ANTISEPSIE DU MILIEU INTÉRIEUR
sible après absorption, mais ou peu toxique, ou très antiseptique à faible dose.
Il pourrait être aussi avantageux, d'employer tel antiseptique qui, après avoir circulé dans le sang, s'éliminerait plus spécialement par tel ou tel énionctoii*e (le poumon, le rein, les glandes de la peau). Onpourrait ainsi en obtenir un effet antiseptique non seulement général, mais au niveau de l'organe où se ferait l'élimination, s'il était plus spécialement lésé par les agents infectieux (complications broncho-pulmonaires, rénales, cutanées).
C'est en tenant compte de tous ces desiderata, ou du plus grand nombre possible d'entre eux, que nous allons soumettre à la critique la liste déjà longue des substances antiseptiques qui ont été employées dans la fièvre typhoïde. Nous indiquerons, à propos de chacune d'elles, de quelle façon les ont maniées leurs partisans, quels résultats ils se vantent d'avoir obtenus. Au cours de cette revue critique, nous ferons une sélection en ne retenant que les substances qui peuvent être encore essayées sans danger et, parmi celles-ci, nous indiquerons celles dont nous nous servons personnellement.
Acide borîqnc.
Cet antiseptique faible, mais si peu toxique et si peu coûteux, est d'un usage conuBode pour les soins de la bouche, de la gorge, des fosses nasales, de la muqueuse oculaire et des conduits auditifs.
Mais il a été aussi employé à l'intérieur par M. Tor- "ïcïiinsky (1).
Le traitement commence par un purgatif qui se
(1) Bolnithnaia Gazeta Botkina, 1892.
compose de 8 à 15 grammes d'huile de ricin etdeîià 20 grammes d'essence de térébenthine. Puis le malade prend trois ou quatre fois par jour 0 gr. 60 à 1 gramme d'acide borique, en poudre ou en solution, si c'est un adulte, et 0 gr. 20 à 0 gr. 60, si c'est un enfant. Au bout de trois à cinq jours l'antisepsie intestinale atteste ses effets par la disparition du tympanisme, la diminution de la diarrhée, de la lièvre et l'amélioration de l'état général.
L'auteur ne semble pas avoir cependant une confiance illimitée en l'efQcacité de l'acide borique ni comme antiseptique intestinal, ni comme antipyrétique, puisqu'il déclare qu'il est avantageux d'associer à ce corps de petites doses de quinine, d'acétanilide, de naphtaline ou de salol. Quoi qu'il en soit, sur 240 cas, il n'accuse que 9 décès imputables à quelques imprudences ou écarts de régime.
Acide lactique.
C'est aussi un corps d'une toxicité presque nulle, niais d'un pouvoir antiseptique manifeste dans bon nombre de diarrhées infectieuses. M. Hayem l'a expérimenté dans la fièvre typhoïde. Le professeur de clinique de l'hôpital Saint-Antoine prescrit 13 ù 20 gi-ammes de ce corps par jour, en dissolution dans l'eau additionnée d'un peu d'eau de Sellz, s'il y a in-, tolérance gastrique. L'acide lactique a pour premier effet de modérer la diarrhée ; parfois même il cause la constipation; il fait cesser le méléorisme, et sans doute, en restreignant l'auto-intoxicalion d'origine intestinale, il a paru abréger la durée de la fièATC et de la convalescence. M. Hayem ne compte cependant pas exclusivement sur cet agent médicamenteux.
car il prescrit en même temps les bains dans toutes les formes graves (1).
Charbon végétal.
Ce corps, agissant d'une manière à la fois physique et mécanique par la finesse de ses molécules qui fixent les microbes, est aussi un désodorisant. M. Bouchard l'associe à de vrais antiseptiques comme l'iodoforme, la naphtaline, le naphtol, le salicylate de bismuth. Mais il doit être employé en grande masse (100 grammes par jour.)
Chloroforme.
L'action antiseptique de ce corps sur bon nombre de microbes est incontestable ; son extrême dififusibilité dans l'organisme, après qu'il a été absorbé par les voies digestives, son élimination principale par les voies respiratoires, le désignaient pou.r être essayé dans la fièvre typhoïde, où l'antisepsie de l'appareil broncho-pulmonaire n'est pas moins désirable que celle de l'intestin.
"VVerner (de Saint-Pétersbourg), 1892, fait prendre aux typhiques, toutes les heures ou toutes les deux heures, jour et nuit, une cuillerée à soupe d'une solution de chloroforme à 1 0/0. Par ce traitement la bouche et la langue demeurent humides, il y a peu de diarrhée et de météorisme. Werner, ayant traité par d'autres méthodes 102 cas avec 11 décès, a pu traiter par le chloroforme 130 typhiques sans en perdre un seul.
Stepp donne chaque jour en trois fois un gramme de chloroforme dissous dans ISO grammes d'eau. Il
(I) Annaîet de Médecine, 1892.
42 MÉmCAMKNTS ANÏISEPTIQl.ES
a constaté que la maladie était abrégée, ne durant (|ue huit jours dans les cas héuins et dix-neuf jours dans les cas graves. La somnolence et le délire disparaissent, la langue demeuriî humide. Ajoutons toutefois que Stepp a employé concurremment la quinine à dose de 1 gramme., . ■ i Le D"" R. Quill (1) a recours aveé succès dansl'ai'^ niée anglaise à V association de l'acide phénique et du chloroforme suivant la formule :
Acide phénique pur 2 gr. 40
Alcool chloroformé à 10 % 8 —
Teinture de Cardamome 12 • —
Sirop simple 60 —
Eau chloroformée saturée 27o —
f. S. a. — Deux cuillerées à bouche, dans un peu d'eau glacée, toutes les deux heures.
Le typhique absorbe le premier jour 10 cuillerées en cinq prises; le second, 14; le troisième, 20; et aussi lesjours suivants jusqu'à production d'un abaissement marqué de la température avec amélioration correspondante de l'état général. Ce résultat une fois obtenu, on abaisse graduellement à 6 cuillerées la dose quotidienne, et on la maintient encore pendant huit jours au moins après le retour à la température normale. Les résultats principaux .sont l'antisepsie intestinale et la diminution du niéléorisme, des accidents nerveux ; l'assimilation des aliments meilleure. Quill n'a jamais vu d'intoxication par l'acide phénique de sa mixture ; les urines seulement un peu foncées, mais non noirâtres.
Carbonate de gaïacol.
Ce sont des avantages du même genre, c'esl-à-
(1) Semaine médicale, lS9i.
MÉDICAMENTS ANTISEPTIQUES 4d
(lire la possibilité d'exercer une double action anliseplique sur le tube digestif et sur l'appareil respiratoire, qui ont amené F. Hoëlcher (de Mulheim) à iMiiployer le carbonate de gaïacol à la dose de 1 gr. malin et soir. L'action sur l'intestin se manifeste par des selles moins liquides exhalant l'odeur de gaïacol et même bientôt par la tendance à la constipation. La langue demeure humide et la prostration typhique est peu marquée. Le catarrhe bronchique s'amende. Le carbonate de gaïacol n'est pas l)roprement antithermique ; mais, si on l'associe à de vrais anti thermiques, notamment à l'acétanilide, la température s'abaisse plus vite et mieux que si on emploie les antithermiques seuls. En s'en servant, Hoëlcher a pu ne pas donner de bains froids. Il lui attribue même une action abortive sur le processus ly[ihique. Il cite une statistique de 60cassans décès.
Kuphtaline.
Wolff préconise ce corps comme antithermique et an tidiarrhéique, il lui croit la propriété de rendre les rechutes exceptionnelles. Toutefois il a associé dans son traitement le mercure à la naphtaline, car il donnait à ses malades toutes les trois heures Ogr., 05 centigrammes de caloniel et toutes les quatre heures Ogr. 23 centigrammes de naphtaline en une capsule. Il a traité ainsi 100 cas et perdu 10 malades, mais dont 3 par afifections intercurrentes.
Goetze a préconisé lanaphtaline comme médicament ubortif de la fièvre typhoïde. — Furbringer (I) a traité -25 malades parles bains; durée moyenne de la fièvre.
('1) Soc. de med. înt. de Berlin, 7 mars, 1887.
.16 jours; delà convalescence, 17 jours; durée lo- . laie, 33 jours; — 25 malades parja naphtaline: duré( de la fièvre, 24-jours; de la convalescence, 21 ; totah;, 45 jours. Dans le premier groupe, deux complicationsgraves, aucune rechute, un seul décès; — dan;le second, cinq complications graves, quatre rechutes, quatre décès.
La naphtaline présente plusieurs inconvénients : elle détermine assez rapidement chez certains individus l'ardeur uréthrale et le ténesme vésical, des éruptions très prurigineuses, de petites escharres blanches aux points excoriés, et un certain amaigrissement quand l'emploi en est prolongé. Enfin, chez le lapin, administrée à doses considérables, il est vrai, elle produit au bout d'un certain temps la cataracte, qu'ont signalée les premiers MM. Bouchard et Charrin, et des altérations rétiniennes. « Bien que les doses correspondantes n'aient jamais été employées chez l'homme, la seule pensée de la possibilité d'accidents semblables est suffisante pour faire abandonner la naphtaline. » (Bouchard.)
Rossbach ayant avancé que la naphtaline désinfecte le contenu de l'intestin et détruit les micro-organismes typhiques, Fiirbringer a fait des expériences, d'où il résulte qu'un milligramme de matière fécale d'un malade traité par les bains contient 120,000 micro-organismes et chez un autre, traité paila naphtaline, 90,0000; celle-ci ne les détruit donc pas ; elle en diminue seulement le nombre et peutêtre la vitalité.
Comparativement, il a constaté que, avant l'administration du calomel, les selles tjqihiques contienj nent par milligramme 127,000 micro-organismef^ vivants; et pendant l'usage du calomel 81,000, don\
un grand nombre ont une vitalité beaucoup moins considérable. Arrivât-on à détruire tous les bacilles de l'intestin, il resterait à combattre ceux qui sont dans tout l'organisme. Fiirbringer ne s'explique l'action du calomel qu'en supposant qu'il neutralise les produits toxiques sécrétés par les microbes.
Richard Catton a fait des essais comparatifs sur les différents antiseptiques intestinaux et sur l'utilité de l'antisepsie intestinale en général. Sur 44 cas de fièvre typhoïde, 22 furent traités par les antiseptiques et 22 par l'expectation. Catton conclut que chez les premiers la durée moyenne ne fut que de 42 jours, tandis qu'elle fut de S2 dans le second lot; il lui semble que les antiseptiques préviennent les rechutes. Parmi les antiseptiques qu'il a essayés, i.l reproche au salicylate de soude de donner des nausées et de déprimer les forces ; sont en revanche bien supportés et efficaces la naphtaline, le naphtol A et la créosote.
Mercnriaux
Parmi les antiseptiques, le mercure est certainement le plus puissant et il y a bien longtemps qu'il est employé.
DéjàPetitet Serres administraient aux typhiquesle mlfure noir de mercure à la dose de 1 gramme à 1 gr. 50 ; ils pratiquaient en même temps des frictions d'onguent mercuriel et croyaient faire avorter la maladie.
Les autres agents mercuriaux employés ont été le sublimé et surtout le calomel.
Loranchet a traité 21 cas par une solution de su-
46 MÉDICAMENTS ANTISEPTIOUKS
hîimé; il en donnait dah s les 2-4 heures aux adultes une cuillerée à, soupe en quatre fois, et à un enranl de 6 aiis deux cuillerées à café; la langue restait humide, il y eut peu de météorisme, on n'eut à déplorer qu'un décès.
Les frirtions ' mercîineîles ont été reprises de nos jours par Kalb. llles faisait pratiquer avec 4 grammes d'onguent napolitain pour les enfants, et G grammes pour les adultes pendant une demi-heurè les 6 premiers jours, alternativement sur le ventre et 'les cuisses. Si la médication est commencée avant l'apparition des taches lenticulaires, la fièvre est terminée au bout de 8 jours; mais il est nécessaire de combattre l'affaiblissement causé par le mercure en administrant chaque jour 120 grammes d'alcool.
L'auteur affirme avoir réussi dans 80 0/0 des cas. 11 est vrai que les malades qu'il traitait étaient d'une constitution robuste ; il pense pourtant qu'en tout pays ce traitement transformerait en typhus léger riO 0/0 des cas. La propreté rigoureuse est indispensable pour prévenir la salivation, autant et plus chez les gardes-malades chargés des frictions que chez les Lypliiques eux-mêmes, qui, suivant l'auteur, y seraient très peu prédisposés ; à peine a-t-il observé chez ceux-ci une légère sensibilité des gencives et quelque fétidité de la bouche. Les récidives seraient plutôt rendues plus fréquentes. Il y aurait encore lieu, à ce qu'il nous semble, de craindre que l'élimination du mercure par les reins n'aggravât la néphrite, déjà si fréquente chez les typhiques.
Mais c'est le calomèl qui de nos jours a été surtout employé. ■
En Allemagne, le calomel aurait été d'abord pré-
conisé par Schœnlein, puis par Traube, qui l'aban- (lonna à cause des stomatites et des selles trop abondantes, parfois sanglantes. On doit compter parmi ses défenseurs les plus autorisés Liebermeister, puis Ziemssen, qui s'en explique ainsi : « Le seul médicament, auquel nous puissions attribuer une espèce de vertu spécifique, dit-il, c'est le calomel, à cause de sa transformation totale ou partielle en sublimé, qu'il . doit au chlorure sodique des sucs alcalins intesti- ,naux. Nous donnons le calomel en 3 doses de 0 gr. SO dans l'espace de deux heures, et nous obtenons une série de selles liquides vertes, avec un abaissement considérable delà température, qui descend souvent jusqu'à la normale, état pouvant durer même 12 heures. Ce sont là les premiers effets de ce médicament.
« Les effets ultérieurs consistent en une diminution de l'intensité de l'infection, comme Liebermeister lia démontré et comme je dois le soutenir avec lui contre les objections nouvelles de Weil. Les cas trai- ' tésà temps par le calomel sont, en général, moins graves que ceux qu'on ne traite pas du tout ou trop tardivement. Ils sont plus bénins au point de vue de la fièvre et de l'affection locale de l'intestin. Plus tôt on prescrit le calomel, mieux cela vaut; en tout cas, il est préférable de le donner pendant les cinq premiers jours, mais on peut encore l'essayer pendant toute la première semaine.
«L'effet du calomel ou duproduit de sa transformaifcion est de rendre stériles autant que possible les bacilles spécifiques qui végètent dans l'intestin; mais là-dessus nous n'en savons pas davantage. Un effet vraiment abortif produit par le calomel, tel que le pense Wunderlich, n'a pas encore été confirmé.
■iS MÉDICAMENTS ANTISEPTIQUES
Déjà Griesinger, plus tard Baiimler, et plus récemment Weil avaient démontré que la mortalité n'avait pas diminué par l'usage du calomel, pas plus que le nombre des cas avortés n'avait augmenté; que cette substance ne possédait pas d'autre qualité que celle d'être un purgatif léger, non irritant et abaissant momentanément la température. Notre expérience personnelleparle contre l'objection de quelques auteurs qui prétendent que nous n'avons à faire ici qu'à un effet purement laxatif. L'eflfet du calomel sujla température et sur l'affection locale de l'intestin se manifeste aussi lorsqu'il existe déjà une diarrliéc intense, quand il ne peut donc plus être question de simple action laxative. » Ziemssen n'a d'ailleurs pas obtenu un effet abortif en continuant à administrer le calomel à petites doses au cours dç la maladie, après avoir donné de fortes doses au début.
Le calomel a été expérimenté par Leyden, ainsi que le sublimé et les frictions mercurielles; ce mé- . decin a renoncé au mercure à cause des accidents secondaires qu'il rencontrait; maisil persiste à croire que le médicament diminue un peu l'intensité du virus typhique.
Ebstein (de Gottingen) a dit avoir employé pendant plus de sept ans le calomel comme aborti,f : quand la maladie est trop avancée pour pouvoir être enrayée, il ne voit plus d'autre thérapeutique possible que celle des indications individuelles; l'hyperthermie ne lui paraît nécessiter un traitement spécial que si elle s'accompagne de symptômes cardiaques ou nerveux. Le salicylate de soude est alors très bon, dit-il, les bains sont un stimulant puissant à l'occasion. Sa statistique est belle, trop belle : sur 235 cas graves, il a eu une mortalité de 3,3 0/0, qui
se réduirait à 2, o en défalquant les causes de mort inévitables (1).
Kaliszchew est aussi partisan du calomel dans la première période de la fièvre typhoïde, hieri qu'il l'ait vu échouer dans certains cas.
Ne sont pas favorables au calomel : Baginski, qui dit n'avoir jamais vu que ce médicament arrêtât les fermentations intestinales et qui y a renoncé comme à tous les antiseptiques (il est assez singulier que cet auteur, pœdiatre éminent et partisan du calomel dans la diarrhée des enfants, pense que, s'il réussit bien en pareil cas, ce n'est pas en arrêtant les fermentations) ; — Weil et Furbringer ; ceux-ci, considérant que le typhus abortif représente le quart^des cas, voient dans cette fréquence la cause d'une illusion pour les médecins qui croient à l'action abortive du calomel avant le huitième jour.
En France, M. Salet (de Saint-Germain) a méthodiquement administré le calomel à doses fractionnées, 0 gr. 20 par jour, un centigramme toutes les heures jusqu'à production de la salivation, et conjointement avec le chlorure de sodium pour produire dans l'organisme du bichlorure de mercure à l'état naissant.
M. Bouchard admet que le mercure agit vraiment comme spécifique dans la fièvre typhoïde, mais il a renoncé à l'administrer jusqu'à la salivation. Il l'administre seulement au début de la maladie pendant quatre jours, à la dose de 0 gr, 40 ceutigrammes par jour, par doses réfractées de 0 gr., 02 centigramiues.
(1) Association des médecins et naturalistes allemands (session •de Magdebourg).
SimonedonneS cenLigrammesde calomelaveclcenligramme d'opium tous les deux ou quatre jours.
M. Legroux l'employait à plusieurs reprises a doses purgatives dans le cours de la maladie.
Eliot le donne tous les deux jours à la dose de 0 gr. 60 centigrammes.
On espère du calomel un double effet, d'abord l'antisepsie intestinale; et celle-ci est à coup sûr obtenue en partie : car c'est surtout la fétidité des garderobes, le météorisme qui disparaissent, ainsi que certains symptômes généraux imputables à l'autointoxication (céphalalgie, insomnie, dyspnée). Le calomel contribue-t-il aussi à l'antisepsie générale du milieu organique parla mise enlibertéet l'absorption de faibles doses de sublimé, personne ne peut l'aflirmer. Mais je ne répugne pas à l'admettre.
11 convient toujours de ne l'employer qu'avec réserve en cas de diarrhée profuse, d'adynamie, profonde et de tendance aux hémorrhagies.
Composés iodiqiies.
Le haut pouvoir antiseptique de VMe le désignait pour être essayé dans la fièvre typhoïde ; il enh'v pour la part principale dans le- traitement complexe de Eliot (de Newhaven). Le malade prend tous les deuxjoursOgr.60 centigrammes de calomel, tous les quatre jours une dose purgative de sulfate de magnésie et toutes les quatre heures IV gouttes du mélange suivant :
Acide phénique . 4 gr.
Teinture d'iode ^ ~~
■ Klietsche a traité par Viodwe- de potassium 80 malados, avec2 décès, l'un imputable à une perforation de i'in-
"testin par écart de régime au cours id'uné rechute, l'autre par méningite. Il leuv faisait prendre toutes les deux heures VIII à X gouttes "de la solution suivante :
Il a constaté l'abaissement de la température au bout de 4 ou 6 jours; de sorte que le typhus abdominal serait transfoi-mé en une forme atténuée se terminant en 8 à lOjours. Les troubles nerveux sont à peu près nuls, les garde-robes peu fréquentes, brunes et consistantes.
Viodoforme a été employé par Renaut (de Lyon), qui en donnaitS fois par jour Ogr. 23 centigrammes en cachet; mais il a traité aussi ses malades par le bain froid.
M. Bouchard, au cours de ses recherches sur les meilleurs antiseptiques intestinavxx, l'a employé à la dose de 1 gramme par 24 heures. L'iodoforme était dissous dans 10 gr. d'éther, et mêlé avec 100 gr. de charbon végétal pulvérisé finement. Après évapoi-ation de l'éther à l'air libre, on mélangeait au mortier avec 100 gr. de glycérine.
Toutes les 2 heures, le malade prenait une cuillerée à soupe de cette mixture délayée dans un verre d'eau.
lodure de potassium
6 à 8 gr.
0 gr. 50 à 0 gr. 80 10 gr.
iO gr.
Iode
Eau de menthe poivrée Eau distillée
Snlfnre de carbone.
MM. Dujardin-Beaumetz et Sapelier ont préconisé le 'WUlfure de carbone comme antiseptique intestinal sous la forme 6.' eau sulfocarlonée.
Sulfure de carbone pur 25 grammes
Essence de menthe L gouttes.
Eau - SOO grammes
A placer dans un vase de 700 agiter el laissL'i' déposer. Avoir soin de renouveler l'eau à, mesure qu'on en puise.
M. Dujardin-Beaumetz donne à ses typliiques de H à 10 cuillerées k bouche d'eau sulfocarbonée, en versant chaque cuillerée dans un demi-verre de lait. Il obtient par ce moyen la désinfection des selles.
Perclilorare de fer.
M. Anderson a administré nuit et jour toutes les heures V gouttes de perchlorure de fer, suivant hi formule :
Perchlorure de fer V gouttes
Glycérine 2 gr.
Sirop simple ^ gr-
délayé dans de l'eau aromatisée avec la teinture dr cannelle. Au bout de peu de jours la diarrhée s'arrêterait et, si le traitement a été institué dès le second ou le troisième jour, la défervescence se produirait au bout de 5 jours de traitement; au bout de 10 jours seulement, si le traitement n'a été institué qu'à la fin de la première semaine. Pour prévenir la sécheresse de la bouche et du pharynx, on peut administrer 10 minutes avant le perchlorure 0 gr. 30 centigrammes de magistère de bismuth.
Lysol.
M. Tison (Congrès de Rome) a employé le;lysol à la dose de VIII gouttes dans une potion de 120
grammes, aromatisée avec II gouttes d'essence de menthe. Ce médicament modère la diarrhée et en supprime l'odeur fétide. Il n'a aucune action fâcheuse sur les reins. Il n'abrège pas la durée de la maladie, maisn'exclulpas l'emploi des anti thermiques tels que la quinine, l'antipyrine.
Trîci'ésol.
Ce corps est un mélange d'orthocrésol, de paracrésol et de métacrésol; il aurait,. suivant A. Hiller, privat-docent àBreslau, unpouvoir antiseptique cinq ou six fois supérieur à celui de l'acide phénique, étant d'ailleurs relativement peu toxique. lia été administré à la dose de 1 gr. 50 à 2 grammes, sous forme de capsules gélatineuses contenant chacune 0 gr. 10 de tricrésol, dissous dans l'huile d'olive au moyen du savon dépotasse. Cette solution, que M. Hiller appelle entèrocrésol^ se transforme au contact des liquides intestinaux en une émulsion, qui se complète sous l'influence de la bile et du suc pancréatique, et qui, n'étant absorbée qu'en petite quantité, peut agir sur toute l'étendue du tube digestif. M. H. Kolsch (de Neustadt sur Haardt) a constaté son efficacité contre lies phénomènes imputables aux fermentations intesitinales et à l'auto-intoxication dans la dothiénen- I térie.
Tct-ébcntliîne.
Ce corps a été conseillé parHoratio Wood (de Philadelphie), comme antiseptique intestinal; il ferait disparaître la sécheresse de la langue et la tympEmite ipenfiant la période d'état; pendant la convalescence
il triompherait des symptômes imputables à la trop lente cicatrisation de l'intestin. L'auteur en donne X gouttes toutes les deux heures le jour et toutes les trois heures la nuit dans de la glycérine.
D'autres médicaments antiseptiques peuvent être employés utilement, commo les composés salicylés, l'acide phénique et surtout la quinine. Mais nous allons les retrouver plus loin comme antilhermiques.
Sels de bismatli
Sous-nitrate. — Divers médecins ont préconisé l'emploi de ce sel à hautes doses, régulièrement fractionnées, pendant toute la durée delà fièvre typhoïde.
Il olTre certainement d'incontestables avantages en tant que poudre très line; il se répand uniformément sur toute la surface de l'intestin, désinfecte les détritus des ulcérations, absorbe physiquement les gaz et modère considérablement la diarrhée.
Tout récemment M. Letulle l'a opposé aux héniorrhagies intestinales à des doses encore plus élevées que ses prédécesseurs; il ne s'agit plus de a 20 grammes par jour, mais de 10 grammes toutes les deux heures, c'est-à-dire 80 à 120 grammes par jour pour un adulte, et encore -40 grammes pour lui enfant de 12 ans. M. Letulle insiste pour que le sel de bismuth soit chimiquement pur; car on a signalé divers symptômes d'intoxication par les sels de bismuth à doses élevées, probablement lorsqu'ils sont mélangés d'antimoine. Cette haute dose est d'ailleurs diminuée progressivement chaque jour, 60, 30, 10 et S grammes.
On a dit que le sous-nitrate de bismuth, se transformant dans l'intestin en sulfure au contact de l'hydrogène sulfuré qui s'y trouve toujours, mettait en liberté
une certaine quantité d'acide nitrique capable de pro- (Kiire une action légèrement caustique et cicatrisante'. On peut tirer grand avantage de l'association du bismuth à d'autres antiseptiquesplus puissants, comme les naphtols, et c'est une pratique à laquelle s'est a'ri'êté M. Bouchard et que j'ai adoptée après lui.
Le salicylate et le henzoatecle bismuth peuvent être àità'Si ■ employés.
Voici un traitement où se trouvent associés la téréhenthine et le bismuth. M. S. Fisk [de Denver (1)] vante le traitement suivant : d'abord 0 gr. 30 centigrammes de calomel, puis un purgatif salin, puis une tasse de lait toutes les trois heures et, vingt minutes 'après, le mélange suivant :
Essence de térébenthine IV gouttes
Huile de ricin IV gouttes
Sous-nitrate de bismuth 0 gr. 60
Mucilage de gomme 4 gr.
Cette mixture amenant la constipation, on donne ^eu^ outre tous les deux jours une dose purgative jid'hijiile de ricin.
, ! I\aphtols
Les travaux de M. Bouchard ont fait connaître les MliH'opriétés antiseptiques si remarquables des naphtols let de leurs composés. Leurs avantages généraux Mjipnt, pour \e&naphtols a et[3, leur insolubilité presque -absolue dans les liquides que contient le tube diges- ; lit, Leur extrême divisibilité qui leur permet de s'é-
laler, même à faible dose, sur de grandes surfaces. \'i ( /Parmi leurs composés deux surtout ont été utilisés :
le bêtol ou salicylate de napMol et le henzo-naphtol.
(Ces . deux derniers sont un peu solubles. En eflét, ,l(i)a;s?qu'on fait usage de bétol à dose quelque peu
'{'^'hôiirjrès dê rnéd: êi&fnr: amérîc: à Washington, 1894.
élevée et pendant un certain temps, on constate l'apparition clans les urines d'acide salicylique (coloration violette par addition de perclilorure de fer). Quant an benzo-naphtol, il se dédouble dans l'intestin, où r( sic l'élément naphtol, tandis que l'acide benzoïque s'élimine en partie par les reins et se transforme partielU'ment par conjugaison avec le glycochole en acide hippurique, qui s'élimine aussi par les reins. , ,
Si ces deux composés présentent le désavantage d'une moindre insolubilité et, pour ce qui est du bétol, d'un certain degré de toxicité, ils offrent un grand avantage, celui de n'avoir aucune saveur. On peut donc les administrer à des malades difficiles el à des enfants, tandis que les naphtols proprement dits, ayant une saveur très désagréable et produisant sur les muqueuses buccale, pharyngienne et œsophagienne une sensation cuisante et caustique presque insupportable, ne peuvent être administrés qu'eurobés dans des cachets; or ni les enfants ni les malades aussi prostrés que les typhiques à la période d'état ne savent avaler des cachets.
J. Maximowitch (de Pétersbourg), qui, dans le laboratoire de M. Bouchard, a poursuivi l'étude du naphtol a, le donne par prises de 0,50 à ! gramme, répétées trois ou quatre fois par jour ; mais, lorsque ces doses n'amènent pas une amélioration suffisante ou assez rapide, iln'hésite pas àporter la dose quotidienne jusqu'à 6 et même 8 grammes. L'usage du naphtol a doil être continué jusqu'à ce que la température reste normaleau moinspendant trois ou quatre jours de suite.
Voici les formules employées par l'auteur :
Naphtol a
Salicjlate de bismuth Cannelle de Ceylan. .
RÈGLES POUR l'aNTISEPSIE INTESTINALE 57-
Mêlez. Pour un cachet. Faire 20 cachets semblables. Prendre 4 à 6 cachets par jour.
Naphtol a 0,S0
Salicylate de bismuth 0,30
Bi'omhydi-ato de quiniue 0,20
Lorsqu'il y a tympanisme intestinal considérable avec douleurs abdominales intenses, il conseille les
deux formules suivantes :
1" Naphtol a 0,30
Salicylate de bismuth 0,30
Poudre de rhubarbe 0,20
Extrait de belladone 0,01
Pour un cachet, 4 à 6 par jour.
2° Naphtol a 0,50
Codéine Q^Ol
Poudre de rhubarbe 0,10
Cannelle de Ceylan 0,20
Les naphtolB et leurs composés doivent donc être considérés actuellement comme les agents médicamenteux les plus propres à réaliser l'antisepsie intestinale; et suivant l'âge des sujets, suivant la facilité avec laquelle ils acceptent les médicaments, suivant aussi la gravité du cas, on peut choisir l'un ou l'autre de ces corps, qui s'échelonnent ainsi d'après leur jiauvoir antiseptique décroissant : naphtol a, naphtol salicylate de naphtol et benzo-naphtol.
Manière de réaliser l'antisepsie intestinale.
Dans l'administration 'de ces agents on ne doit pas perdre de vue les préceptes formulés si nettement par M. Bouchard dès le Congrès de Copenhague. Il est nécessaire de faire arriver l'agent antiseptique en petites doses régulièrement espacées et à l'état aussi
divisé que possible, afin que cet asent soit cpnslanimenl présent en tous les points du tube digestil' depuis l'estomac jusqu'à l'anus et que ses molécules innombrables se répartissent aussi uniformémenl que possible sur toute cette longue surface; par son mélange intime avec les liquides intestinaux etjes microbes que ceux-ci charrient, il peut alors exercer incessamment et aussi activement que possible sen action paralysante sur les agents inl'ectieux. On répartira donc la dose totale dés 24 heures en une douzaine ou môme une vingtaine de fractions, qui seront administrées à intervalles de deux heures ou d'une heure.
Pour augmenter encore l'état de division de l'antiseptique, on peut le mélanger intimement avex nn autre corps pulvérulent ou inerte et n'agissant que par ses propriétés physiques, ou doué lui-mènu' de quelques propriétés utiles (antiseptiques, antidiarrhéiques ou laxatives, suivant les cas). C'est ainsi que l'on peut associer les naplitols et leurs composés avec le salol (salicylate de phénol), l'iodoforme, h' charbon végétal pulvérisé, le sous-nitraté et le salicylate de bismuth, la magnésie calcinée, lecarbonalc ou le phosphate de chaux.
On peut, pour ces corps qui n'ont pas de saveur trop désagréable, les administrer en suspension dans un véhicule un peu visqueux, comme une poti.m gommeuse ou additionnée de glycérine, qui sera prise par cuillerées régulièrement espacées, après avoir été agitée chaque fois, puisque ces corps insolubles se déposent au fond des flacons.
Nous n'ignorons pas que bon nombre de médecins ont émis des doutes sur l'efficacilé et même sur la possibilité de réaliser l'antisepsie intestinale; ils onl
fail valoii" que le nombre des Lactéries coiiLenues 'dans l'intestin est si considérable qu'il est absolument impossible d'arriver àlesdétruire par les agents dioiit nous disposons, et ils ont donné pour preuve de leur affirmation l'existence sous le champ du microscope de bactéries presque aussi nombreuses dans les garde-robes d'un typhique soumis depuis plusieurs jours à l'antisepsie intestinale que dans celles d'un autre typhique qui n'a pas absorbé d'antiseptique.
Il est permis de contester la validité de cette objection.
D'abord il n'est pas exact que les garde-robes des lyphiques soumis à l'antisepsie intestinale, correcfement faite ^ contiennent autant de bactéries que d'autres garde-robes typhiques. Si l'on n'a égard qu'à leur nombre apparent dans le champ d'un microscope, la différence n'est peut-être pas très sensible, bien que cependanlelle nous ait paru toujours manifeste dans les examens que nous avons faits sur des garde-robes réellement antiseptisées, c'està-dire complètement désodorisées et d'une couleur particulière qui atteste cette antisepsie.
Quand on donne simultanément à un malade du naphtol et du salicylate de bismuth, ^jendant les premiers temps les garde-robes expulsées sont noires et encore fétides, tant que la persistance des fermentations putrides dans l'intestin met en liberté de l'hydrogène sulfuré et permet la formation de sulfure noir de bismuth. Mais, au bout d'un certain nombre d'heures ou de jours, si les règles qui doivent toujours présider à l'antisepsie intestinale ont été exactement observées, c'est-à-dire si l'antiseptique a été administré à doses suffisantes et suffisamment rapprochées, on voit progressivement diminuer et dis-
Ijaraître l'odeur putride des garde-robes, en même temps que se modifient leur consistance et leur coloration : au lieu de selles noires, liquides et puantes, le malade expulse des selles vertes, d'un vert bouteille, absolument inodores ou n'exhalant que l'odeuicaractéristique du naphtol et ayant la consistance d'une purée d'épinards.
A ce moment seulement, l'antisepsie est effectuée, et si des cultures sont faites avec de telles garderobes, elles se développent sans doute, mais elles donnent des colonies beaucoup moins nombreuses et qui poussent beaucoup moins vite que celles qu'on obtient avec des garde-robes typhiques ordinaires.
D'ailleurs il est bien démontré maintenant que l'antisepsie ne se propose pas uniquement de détruire tous les agents infectieux, — ce qui serait le plus souvent impossible quand on veut désinfecter de vastes surfaces; elle vise plus souvent à diminuer seulement le nombre des agents infectieux et surtout à en modifier la vitalité, c'est-à-dire, à en ralentir la pullulation et à restreindre la propriété qu'ils ont de sécréter des poisons. Qu'importe que le nombre des bactéries n'ait pas diminué considérablement dans l'intestin du typhique, si ces bactéries sont réduites à l'état de cadavres ou paralysées dans leur fonction toxigénique?
Or il n'est pas douteux que la formation des poisons diminue beaucoup dans un intestin soumis à une antisepsie suffisante; deux autres preuves cliniques et expérimentales en peuvent être données Il suffit de réaliser l'antisepsie intestinale pour voir diminuer, puis disparaître, sans l'intervention d'autres moyens thérapeutiques, les symptômes les plus caractéristiques de l'intoxication typhique : la sé-
ANTISEPSIE INTESTINALE Hl
cheresse de la langue, le ballonnement de l'abdomen, la stupeur, le délire.
Il suffit de réaliser l'antisepsie intestinale pour que les garde-robes perdent une bonne part de leur toxicitéprise en bloc, et pour que les urines, qui reflètent si exactement la toxicité du contenu intestinal, deviennent aussi moins toxiques. Ce n'est pas seulement l'affirmation et les expériences de M. Bouchard sur le coefficient urotoxique que nous pouvons invoquer; ce sont aussi celles du professeur Teissier, relatées dans la thèse de Marotte (Lyon, 1890).
A l'Association française pour l'avancement des sciences (Limoges 1890), M. Teissier a formulé ce traitement : matin et soir 0 gr. 40 de naphtol associé au salicylate de bismuth, 4 lavements froids et un lavement médicamenteux contenant 4 grammes d'extrait de quinquina et 0 fr. 60 à 1 gramme de sulfate de quinine dissous dans de l'infusion de valériane, 300 grammes de bordeaux, laitetbouillon. M. Teissier pense que le naphtol agit en stérilisant les bacilles d'Eberth ou en neutralisant leurs produits solubles.
MM. Roque et Weil, étudiant l'influence du traitement sur l'élimination des produits toxiques par les urines, ont bien montré que la balnéation froide active énormément l'expulsion par les urines des poisons formés dans l'organisme, en assurant leur éliminalion au fur et à mesure de leur formation. Mais les recherches de Teissier et Marotte montrent aussi nettement que le traitement par le naphtol restreint la formation des poisons. Nous sommes bien loin de dédaigner les avantages considérables que procure au typhique le bain froid par son action diurétique et éliminatrice des poisons ; aussi ne voulons-nous point nous priver de ces avantages. Mais, inverse-
ASTKEPSIE WTESTINAI-E
.ncil pourquoi partisans exclusifs du bain froid " o eut ils ulilealeur cause de nier VuUhlé s, ev,to le del'anllsepsieinlestoaleJ O'aulanl plus que "antisepsie intestinale ne consiste pas uniquement a oser aux microbes de l'intestin des subs ances Mseoliaues niais comprend aussi, nous lavons 1 aï "s pratiques qui ont pour effet de balayer e ' plus souvent possible ces masses de m crobes el les poisons qu'ils engendrent, c'est-à-dire les purga- I ils et les lavements. .
Or ce sont des moyens thérapeutiques que deda,- ..nentlesBrandistesintransigeantsetdonlnousnecon-
: n nous aucunement à priver nos tyP^^q--
les trois jours, nous assuronsle balayage de tou 1 u -
estin grêle par l'emploi d'un sel neutre, qm est a la • hydradogue et cholagogue (sulfate de soud
ulfate'de magnésie). Matin et soir, — lava^re du gros intestin par un lavement d eau add. tZe d'un antiseptique; sui-t l'âge du ^^^^^^^^^^ -u
employons l'eau pUéniquée, l'eau naphtolee ou 1 eau
boriq/ée, la première chez les adultes seulement.
BACTÉRIOTHÉRAPIE. - SÉRUMTnÉRAPIE
mrmPF Kb\us). — Culture des Culttire du baciUe pj^cyanKjue^^^^^^^^^^ ■ ^^^^ ^^^.U^,
bacille. dM^utré (Ch..t.tvpliiquesliî^- i RANKi-i- MESSE et Widal).
,1'pnnliauer au traitement de la fièvre lyphttSLs't— de bactérloth.rapie est venue a
^'tx%7:ST:-d'utu.^
BACTÉRIOTHÉRAPIE o3
de devenir pathogène chez l'homme, quoiqu'il ne le soit en général que dans certaines espèces animales, le B. pyocyanique, ou des bactéries saprophytiques qui souvent triomphent des pathogènes parce qu'elles sont moins exigeantes au point de vue nutritif, les microbes de la putréfaction.
Tantôt On a cherché à créer l'immunité par les cultures du bacille d'Eberth lui-même, atténuées et stérilisées^
Bactérîolhérapîe avec la cullm-c des bacilles pyocyaidques.
Le professeur Th. Rumpf (de Hambourg) a injecté dans la région fessièrela culture stérilisée du bacille pyocyanique en commençant par la dose d'un demicentimètre cube. Tl est fréquent d'observer d'abord une légère élévation thermique, puis un faible abaissement au-dessous de la température primitive.
Si une injection d'un centimètre cube est faite le second jour, un abaissement thermique plus manifeste se produit, et l'état général s'améliore ; on voit dis-, paraître la somnolence et le délire.
Si les injections ne sont pas continuées, la température s'élève de nouveau, mais l'évolution de la maladie s'accomplit sous une forme moins grave.
Mais, quand M. Rumpf a continué le traitement en injectant le quatrième jour du traitement, 2<="; le sixième, A"'; le huitième 6"% en six ou huit jours il a vu la fièvre disparaître et la convalescence s'établir.
L'élévation thermique passagère qui suit chaque injection s'accompagne d'un frisson.
L'auteur de la méthode a vu des fièvres typhoïdes évoluer si vite avec ce traitement que l'on eût
(54 BACTÉRIOTQÉRAPIE
douté du diagnostic sans les taches lenticulaires. Il reconnaît que, chez certains malades, la hèvre n'a pas été enrayée par la dose de 2°^ Plusieurs malades ont eu des rechutes, qui ont été combattues par le même traitement. Le traitement est d'autant plus efficace qu'il a été commencé plus tôt. Sur 30 cas traités, il y a eu 2 morts (hémorrhagie intestinale grave et pneumonie); c'est du 6,6 0/0.
M. Kraus (1), qui a repris cette thérapeutique plus récemment, n'a pas été si heureux. Il a préparé un liquide d'injection en chauffant pendant 20 minutes de 60° à 80° un bouillon de culture pyocyanique âgé de trois jours.
Il a traité avec ce liquide 12 cas de fièvre typhoïde, les malades ayant de 18 à 33 ans, sauf un alcoolique de 30 ans. Le traitement a été pratiqué depuis le commencement du deuxième septénaire jusqu'au milieu du troisième. C'étaient des cas de gravité moyenne ou graves, mais sans complications spéciales. Deux malades ont succombé. Dans les deux autopsies on a pu s'assurer que le traitement par le bacille pyocyanique ne peut ni tuer les bacilles typhiques, ni entraver l'évolution des lésions anatomiques. Dans les cas suivis de guérison, les symptômes cliniques n'ont pas été modiliés ; l'éruption, la tuméfaction de la rate, la diarrhée, ont été ce qu'elles sont d'ordinaire. Dans trois cas seulement la lièvre a paru heureusement influencée. Dans quelques cas l'état général semble avoir été amélioré. Mais M. Kraus conclut qu'il n'y a pas beaucoup plus à espérer de ce traitement que de celui de la tuberculose par la tuberculine (2).
(1) Soc. império-royale des médecins de Vienne.
(2) Bull, viéd., 20 juin 1894.
BACTÉRIOTHÉRAPm
Baclcriotliérapîe avec les bactéries de la pntrcfaetion.
Chelnionski a fait le traitement par les injections de bactéries de la putréfaction : un extrait aqueux obtenu parla macération de viande de bœuf dans son poids d'eau pendant 7 à 8 jours est soumis à l'ébullition, puis filtré.
Clielmonski injecte une quantité de cet extrait aqueux, qui correspond de 1 à 8 milligrammes d'extrait sec.
Il a d'abord expérimenté sur l'homme sain et constaté, 5 àS heures après l'injection, une réaction fébrile avec divers malaises, stade de chaleur et de sueurs, d'une durée de 24 à 36 heures. Chez les typhiquesle résultat a été l'abaissement de la température après 1 à 6 jours, avec des transpirations abondantes; la rate est demeurée grosse après la défei-vescence.
Bactériothérapie avec les cnllnres dn bacille typliique.
E. Frœnkel (de Hambourg) et Mouchot ont employé les cultures de bacilles typhiques, stérilisées avec soin par 72 heures de séjour h l'autoclave.
Les injections ont été faites soit dans le tissu cellulaire de la région iliaque, soit dans les muscles fessiers, avec très peu de douleur et sans aucune réaction inflammatoire. 57 cas, dont aucun n'était bénin et dont 12 étaient graves, ont été soumis à ce traitement, le diagnostic ayant été sévèrement contrôlé.
p(; BACTÉRIOTHÉRAPIE
Après avoir été mis en observalion pendant un ou deux jours, le malade recevait une première injection d'1/2 cent, cube ; aucun effet appréciable ne se manifestait. Le second jour, injection de 1 cent, cube; alors se produisaient en général un frisson plus ou moins marqué et une élévation thermique. Le troisième et le quatrième jour la température s'abaissait progressivement jusqu'à 1/2 degré ou 1 degré au-dessous de celle qu'avait le malade avant le début du traitement. Elle remontait si on suspendait le traitement. Mais, lorsqu'on faisait alors une injection de 2 cent, cubes, on observait de nouveau les mêmes luodiûcatioris thermométriques, aboutissant cette fois à une rémission plus marquée. On continuait ainsi les injections tous les deuxjours, en injectant chaque fois un centimètre cube de plus, pour ne les cesser que lorsque la température ne dépassait plus la normale.
. Comme dans toute médication, on a noté que la résistance au traitement était d'autant plus longue (jue celui-ci avait été commencé plus tard.
Le résultat le plus net serait de transformer la fièvre coutinue en une lièvre rémittente avant d'amener la défervescence définitive. On a pu supprimer la période des grandes oscillations en amenant par une seule injection de 1 cent, cube une chute l)rusque au lieu de la défervescence en lysis. Les rémissions de la fièvre ont été accompagnées de sueurs profuses et d'une diurèse de 2à 3 litres. La diarrhée cesse quand la défervescence est définitive, alors qu'on peut constater encore des taches lenticulaires et la tuméfaction splénique. La période fébrile étant abrégée, la perte des forces est moindre et la convalescence plus rapide. Ce traitementne prévient ni les compli-
SÉRUMTnÉRAl'IE 67
(•allons telles que liémori-hagies, péritonites, pneumonies, ni les rechutes.
Scrnmtbéraple.
En France, la bactériothérapie a été utilisée sous Ui forme de sérothérapie, ou sérumthérapie, c'est-àdire, d'injections de sérum d' aninutux immunisés contre la fièvre typhoïde, par Chantemesse et Widal.
Ils ont commencé par démontrer (1) qu'une dose de culture de bacilles typhiques, qui tue invariablement des souris saines, ne tue plus que par exceplion|Ies souris qui ont reçu préventivement le bouilfon^ de culture stérilisé du bacille typhique, c'eslà-dire les produits chimiques solubles élaborés par le bacille; les souris qui ont ainsi résisté à cette double injection, ont donc acquis l'immunité.
Ils ont montré ensuite que le sérum de l'homme a^l^eint de fièvre typhoïde est prophylactique et thé- . rapeutique pour l'animal typhisé (2).
(1) .Soc. de biologie, 3 mars 1888.
(2) R. Stern s'est demandé si le sérum du sang des sujets convalescents de fièvre typhoïde n'agirait pas sur le bacille d'Ebertli comme le sérum anti-diphtérique sur celui de Lœffler. II a injecté simultanément des cultures typhiques et du sérum pris sur «les convalescents de fièvre typhoïde dans le péritoine de souris et de cobayes. Lorsque le liquide était recueilli chez les malades pendant les 26 jours qui suivent la disparition delà fièvre, lesré- .sultats ont été le plus .souvent positifs; la neutralisation s'est opérée encore trois fois sur cinq, lorsque le sérum était recueilli pendant les dix années qui .suivent la guérison; mais au bout de dix ans, le pouvoir antitoxique du sérum a disparu. — Le mémo Stern a reconnu que le sérum pris sur des individus ayant succom'bé à la fièvre typhoïde est bien plus antitoxique que celui des convalescents et qu'on obtient parfois des résultats positifs avec le sérum de gens qui n'ont jamais eu la fièvre typhoïde, à la condition d'employer des doses considérables. (Zeitsch. f. Hyg u. Infections Kr. 1894. Vol. XVI. p. 458) analysé dans l'Unionmédicale par Jules Rochard.
(58 SÉHUMTHÉRAPIE
Enfui ils ont essayé sur l'homme lyphique l'injection sous-cutanée de sérum de cobayes immunisés par le procédé précité. Mais, dans les deux cas auxquels ils l'ont appliquée (les maladesétant aux 10' et 11« jours de la fièvre typhoïde), l'action a été nulle ou presque nulle. Ces expérimentateurs en concluent que la sérothérapie chez l'homme ne pourrait être efficace qu'à la condition d'être employée comme chez l'animal en expérience, aussitôt après la pénétration du virus, condition irréalisable dans la pratique, puisque nous ignorons toujours la date de celle-ci (1).
Si les résultats obtenus jusqu'ici par la sérumlhérapie dans la fièvre typhoïde sont demeurés nuls, ce n'est pas une raison pour que les expérimentateurs se découragent; ils doivent trouver un puissant reconfort dans le spectacle des succès que donne dans le traitement de la diphtérie le sérum des animaux immunisés suivant la méthode de Behring, amsi (jue vient de le prouver M. Roux.
(l) Soc. des hôpitaux, 27 janvier 1893.