‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 52 sur 137 · TRAVAUX DE BRAND · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE BRAND

on transforme les cas graves en cas de moyenne fîravité ou en cas légers, et la durée de la maladie est d'autant moindre que le traitement par les hains froids a été plus vite commencé et plus strictement exécuté.

Brand relève dans la fièvre typhoïde cinq indications thérapeutiques fondamentales : 1° protéger le système nerveux; 2° limiter au sang l'influence du poison typhique; 3° favoriser l'élimination de ce l)oison; 4° soutenir les forces du malade; 5° prévenir les complications locales.

Or, il trouve dans l'hydrothérapie les moyens de remplir ces indications mieux que par tout autre traitement.

On peut stimuler le système nerveux par l'alïusion ^froide, les frictions humides, l'immersion froide et fCourte; diminuer la fièvre par le demi-bain tiède javec afi"usion froide; exercer une. action dérivative -par les frictions, les lotions et les compresses froides. -On tonifie le malade par l'ensemble de ces moyens, puisqu'on diminuant sa fièvre on ralentit sa dénutri- •trion et on stimule ses fonctions digestives. Enfin, on prévient les complications locales en appliquant .localement le froid sur le thorax, l'abdomen et la tête.

Il faut reconnaître que l'accusation qui a été portée contre la méthode d'être identique pour tous les cas, si bien, a-t-on dit, qu'un garçon de bain serait capable de l'appliquer comme le médecin, n'est pas justifiée. Brand a toujours insisté sur la nécessité de varier les procédés hydrothérapiques suivant les cas, en les adaptant aux indications à remplir. Dans ce premier ouvrage, les procédés qu'il préconisait étaient l'afifusion froide, les frictions dans le drap

mouillé, les lotions, les compresses froides, surtout le demi-bain tiôde avec affusion froide (dénomma longtemps bain de Brand).

Mais il n'admet l'intervention d'aucun médicament. La fièvre typhoïde ne doit être traitée que par l'eau froide, et toutes les fièvres typhoïdes légères ou graves doivent être traitées par l'eau froide. Il convient de citer textuellement la défense qu'il présente en faveur de cette règle absolue. « Je suis fort éloigné de soutenir que toute fièvre typhoïde ait besoin d'être réellement traitée. La tendance de cette maladie à guérir, quand elle est sans complications, est trop évidente pour être mise en doute. Pourtant, comme on ne peut jamais prévoir ce que deviendra chaque cas, que trop souvent une forme légère en apparence devient subitement grave, et qu'il est plus facile de prévenir que d'écarter les complications fatales, je crois qu'il ne faut jamais abandonner une fièvre typhoïde à elle-même. J'impose dès h déhut^ à toute fièvre typhoïde, le traitement complet et rigoureux. Je suis d'autant plus fondé à montrer une telle exigence que l'hydrothérapie est un traitement simple et sans danger. »

Un tel raisonnement est à coup sûr logique ; il serait inattaquable, s'il était certain que le traitement hydrothérapique rigoureux — pour employer l'expression môme de l'auteur — fût toujours sans danger, affirmation à laquelle il m'est impossible de souscrire, et s'il n'était pas barbare d'imposer uniformément à tous les malades un traitement qui, dans sa rigueur, est vraiment cruel, alors que la plupart de ces malades pourraient guérir avec beaucoup moins de souffrances.

La nécessité de cette cruauté serait encore justifiée

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si le médecin avait la certitude que ce traitement cruel, commencé dès le début, guérira toujours le malade; mais cette certitude n'existe pas, car, en laissant même de côté les perforations intestinales et quelques autres accidents, dont on peut dire qu'aueune méthode thérapeutique ne saurait les empêcher, il y a des exemples de typhiques, qui, traités dès le début, et le plus rigoureusement, par la méthode de Brand, ont succombé.

Il faut admirer aussi dans le livre de Brandies vues si nettes qu'il expose sur l'importance de l'hygiène pour le typhique : air , lumière , soins minutieux et constants, eau fraîche et pure comme boisson, alimentation aussi substantielle que le permet l'état des voies digestives.

Voici le sujet et le titre des publications ultérieures (le Brand.

En 1863, il a publié les résultats obtenus par l'application de sa méthode à Saint-Pétersbourg, Stettin et Luxembourg.

En 1888, il discute les critiques qui lui ont été faites, notanament par Jurgensen.

En 1872, il développe la théorie de l'hyper thermie qui justifle l'adoption de l'hydrothérapie dans la lièvre typhoïde (1).

En 1876, il insiste, dans un parallèle entre le traitement par l'acide salicylique et l'hydrothérapie, sur l'inutilité des médicaments antipyrétiques que plusieurs médecins allemands avaient essayé d'associer aux bains froids et sur les dangers qu'il y aurait à diminuer le nombre des bains, surtout à les supprimer pendant la nuit (2).

(1) Wien. Medic. Woch., n» 6.

(2) Deutsch. tnilit. Zeitsch.

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En 1877, Brand fait paraître à Tubingue unc! deuxième édition de son livre. C'est sur plus de 8,000 cas de fièvre typhoïde traités par les bains froids en Allemagne et en France qu'il s'appuie alors pour aitiriuer la supériorité de sa méthode. Il rappelle que, d'après les recherches de ses compatriotes Liebermeister,Gerhardt, Ziemssen et Jurgensen, l'excès de la température fébrile constitue le principal et presque l'unique danger de la fièvre typhoïde : c'est d'elle que découlent la dégénérescence de la plupart des viscères, notamment la paralysie du cœur et du cerveau, le développement ou l'aggravation des complications locales, les accidents qui caractérisent les formes dégénérées du processus typhique, gangrènes, nécroses, hémorrhagies multiples. Si on réussit à prévenir cette hyperthermie, ou réduit le tableau clinique aux seuls symptômes fondamentaux, qui sont la fièvre modérée, un catarrke peu accentué des bronches, l'augmentation de volume de la rate, les taches rosées et quelques autres éruptions. Mais on prévient ou on supprime les troubles nerveux : délire, somnolence et stupeur ; les graves complications respiratoires : atélectasie, hypostase; pneumonie, gangrène, et.les plus inquiétantes perturbations des voies digestives : fuliginosités, anorexie, dysphagie, diarrhée profuse, météorisme, ulcérations qui peuvent conduire aux hémorrhagies intestinales et à la perforation.

Plus loin, pour mieux mettre en lumière le rôle de la fièvre dans la dothiénentérie, Brand compare faction du germe infectieux sur le sang à la fermentation de l'orge au contact.de la levure et il conclu! qu'en réfrigérant systématiquement le typhique on réussit à entraver la fermentation du sang, comme

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