‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 129 sur 137 · CARACTÈRES DU BACILLE TYPIIIQUE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DU BACILLE TYPIIIQUE

10° Ils devront se multiplier, dans les cultures, par scission transversale répétée;

11" Former, trois ou quatre jours après ensemencement sur pomme de terre, et culture à 37 degrés, des spores, presque toujours uniques dans chaque bâtonnet, et la plupart terminales;

12° La spore ne devra pas se colorer sous l'influence des couleurs d'aniline : elle devra être très réfringente, résister à la dessiccation et à la température de 90 degrés inaintenue cinq minutes, être tuée à 100 degrés, phénomènes que permet d'apprécier un nouvel. ensemencement absolument nécessaire;

13° Dans les cultures, le bacille devra, comme fait le témoin, excréter un alcaloïde, typhoxanthine de Brieger (que d'ailleurs, dans la pratique courante, on ne détermine pas) ;

14° Les cultures devront être enrayées par 1/20.000'' de bichlorure de mercure, 1 /SOO'' de sulfate de quinine, 1/200'= de phénol, 1/100'' d'acide chlorhydrique, 5/100^ de chlorure de chaux.

IV. Caractères infectieux. — Le bacille incriminé doit tuer les souris blanches dans le même temps que le témoin : si la dose est minime (1/4 de goutte à 1 goutte) et introduite dans le tissu cotijonctif, il doit leur communiquer une maladie lente, évoluant en une dizaine de jours et se terminant le plus souvent par la mort; Injecté à la dose de 4 gouttes, dans le péritoine des souris, îl doit les tuer en trente-six heures.

Mais cela ne suffit pas.

1° Il faut, les souris étant mortes, trouver dans leur intestin une diarrhée liquide, constater la tuméfaction de leurs plaques de Peyer, s'assurer que

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leur raie, gonflée, et la moelle de leurs os contiennent le microbe, ce dernier offrant alors la motililé, les réactions et les propriétés de culture énumérées ci-dessus;

2° Il faut encore constater que, à faible dose, la culture prise enpériode d'évolution (et non pas le liquide après multiplication du bacille) se comporte très différemment suivant qu'on l'inocule vivante ou stérilisée par la chaleur : dans le premier cas, elle tue les souris; dans le second, elle ne tue pas (le liquide de culture n'entraîne la mort que s'il est injecté à dose beaucoup plus forte).

Y. Essais pour distinguer le hacïlle d'Eberth du hacillus coli. — Les caractères précédemment énumérés, qui sont ceux du bacille d'Eberth, ne suffisent pas pour le distinguer du B. coli. Bien qu'il puisse être souvent très difficile de ne point le confondre avec ce dernier, on a noté, dans l'évolution biologique des deux microbes, des différences qu'il importe de signaler :

1° On a fait remarquer la présence constante des cils chez le B. d'Eberth, extrait de la rate du typhique, l'absence de ces appendices chez le B. coli recueilli dans l'intestin de l'homme sain. Mais, depuis, btî 'a constaté que, dans certaines conditions de cultû'fé, le coli acquiert des cils. On a vu aussi qu'il pfe'ût acquérir une faible motilité. Par conséquent^ à ces deux points de vue il n'offre pas de caractère distinctif absolu.

2" Récemment M. Orlowski (1) a essayé de fonder une distinction des deux bacilles sur les conditions

(1) Mémoire analysé dans les Annales de Micrographie de mars 1894, p. 120 et suiv.

DISTINCTION DE l'ebERTU ET DU COLI 321

dans lesquelles ils dégagent de l'hydrogène sulfuré. Mais là encore on ne constate guère qu'une diftër(^ace difficile à interpréter ; tous deux « dégagent H^S avec la mêmiC énergie, mais avec cette différence que le bacille d'Eberth, pour des raisons encore inconnues, dégage ce gaz plus facilement sur les milieux additionnés de sels de fer et de plomb, tandis que le coli-bacille le dégage surtout sur les milieux additionnés de nitro-prussiate de soude (1) ».

2° M. A. Péré, pharmacien-major de l'armée, a indiqué un meilleur procédé de diagnose. Revisant une distinction relative aux modes fermentatifs des deux microbes en divers milieux, il a reconnu que le J?, coli ne produit de l'acide lactique que dans un milieu très riche en matière azotée, par exemple en peptone, tandis que le bacille d'Eberth donne de l'acide lactique, quelle que soit la richesse du milieu on peptone (2). Peut-être y a-t-il encore là une différence plutôt de degré que de nature.

4° M. Schild vient de découvrir une réaction qui, d'après lui, distinguerait, d'une façon absolue^ l'Eberth du coU (3). Le premier serait tué par le seul fait de se trouver exposé pendant une heure et un quart aux vapeurs de l'aldéhyde formique, fourniQ par la solution aqueuse du commerce (solution à /tQ, ,% ). Ces mêmes vapeurs, agissant pendant deux heures sur le coli^ ne l'empêchent pas ensuite (d'évoluer. Si l'on cultive les microbes dans du. bouillon iidditionné de 1/10.000 de la solution toxique, ils

Texte de l'analyste, ibidem, p.' 122.

(2) Mémoire inséré dans les Annales de l'Institut Pasteur du 25 novembre 1893.

(3) Voyèz à ce sujet la Revue générale des Sciences du 15 mai 1894, t. V, p. 348.

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