‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 31 sur 137 · ALIMENTATION PENDANT LA FIÈVRE · texte numérisé non relu

ALIMENTATION PENDANT LA FIÈVRE

parfaitement résolu. Cependant on peut espérer en fournir une solution approximative en donnant des aliments liquides^ des suhstances directement absarbables par les lympliatiques gastriques et intesti-naux sans modification préalable par les ferments digestifs : tels sont les peptones, la glycérine, les sels minéraux (phosphates, chlorures). On y adjoindra du sucre qui est indispensable pour permettre à la cellule hépatique d'exercer sa fonction antitoxique. Les tisanes, décoction de cérècdes, qui contiennent des sels minéraux, les sucs de fruits, le miel rempliront ces conditions principales. Pour notre part, à l'exemple de M. Bouchard, nous faisons prendre comme tisane la décoction d'orge, sucrée avec du miel; le louillon dégraissé dans lequel on dilue des pejjtones, « honnêtement préparées « (Bouchard). -'-A une tasse de bouillon on peut ajouter, de temps én^temps, une ou deux cuillerées à soupe de jus de ^uande, obtenu en exprimant à la presse de la viande de bœuf bien fraîche. « Ce jus, qui est composé de sérum, de lymphe et de sang, est déjà légèrement acide en sortant de la presse; il doit être recueilli dans un vase en porcelaine et conservé dans la glace immédiatement. 11 doit être consommé en vingtquatre heures. On peut en donner 1.50 à 200 grammes par jour; le bouillon ne doit pas être trop chaud quand on y ajoute le jus, pour éviter la coagulation de l'albumine musculaire. On peut encore employer la gelée de jus de viande, faite avec des pieds de veau frais et du vin blanc » (V. Ziemssen).

Je donne aussi delà limonade aucitjon, additionnée de glycérine.

A ces boissons nutritives il est généralement indispensable d'adjoindre de Vcdcool sous forme de vin

18 INDICATIONS Eï CONTRE-INDICATIONS DU LAIT

de Bordeaux ou de vin d'Espagne ; une demi-bouteille de vin rouge ou blanc suffit en moyenne par jour. S'il y a de la diarrhée abondante et du météorisme, lo vin chaud sucré, additionné d'un peu de cannelle et de quelques clous de girofle, a souvent une action bienfaisante. Dans les moments où il devient nécessaire de remédier plus particulièrement à l'adynamiè, on peut employer le Champagne et l'eau-de-vie, mais toujours à l'état de dilution suffisante pour ménager la muqueuse gastrique.

Je n'ai pas encore parlé du lait parmi les aliments qui peuvent convenir autyphique pendant la période fébrile ; c'est qu'en effet cet aliment est loin d'être toujours accepté et digéré; il nécessite un travail dont les glandes gastriques ne sont quelquefois même plus capables, et, s'il n'est pas digéré, accroissant les fermentations dans le tube digestif, il produit le tympanisme gastrique et intestinal, la dyspnée, les coliques, parfois les vomissements. Si on l'essaie, ce sera dans les formes de moyenne intensité, modérément pyrétiques, quand la langue ne sera pas recouverte d'un enduit saburral trop épais. On devra le diluer, ou le donner écrémé, et en petites quantités à la fois. Un demi-litre suffira par jour pendant la période pyré tique.

Le lait retrouvera son indication après la période fébrile, quand il s'agira de reconstituer le plus vite possible l'organisme, en lui fournissant des aliments complets de facile digestion. C'est alors un litre et demi à deux litres par jour, qui pourront être donnés progressivement.

A ce moment, interviendra aussi Xœuf, c'est-àdire d'abord le jaune, délayé dans de l'eau (lait de poule), dans du bouillon, puis dans du lait, ac-

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