‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 30 sur 137 · BOISSONS ET TISANES · texte numérisé non relu

BOISSONS ET TISANES

meilleur moyen d'obtenir que le malade boive en quanlilé suffisante. Le liquide dont on se lasse le moins est encore l'eau fraîche : il faut être sûr de sa pureté (sinon, on la fera bouillir et refroidir) et de sa digestibilité.Les eaux minérales, un peu plus sapides que l'eau pure, sont aussi acceptées avec plaisir, à condition qu'on les varie : Évian, Contrexéville, Vittel, Soultzmatt, Vais, pures ou aromatisées avec des sirops acidulés de groseilles, de cerises, de framboises oïl' avec du jus de ces fruits, du jus d'orange ou de citron, ou additionnées de vin, de cognac ou de rhum. Les boissons peuvent être plus variées encore dans les familles riches : on peut conseiller l'infusion d'ananas, de grenades, de pommes de reinette (G. de Mussy). Comme tisanes on peut choisir celles qui sont diurétiques, comme le chiendent, les queues de cerises ou, avec Chomel, le décocté de cerises séchées au four et dont on brise les noyaux avant de les faire bouillir.

Si la diarrhée est très abondante, on peut prendre la solution de gomme arabique ou des décoctions de riz, de gruau, de pépins de coing édulcorées avec du sirop d'écorces d'oranges amères.

Quand il y a des nausées, on insiste sur les boissons gazeuses (eau de Saint-Galmier, soda ou eau de Seltz); on peut les prescrires glacées, quoiqu'elles apaisent moins la soif que les boissons fraîches.

Alimentation pendant la fièvre.

Pour l'alimentation, le problème à résoudre est plus complexe. Plusieurs circonstances se réunissent pour entraver les fonctions digestives dans la fièvre typhoïde. Pendant toute la période fébrile l'anorexie

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ftst la conséquence du catarrhe des premières voies (langue, estomac). D'ailleurs les aliments solides, fussent-ils ingérés par le malade, malgré sa répugnance extrême, ne pourraient pas être digérés ; car il y a diminution de toutes les sécrétions digestives, suppression du flux salivaire, appauvrissement du suc gastrique en acide chlorhydrique par insuffisance des chlorures du faitdelafièvreeten pepsine par suite des lésions des glandes à pepsine. Lasécrétion biliaire esl aussi amoindrie. Quanta celle du suc intestinal, ou comprend qu'elle doive être profondément pervertie par les altérations profondes et diffuses de l'intestin grêle. Il serait donc inutile de nourrir les typhiques avec de la viande, des matières grasses, des féculents, en un mot d'aliments nécessitant des transformations chimiques importantes : « Donnez-leur des beefsteacks, ils ne les mangeront pas >>, disait Trousseau, répondant aux médecins qui voulaient nourrir à tout prix les typhiques, par réaction excessive contre leurs prédécesseurs qui les avaient saignés et l<.'nus à la diète absolue.

Il serait même nuisible d'introduire dans un tube digestif tel que celui du typhique des aliments dont la digestion est impossible; ils ne tarderaient pas à s'y putréfier et à accroître les fermentations toxiques en fournissant de la matière organique fermentescible aux microbes intestinaux.

Et cependant n'est-il pas indispensable de fournir à l'organisme des matériaux alimentaires pour remédier aux pertes quotidiennes qu'il fait, par suite des combustions excessives qu'entretient la fièvre c6ntinue ?

Xe problème de l'alimentation du typhique 'pendant la "période fébrile ne peut être sans doute qu'ini-

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