‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 130 sur 137 · MODES DE TRANSMISSION · texte numérisé non relu

MODES DE TRANSMISSION

poussent l'un et l'autre, mais non aussi rapidement : le coli trouble alors le bouillon en moins de 24 heures, tandis que l'Eberth met toujours plus d'un jour et en emploie souvent deux pour produire le trouble.

Quoi qu'il en soit de la querelle bactériologique, l'observation clinique permet de formuler les conclusions étiologiques suivantes :

Les germes de la fièvre typhoïde sortent du malade par les matières fécales, par l'urine contenant de l'albumine, par le sang des hémorrhagies intestinales, dans certains cas par les produits de l'expectoration, par l'ouverture de foyers où des bacilles se trouvent anormalement accumulés.

Les germes morbides doivent exister dans l'intestin dès le début de la maladie ; mais on ne les y décèle guère qu'à partir du dixième jour ; ils sont surtout abondants du quatorzième au dix-septième; ils disparaissent à partir du vingt-deuxième dans les cas moyens, mais dans les cas prolongés par des rechutes, on les voit apparaître à chaque reprise.

La transmission du virus de l'homme typhoïsani à l'homme sain s'opère par l'intermédiaire des personnes, des objets, ou de l'air, du sol, de l'eau, des aliments.

Les personnes qui touchent le corps du malade, les linges qu'il a souillés, ou le bassin contenant ses selles, peuvent porter le germe morbide à leur bouche avec leurs mains ou par l'intermédiaire des aliments qu'elles prennent sans s'être lavé les mains.

Quittant des Unt/es souillés et desséchés, Jes b9,cilles

MODES DE THANSMISSION àZà

peuvent se répandre dans l'almosplière et pénétrer dans les premières voies respiratoires et digestives.

Les blanchisseuses peuvent s'infecter en lavant le linge des typliiques.

Des pantalons qui ont été portés par des soldats atteints de fièvre typhoïde et insuffisamment nettoyés, distribués ensuite à des soldats sains, ont infecté ceux-ci.

L'air peut transporter les germes soit isolés, soit véhiculés sur des poussières, des vapeurs, des gaz ; ce mode de propagation est cependant rare (10 fois sur 100, Brouardel).

Dans une salle de typhoïsants on a laissé à découvert du lait stérilisé : il s'est ensemencé rapidement de bacilles typhiques, qui s'y sont multipliés. Aussi Arnould, qui cite ce fait, croit-il dangereux de boire du lait, de la tisane, ou même de l'eau, qui ont séjourné dans la chambre d'un typhique, sans être hermétiquement couverts. Si le lait est trop souvent empoisonné par l'addition de l'eau souillée, il y a des e'xemples de contamination par l'air.

' Les recherches de Fr. Bordas semblent montrer que l'air ne peut véhiculer le bacille typhique que s'il est chargé de vapeur d'eau, le microbe perdant assez rapidement sa vitalité dans l'air sec. Mais cet auteur a probablement tort d'expliquer par ce fait que les exacerbations typhiques aient toujours lieu à Paris d'octobre à janvier; car on voit aussi des re- (;rudescences de typhus abdominal dans les mois de sécheresse tant à Paris qu'ailleurs et en Algérie.

Mélangés a,ux poussières, les germes typhiques peuvent adhérer longtemps aux planchers, aux j^arois des maisons.

Les émanations gazeuses qui s'échappent des fur/aur-

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