CHAPITRE III
AÎXTISEPSIE
Quand on a lu l'interminable liste des médications proposées depuis les temps les plus anciens contre la fièvre typhoïde, on s'aperçoit que les médecins ont toujours obéi à cette double préoccupation : combattre le principe putride qu'on supposait être dans le corps du typhoïsant et diminuer l'intensité de sa fièvre. Les uns ont visé surtout le premier but, les autres le second, d'autres ont compris la nécessité de s'attaquer aux deux. Bref, il est possible, et il sera commode pour notre exposé, de classer toutes les médications sous ces deux grandes rubriques de Médications antiseptiques et de Médications antipijrètiques.
Commençons par étudier les premières.
De l'antîsepisie en général «lans la flèvre
typhoïde.
L'antisepsie n'a été consciente, sans doute, qu'à partir de la conquête des notions modernes sur le rôle du parasitisme dans la genèse de la maladie; mais, à. bien y réfléchir, les médecins l'ont toujours pratiquée plus ou moins consciemment. N'était-ce pas faire de l'antisepsie que de balayer la « matière pec-
24 MÉDICATIONS ÉVACUANTES
canlo » de l'inlesLin par les purgatifs ou d'en provoquer l'expulsion hors du sang par les diurétiques?
Notre définition de la méthode antiseptique doit être assez large pour comprendre tous les moyens employés non seulement pour tuer les ])arusites, mais pour diminuer leur nombre en empêchant leur piillulation, pour les expulser de l'organisme, pour diminuer leur virulence en les entravant dans la lahrication de leurs poisons, pour neutralisej- la toxicité de ceux-ci ouïes entraîner le plus vite possible hors du corps. Si on l'accepte telle, on ne s'étonnera pas de nous voir classer les médications antiseptiques en bactérifuges et bactéricides, neutralisantes et éliminatrices des poisons.
Pour entraîner hors du corps les microbes et leurs poisons, comme nous disons aujourd'hui, — le principe morbifique, comme disaient nos anciens, — nous devons nous adresser aux médications capables de solliciter et d'accroître le jeu des émonctoires naturels.
Le tube digestif étant dès le début de la maladie, puisqu'il est habituellement la porte' d'entrée du germe pathogène, et continuant à être pendant presque tout son cours un des plus actifs laboratoire des poisons, la plupart des médecins de tous les temps ont inscrit dans leur programme thérapeutique l'indication des MÉmcATroNS évacuantes.
Les vomitifs ont été abandonnés de nos jours, comme évacuants; du moins personne ne les prescrit plus systématiquement. Graves, Murchison les recommandaient pour combattre les voniissenieuLs du début et la céphalalgie. 0. de Mussy dit fort justement qu'ils peuvent être dangereux dans là ' pér riode d'ulcération, où. les secousses violentes qu'ils