RÉFRIGÉRATION LENTE DE DUMONTPALLIER
lion lente abaisse la température du corps, diminue le nombre des respirations et des battements cardiaques ; la réfrigération brusque accélère le pouls, la respiration, et élève immédiatement la température. I.a réfrigération lente non seulement ne provoque pas de congestion viscérale, mais peut guérir une congestion rénale avec albuminurie, une congestion pulmonaire avec râles. Elle décongestionne l'encéphale et l'intestin, elle diminue toutes les combustions de l'organisme, ainsi que le prouve l'abaissement de l'excrétion d'urée.
Dans la discussion qui suivit la communication de M. Dumontpallier, M. Dujardin-Be.aumetz dit que le 'refroidissement de la peau fait affluer le sang dans tous les organes innervés par le grand splanchnique. Quand on plonge dans l'eau froide un animal auquel on a enlevé la calotte crânienne, on voit le sang 'injecter violemment lés méninges; si, dans la mé- ^th'pde de Chapman, l'application de glace vSur la Colonne vertébrale diminue la congestion de cer- •lains organes abdominaux, c'est en agissant par voie ''réflexe sur certains centres vaso-moteurs médullaires.
M. Constantin Paul reprocha à la méthode de Brand de nécessiter un personnel trop nombreux, de fatiguer le malade par la privation de sommeil "que nécessite la multiplicité des bains niiit et jour.
MM. Beaumetz, Bucquoy, se déclarèrent partisans ' dés bains tièdes.
Seul M. Du Cazal^ médecin militaire, tout en récusant la méthode de Brand en tant que médication '%stématique dont la valeur n'est établie que sur des statistiques qui ne sont jamais comparables, déclara
qu'il employait le bain froid contre la bronchite typhique, qui est d'origine paralytique; que le bain froid ne pouvait pas donner lapneumonie, qu'il était indiqué dans les phénomènes ataxiquesetdans l'hyperthermie h A0° sans rémission matinale. M. du Gazai employait le bain del8à 20" jusqu'au violent frisson ; l'avantage du bain froid est précisément l'ébranleT ment brusque qu'il produit sur le système nerveux et qui détermine une réaction favorable .
M. Féréol rappela qu'en 1876 il avait défendu la cause des bains froids; il l'avait désertée depuis pour les lotions et les lavements phéniqués, qiii lui onl donné une mortalité de 19 0/0 (ce que M. Jaccoud appelle la mortalité naturelle de la fièvre typhoïde); il va recommencer à appliquer avec rigueur les bains froids. Quant à la pneumonie, il est obligé de reconnaître qu'il a perdu deux malades par cette complication sur six qu'il a soumis aux bains froids.
C'est à, l'Académie de médecine qu'en 1882 et 1883 la discussion sur le traitement de la, fièvre typhoïde permet le mieux de juger l'éloignement du corps médical parisien pour la méthode des bains froids. Il fut beaucoup question des médicaments antiseptiques et antithermiques, mais on ne parla des bains froids que pour les critiquer.
M. Germain Sèe reprocha à Brand de compter dans sa statistique les malades baignés dès le deuxième ou troisième jour, quand le diagnostic ne ,peut encore être fait. L'amélioration des statistiques ne tient pas seulement à l'emploi des bains froids. Lierbermeister, qui a noté à Bâle, de 1844 à 1864, une mortalité de 26 0/0, a bien constaté que depuis 1865 elle était tombée à 9,5 0/0; mais il a employé,
DISCUSSIONS DANS LES SOCIÉTÉS SAVANTES li9
outre les bains froids, la quinine et l'acide salicyiique.
Le premier effet du bain froid est de faire refluer le sang au centre, d'empêcher, par conséquent, son refroidissement; le second, d'exciter le centre calori- Kène qui augmente la température, non seulement I)endant, mais après le bain de 15 minutes à 20", Oh n'obtiendrait le refroidissement qu'en prolongeant le bain une demi-heure, ou en abaissant l'eau à 10 ou 12°; le malade se réchauflferait-il ensuite? M. Germain Sée reproche encore aux bains froids d'augmenter les oxydations, l'excrétion d'acidç carbonique et d'urée, et par suite la consomption : pour réparer ses pertes, il faudrait au typhique 3,500 grammes de beafsteack par jour. Il croit aussi que les bains froids peuvent déterminer la pneumonie franche (il en a vu débuter le jour même et le lendemain du bain), les hémorrhagies intestinales, le coUapsus cardiaque et la syncope, si le cœur est en voie de dégénérescence. Aux inconvénients du bain froid il opposa les avantages de la quinine, rappelant que Liebermeister lui-même avait dit qu'il préférerait renoncer aux bains qu'à la quinine. , M. t/acco?<Ê? vanta les lotions froides multipliées, la révulsion réitérée par les ventouses, l'acide salicylique, l'alcool et l'extrait de quinquina. ' M. Dujardin-Beaumetz défendit Vexpedation armée, c'est-à-dire la thérapeutique des indications qu'on, peut remplir avec éclectisme : les armes peuvent, être, suivant les circonstances, les bains tièdes ou froids, l'alcool, la quinine à doses modérées, Je tout manié avec tact et prudence ; l'expectation, c'est, toujours l'hygiène, les lotions vinaigrées et la désinfection des garde-robes.
120 niSToniQUiî de la médication kéfuigéhante
■ M. Peter se déclara ennemi de toutes les médications systématiques. 11 insista sur les diflerences inhérentes au malade : la fièvre typhoïde peut-elle être traitée de même chez le banquier après une catastrophe financière, qui fera surtout des désordres nerveux, et chez le paysan placide, qui aura une forme congestive, chez la femme du monde et la' femme du peuple dont la misère physiologique favorise les eschares, chez l'enfant et le vieillard, dans les pays palustres oii l'intermittence est la règle? Il' rappelle que l'hyperthermie résulte de la localisà-' tion du poison sur les centres thermogènes, comme dans certains traumatismes de la moelle, et qu'elle n'explique pas les lésions musculaires qui ont été \Ties à un degré extrême dans des dothiénentérie*< presque apyrétiques (Valin).
Peter employait les lotions froides d'eau vinaigrée et les bains froids à 18° (cinq minutes), comme uné suprême ressource en présence de l'intensité des symptômes nerveux, adynamiques ouataxiques : agi^ tation inquiétante, insomnie constante, délire, stupeur et peau âcre, sèche, chaude. Pour lui, l'hyperthermie n'est pas inquiétante si elle ne s'accompagne pas de troubles nerveux ou digestifs importants. L'hydrothérapie froide n'agit pas en refroidissant', mais en relevant les forces de l'organisme. Mais unt* médication ne peut être aussi active qu'à la condition d'ébranler fortement le système nerveux et d'être dangereuse : il lui attribue des congestions, hémorrhagies, hypothermies et collapsus, syncopesJ
Mais le gros incident de la discussion fut la communication de M. Glénard à laquelle nous avons fait allusion plus haut, et qui se terminait par une déclaration des médecins lyonnais en faveur de la