DU CUOIX DES ANTISEPTIQUES
Uue première question se pose à propos de chaque substance proposée comme antiseptique, c'est son degré de toxicité ou, du moins, la comparaison de sa toxicité et de son pouvoir antiseptique. M.Bouchard a exposé de la manière la plus nette la méthode qui doit présider à cette étude.
Il n'y a pas lieu de rechercher comme antiseptiques des corps à peine toxiques, s'ils sont tellement peu antiseptiques qu'il en faille administrer des doses considérables; car, à ces doses élevées, tous les corps deviennent nuisibles à l'organisme.
Il n'y a pas lieu non plus d'écarter systématiquement de la pratique de l'antisepsie tous les corps très toxiques, s'ils sont encore plus antiseptiques que t toxiques.
Il faut mettre en balance, pour chaque antiseptique, la dose suffisante pour stériliser un litre de bouillon i de culture et celle qui est capable de tuer un kilo- : gramme de substance vivante ; si la première est infé- ! rieure notablement à la seconde, la substance estutillisable comme antiseptique d'une manière générale.
Ce qui nous intéresserait surtout, ce serait de savoir ■ si la substance en question tue spécialement le bacille typhique, en admettant que la question de la spécificité pathogène de ce microbe fût au-dessus de toute contestation, ce qui n'estpas encore.
Mais nous avons assez longuement développé l'idée que nous nous faisons du rôle important joué par les infections secondaires pour qu'il soit aisé de comprendre la nécessité de chercher à combattre toute espèce de microbe susceptible de s'introduire dans l'organisme du typhique. Nous pouvons donc profiter de toutes les recherches faites jusqu'ici sur les antiseptiques en général.
38 RKGLES POUR l'aNTISEPSIU DES SURFACES
Une question préliminaire au clioix de l'antistîp- Uque est la distinction à faire entre l'antisepsie des surfaces ou des cavités et l'antisepsie du milieu intérieur, c'est-à-dire du sang et de l'intimité des tissus.
Parmi les surfaces il y a lieu encore d(î dislin^ucr celles qui ne possèdent qu'un pouvoir absorbant nui ou insignifiant, comme la peau, et celles qui sont au contraire capables d'absorber énergiquementetrapidement les substances dissoutes, c'est-à-dire les muqueuses et les séreuses. ■ '
PouT la peau on pourra employer des antiseptiques énergiques, mais très toxiques, sans craindre de provoquer l'intoxication; on aura seulement à se préoccuper du pouvoir irritant.
Pour les muqueuses et les séreuses on doit reciit'rcher des antiseptiques ou insolubles ou très ])eu solubles, afin qu'ils restent le plus longtemps possible au contact des surfaces qu'on veut stériliser. . Pour la muqueuse du tube digestif, il faut encore qu'on puisse en renouveler assez fréquemment l'empioi, puisque les mouvements péristaltiques et le passage des liquides alimentaires les entraînent incessamment. 11 est désirable aussi qu'ils ne soient pas irritants, qu'ils n'aient pas une saveur insupportable au malade ou que cette saveur puisse lui être dissimulée, enfin qu'ils n'entravent pas les fonctions digestives.
Pour les séreuses ce n'est que bien exceptionnellement qu'on a lieu d'employer les antiseptiques dans la fièvre typhoïde (arthrites suppurées, pleurésie purulente).
Pour l'antisepsie du milieu intérieur, il faut au contraire un antiseptique solublq, facilement dilTu-