MÉDICATION RÉFRIGÉRANTE
publications sur les affusions froides et sa pratique fut imitée pour le typhus et les fièvres éruptives par bon nombre de médecins écossais, dont le plus célèbre est Currie.
Le livi-e où Currie a exposé' ses Recherches mr Us effets de l'eau froide et chaude dans h traitement des fièvres èi d'autres maladies parut à Liverpool en 1797. On considère que c'est lui qui a dégagé la médication réfrigérante des obscurités de l'empirisme et lui a donné un caractère vraiment scientifique. Il a le premier noté au thermomètre les modifications de la température fébrile. Son procédé est l'affusion répétée
' tous les jours, et même plusieurs fois par jour, sur le dos, avec ;20 à 30 litres d'eau de mer très froide (3° R), le malade étant ensuite rapidement essuyé et Feporté dans son lit.
Currie pensait que l'eau froide doit être employée aussitôt que possible, dès que sont passés les prein'iers frissons annonçant l'invasion. Il l'avait presque Constamment vu réussir instantanément le premier
.jour de la maladie, souvent le second jour, quelquefois le troisième, rarement le quatrième. Passé ce moment, elle pouvait encore cependant abréger le Cours de la fièvre. Dans les cas d'adynamie profonde il substituait la lotion à l'afiFusion ; il préférait à l'eau
■ douce l'eau salée comme plus propre à provoquer la
' réaction. — Sans se préoccuper des théories humorales, il s'inquiétait seulement d'abaisser la chaleur
I fébrile et de relever les forces du fébricitant, double
i indication que l'affusion froide lui semblait remplir
I mieux que toute autre médication.
Le livre de Currie eut un très grand succès et lamé-
' fehode des affusions conquit beaucoup d'adeptes parmi les médecins écossaiS;anglais, et môme étrangers.
<)8 MÉDICATION RÉFRIGÉRANTIi
Au commencement du xix" siècle, le traitement par l'eau froide se répandit en Italie, mais on substitua le bain froid à. l'afl'usion. C'est Gianni.m (de Milan) qui, en 1805, dans un traité Sur la nature des fièvres et la meilleure méthode pour les soigner, formula la pratique des immersions. 11 s'est inspiré de Currie et lui a rendu justice, disant que «l'humanité doit savoir gré au médecin écossais d'avoir mis en évidence une pratique aussi avantageuse et d'avoir courageusement entrepris la lutte contre les préjugés ». Il est moins scientifique que son prédécesseur dans l'appréciation de l'intensité de la fièvre, puisqu'il renonce à l'observation thermométrique et qu'il préfère se fier, pour saisir l'indication de l'eau froide, à l'examen du pouls, de la respiration et à la palpation de la peau. Bouveret et Tripier montrent par la citation suivante que sa pratique est très voisine de celle de Brand el de Jurgensen : «Je me servais, dit-il, de baignoires dont on a coutume de se servir; je les faisais journellement remplir d'eau froide au degré où elle se trouvait naturellement en sortant du puits, en hiver comme en été. Le malade était transporté par deux infirmiers adroits et intelligents, dépouillé nu, plongr dans l'eau, où il restait assis le temps nécessaire. Lorsqu'il en sortait, on le remettait dans son lit. après l'avoir négligemment essuyé, car un reste d'humidité ne lui était pas inutile. On versait de l'eau sur la tète pendant toute la durée du bain. » — Gianniui proportionnait la durée et la fréquence de l'immersion à l'intensité de la fièvre; aussi baignait-il le malade même pendant la nuit, au besoin. Il voulait, comme les Brandistes, que l'immersion froide fût employée àl'exclusiou de tout médicament. Il avait vu que chez les femmes l'apparition des