APYRÉTIOUKS

Ihiénenlérique. Pendant la guerre de 1870, Siruh*; en a observé d'assez nombreux cas chez les soldats surmenés, épuisés par les privations. Ces fièvres sont plutôt hypotliermiques qu'apyrétiques; elles prennent habituellement le caractère adynamiquc et s'accompagnent surtout de complications thoraciques.

Les Brandistes ne désarment pas devant cette hypothermie ; ils recherchent alors l'action stimulante de l'hydrothérapie. Strube et Brand conseillent le demi-bain tiède à 28° de 3 à 3 minutes avec affusion de 12 à 20" répétés trois à six fois par jour, avec frictions énergiques pendant et après le bain sur les membres et le thorax.

Au bout de quelques jours, la fièvre peut enfin apparaître; au typhus redevenu normal s'applique alors, suivant l'adynamie et l'intensité de la fièvre, ou la continuation des bains tièdes avec afïusion, ou la formule générale de Brand.

Si on n'applique pas la méthode hydrothérapique, on se contentera des frictions alcooliques réitérées et des stimulants alcooliques et difîusibles.

Forme spléno-typhoïde.

Dans cette fièvre typhoïde atypique, caractérisée cliniquement par l'absence de troubles intestinaux, par la tendance de la fièvre à revêtir le type récurrent^ c'est-à-dire, à se montrer pendant quelques semaines pour faire place à une apyrexie, suivie ellemême d'une nouvelle période fébrile, avec augmentation considérable du volume de la rate, les indications thérapeutiques paraissent être, en premier lieu, l'usage de la quinine, à doses quotidiennes mo-

FORMES ATYPIQUES 239

dérées, la baliK^alion tiède ou fraîche pendant les périodes de Hèvre.

L'antisepsie intestinale peut être négligée, les lésions de l'intestin étant nulles ou insignifiantes.

Forme septicémiqae.

Cette forme, dont quelques exemples seulement sont connus, n'a été diagnostiquée qu'à l'autopsie, puisqu'elle ne se traduit cliniquement que par des symptômes nerveux et infectieux mal déterminés. Dans toute infection où on soupçonne l'influence typhique, la quinine est indiquée, et la médication balnéaire pare aux accidents d'hyperthermie.

Forme typlio-malarîenne.

Qu'il s'agisse d'une dothiénentérie réveillant et activant le germe de la malaria, ou de ces deux infections simultanées s'aggravant et se modifiant réciproquement, tantôt les accès intermittents sont très nets, sous la forme quotidienne ou double tierce avec des intervalles d'apyrexie franche ; — tantôt c'est un état fébrile continu, rémittent, avec exacerbation intermittente périodique.

Il semble qu'on n'ait pas mieux à faire que d'administrer la quinine, à doses modérées dans la période apyrétique, et à doses plus élevées 6 heures avant le moment probable de l'accès ou de l'exacerbation fébrile. Cependant les médecins qui ont observé cette typho-mrlarienne disent que la quinine donne peu de résultats.

Le danger est souvent dans des crises de collapsus

240 FORMK TYPnO-MALARlENNE

avec sueurs profuses, qui alternent avec les accès fébriles.

On peut demander à l'hydrothérapie froide, sous forme de lotions et d'affusions courtes, un effet stimulant dont l'utilité est bien connue dans la malaria. Le quinquina en nature et peut-être l'arsenic, avec le calomel à doses périodiques, obtiendraient-ils un meilleur résultat que la quinine?

DES MÉIOPRAGIES OU PROPATHIES

Au point de vue des modifications qu'elles peuvent nécessiter au traitement.

La fièvre typhoïde ne frappe pas toujours un individu en pleine santé et d'une bonne constitution ; lousles tempéraments ne sont pas égaux au point de vue de la tolérance thérapeutique. Aussi devonsnous passer en revue quelques circonstances relatives aux tempéraments ou à des états pathologiques antérieurs, qui peuvent influencer le médecin au moment où il va instituer son traitement.

Tempérament nerveux.

Le tempérament nerveux est si commun à notre époque dans les villes, et il y acquiert une exagération si voisine de l'état pathologique que, dans la pratique civile du moins, nous devons toujours tenir compte de l'aptitude de la plupart de nos malades à des réactions excessives. Cette considération entre pour quelque chose dans la réserve que nous croyons devoir garder à l'égard des médications perturbatrices du système nerveux, comme les procédés de réfrigération intensive. Nous l'avons dit à propos

MÉIOtRAGIES ET PROPATIllES NERVEUSES 241

des femmes ; mais beaucoup d'hommes de nos jours sont l'emmes en ce point.

Aussi, pour les nerveux, croyons-nous devoir employer de préférence en général, surtout au début du traitement, les bains tièdes refroidis et les bains frais, quitte à corser progressivement la réfrigération autant qu'il sera nécessaire suivant la gravité des accidents ultérieurs. Je sais bien que c'est aller contre la théorie de la réfrigération systématique, qui prétend prévenir les accidents sans attendre pour l'employer qu'ils soient survenus ; je me suis déjà expliqué sur ce point, et chacun est libre d'adopter la pratique qui lui inspire le plus de confiance.

ivévroses {liystérie^ épilepsie, chorée).

Ce que je viens de dire des nerveux est applicable aux personnes atteintes de névroses caractérisées. J'ai parlé déjà de l'hystérie à ce point de vue ; j'y ajouterai l'épilepsie, la chorée, qui ne me paraissent pas se trouver bien du bain froid systématique et qui supportent bien le bain tiède. Ce qui n'empêche pas que, si on a à combattre chez les épileptiques des . accès convulsifs subintrants ou chez les choréiques une agitation désordonnée, l'enveloppement dans le drap mouillé ne soit un excellent moyen.

Slaladies nerveuses organiqncs.

Dans les cas exceptionnels où on aurait à traiter un typhique atteint auparavant àliémorrhagie ou de ramollissement du cerveau^ bien rares à l'âge où d'ordinaire on a la fièvre typhoïde, les bains froids seraient contre-indiqués.

Nous dirons la même chose des hémiplégies des jeunes svjeis qui vont souvent de pair avec une fragi-

MÉIUI'HAGIES ou l'HOPATUIES TOXlQLliS

lilé particulière des vaisseaux ou une lésion cardiaque.

Alcuolisnic.

L'alcoolisme peut être classé entre les tempéraments morbides et les maladies chroniques capables de constituer une propathie tout à fait digne de préoccuper le clinicien qui doit soigner un alcoolique atteint de dothiénentérie.

Un alcoolisé est taré à la fois dans son système nerveux et dans son appareil circulatoire, dans son foie et souvent dans ses reins, tous appareils et organes dont le bon fonctionnement est si important pour la résistance contre les infections et l'élimination des toxines.

Chez les alcooliques le besoin de leur stimulant ordinaire est impérieux dans toutes les maladies fébriles. Souspeine de les exposer au delirium tremens, on leur donnera l'alcool dès le début et à plus hautes doses qu'aux individus habituellement sobres.

S'il sont atteints d'un délire violent, tout en combattant celui-ci par les bains, il sera mieux de ne pas donner d'emblée des bains très froids pour leur éviter le choc nerveux trop subit qui pourrait favoriser la syncope ou le coUapsus.

On surveillera le cœur avec une sollicitude particulière, et de bonne heure on leur donnera presque préventivement des toniques du cœur.

Morpliinisnie.

Je suis tenté de dire la même chose de ces autres intoxiqués, les morphinomanes. Il serait imprudent sans doute de les sevrer absolument du poison qui est devenu pour eux un stimulant, on leur donnera

TYPHIOUES GASTROPATIIES ET CARDIAQUES "l^i'i

tout au moins de l'opium en même temps que de la spartéine el de la caféine.

Proitatliics g;astro-iiitcstinaIes, cardîo-vascnlaîres,

rénales.

Les organes dont les propathies sont les plus importantes à connaître en cas de fièvre typhoïde, sont le tube digestif, le cœur et le rein.

A un GASTROPATUE il uc faut administrer que le moins de médicaments possible surtout par la voie gastrique. S'il y a une dilcifation de V estomac, on sera réservé dans la quantité des liquides et on donnera le moins possible d'alcool. La convalescence sera particulièrement surveillée au point de vue de l'alimentation, pour ne pas laisser le malade aggraver par un gavage intempestif les dégâts que toute fièvre typhoïde laisse après elle du côté de l'estomac.

On doit se faire les mêmes règles de conduite à propos des entérites chroniques antérieures au typhus abdominal. C'est chez les dyspeptiques, en somme, que la médication doit surtout prendre l'hydrothérapie pour base, en l'associant à l'antisepsie intestinale, mais en évitant la quinine administrée par le tube digestif et les purgatifs.

Les cardiaques doivent au contraire être ménagés au point de vue de l'hydrothérapie; on s'efforcera de prévenir et on combattra énergiquement, dèsqu'elles apparaîtront, les complications broncho-pulmonaires. Chez eux les ventouses réitérées et les toniques du cœur doivent être donnés dès le début de la fièvre.

Les malades atteints de rétrécissement mitral assez étroit, éprouvent souvent des suflfocàtions quand on les met au bain.

244 PROPATHIES CHEZ LES TYPBIQL'ES

Le bain froid ne pourrait être essayé que dans les insvffisames mitrales parfaitement, compensées.

Les tvpliiques atteints dHmuffimme aortiqne doivent être particulièrement surveillés au moment de la convalescence; le passage trop brusque à la position verticale ou môme assise les expose plus que d'autres à la mort subite. J'ai, connu un confrère qui a succombé dans ces conditions.

S'il existe unp. propatrie rénale, on donnera plus abondamment le lait, dût-il être écrémé ou coupé, pour être plus digestible; on évitera l'alcool, le bouillon et les extraits de viande. On multipliera les lavements, on s'abstiendra autant que possible de médicaments s'éliminant par les reins, ou pouvant restreindre la quantité des urines. L'hydrothérapie n'est point contre-indiquée.

Pi-opathîes de la nuti-îtiot».

Parmi les maladies chroniques qu'il n'est pas rare de rencontrer chez un typhique, nous devons citer encore l'obésité, le diabète et la goutte.

Obésité.

Chez l'obèse, les bains sont plus difficiles adonner, la réfrigération plus lente, et cependant la fièvre est généralement plus grave, par suite de la surcharge graisseuse du cœur et de l'état graisseux du foie. Aussi les Brandistes recominandent-ils pour les obèses la réfrigération précoce et énergique. La situation est particulièrement grave chez les femmes obèses.

Quand le cœur fonctionne vraiment mal, nous faisons contre le danger du choc balnéaire pour les

OBESES, DIABÉTIQUES, GOUTTEUX 24iJ

obèses les mêmes réserves que nous avons émises à propos des autres cardiaques.

Les obèses, disent Tripier et Bouveret, sont quelquefois, pendant le cours de la fièvre typhoïde, pris d'une anasarque sans albuminurie et sans autre complication. Brand fait remarquer que cet œdème n'est pas grave, il disparaît au moment de la convalescence.

On donnera peu d'alcool aux obèses en général. Il faut surveiller soigneusement les téguments qui se sphacèlent aisément.

Diabète.

Il y a peu de choses à dire des diabétiques, si ce n'est que chez eux aussi le rein, le cœur et le foie sont souvent en mauvais état et qu'ils supportent mal une alimentation insuffisante.

Gonlte — Rlinuiatisme.

La goutte et le rhumatisme articulaire ne contreindiquent par les traitements hydrothérapiques.

Syphilis.

Il n'est pas rare qu'un typhique soit syphilitique.

Si les accidents sont récents, il n'y a aucune raison pour ne pas faire la médication mercurielle, bien au contraire.

S'il s'agit d'une ancienne syphilis, il n'y a guère d'indication à remplir, si ce n'est peut-être de prescrire quelques cures d'iodure après la convalescence.

Propatliics chroniques des voies respiratoires.

La bronchite chronique mnple peut s'accommoder de toutes les méthodes hydrotJiérapiques.

^46 PROPATUIES BRONCnO-PULMOKAIRES

Vemphyshne et Vasthme paraissent au contraire s'accommoder mal de l'immersion froide, mais supportent bien le bain chaud ou tiède progressivement refroidi.

Une pleurésie ancienne et guérie, même avec un certain degré de déformation thoracique, ne doit pas faire rejeter la méthode des bains froids (Bouveret et Tripier).

La tuberculose pulmonaire du premier etdu deuxième degré peut être traitée par toutes les pratiques hydrothérapiques, si le malade n'a pas eu antérieurement de tendances aux hémoptysies ; dans le cas contraire nous n'oserions pas le soumettre aux bains froids.

Si la phtisie est avancée et l'état cachectique prononcé, le choc de l'eau froide peut faire craindre le collap'sus et la syncope ; il vaut mieux se contenter des bains tièdes et des lotions.

Xraîtement des cas où la fièvre typhoïde est associée à une autre infection.

On peut voir diverses infections associées à la fièvre typhoïde {grippe, fièvres éruptives, typhus pètécMal, clioUra, polyarthrite aiyuë fébrile, érysipèle, diphtérie); soit que l'infection associée ait précédé la dothiénentérie dont les premiers symptômes apparaissent au moment où l'autre infection prend fin, soit qu'elles évoluent simultanément, de telle sorte que leurs symptômes se mélangent, soit enfin que l'infection accidentelle apparaisse pendant la convalescence de la dothiénentérie.

Le diagnostic dans les deux premiers cas peut se trouver fort embarrassant pendant quelques jours, et il en peut résulter quelque hésitation dans l'ms-

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