‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 56 sur 137 · DISCUSSIONS DANS LES SOCIÉTÉS SAVANTES · texte numérisé non relu

DISCUSSIONS DANS LES SOCIÉTÉS SAVANTES

méthode des bains froids. Nous avons dit que 22 médecins des hôpitaux de Lyonsur24avaient signé ce manifeste. Les deux dissidents firent connaître individuellement les motifs de leur réserve, qu'il est équitable de reproduire.

M. B. Teissier (de Lyon) dans une lettre lue par Yulpian, dit que seul il. a refusé de signer le manifeste en faveur de la méthode de Brand, parce qu'il ' est hostile à tout traitement systématique : il emploie lei bain froid contre l'hyperthermie et l'ataxie, mais celui-ci peut produire des pleurésies, pneumonies, péricardites, l'entérorrhagie. Sur 78 typhiques traités par purgatifs légers, quinine à faibles doses, lotions fraîches et lavements froids, 6 décès = 7,69 % de mortalité; sur 10 traités par le Brand, à cause de leur gravité, 2 décès.

-, M. Bondet (de Lyon) compare les chiffres suivants : de:i874 à 1883, sur 2,609 dothiénentériques des hôpitaux civils où le Brand a été plus ou moins rigoureusement appliqué, 396 décès = mortalité 15 % . Dans les hôpitaux militaires oîi le Brand n'a été employé qu'exceptionnellement, sur 3,471 cas, 465 décès = 13 % . M. Bondet insiste sur l'inutilité du Brand dans les formes bénignes, sur les difficultés d'application dans les familles pauvres, à la campagne; il lui attribue la possibilité d'entérorrhagies, syncopes, pneumonies, congestions ou apoplexies pulmonaires, douleurs rhumatismales consécutives, peut-être gingines graves et péritonites. — Les indications du bain froid seraient l'ataxie, l'hyperthermie constante, l'état comateux habituel, les sueurs profuses,' le catarrhe bronchique généralisé. Un dicrotisme exagéré du pouls, certaines mydriases précoces et persi^antes, l'amoindrissement des réflexes, un

lyinpanisme intestinal prononcé sont des signes importants pour guider le praticien dans le choix et l'administration des bains froids. — Les contre-indications sont la tendance à la syncope dans l'état polysarcique ; lacongestion active du côté des organes de la respiration, un abaissement trop brusque et prolongé de la température.

En Allemagne nous voyons reparaître la question du traitement systématique par les bains froids en 1885. A la Société de médecine de Berlin (30 septembre, 14 octobre, 21 octobre) Smator faisait des restrictions relatives à l'abandon des autres thérapeutiques au profit de la méthode des bains froids systématique. Il faisait remarquer que, si depuis 20, ans la mortalité par fièvre typhoïde a diminué, ce n'est pas seulement à cause de la généralisation de cette méthode. L'usage du thermomètre s'est généralisé, et. en permettant le diagnostic plus précoce, a rendu aussi plus nombreuses les chances de guérison; le régime des malades, les conditions hygiéniques se sont améliorées. Les statistiques faites dans des conditions identiques, c'est-à-dire en un même lieu, en même temps et sur des malades de même ordre, peuvent seules prouver la supériorité d'une méthode.

Glaser (de Hambourg), opposant 800 malades traités par des bains froids à 800 malades du même hôpital traités par d'autres méthodes, a de part et d'autre une mortalité de 7 0/0.

La statistique de huit hôpitaux berlinois pour dix ans, 1874-1884, donne :

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